Jeanne Benameur

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Jeanne Benameur lors du salon du livre de Paris en mars 2012.

Jeanne Benameur est une écrivain française née en 1952 à Ain M'lila en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanne Benameur est née d'un père tunisien et d'une mère italienne. Dernière d'une famille de quatre enfants, elle passe de l'Algérie à la France avec sa famille en raison des violences liées à la guerre. Elle a cinq ans et demi quand elle arrive à La Rochelle. Deux langues ont bercé son enfance : l'arabe, langue maternelle de son père mais également celle de son premier environnement, et le français. Elle réintroduit les sonorités et les rythmes de ces langues dans son écriture. Elle sait déjà écrire et lire.

Très tôt, elle écrit de petites histoires, des contes, des pièces de théâtre, des poèmes. Elle suit les cours du conservatoire d'art dramatique puis elle effectue des études de lettres à Poitiers, où elle suit aussi des cours de philosophie et d'histoire de l'art. Elle est pendant un temps élève d`arteuse du conservatoire de chant. Après l'obtention du CAPES, elle est professeur de lettres: d'abord à Mauzé sur le Mignon puis en banlieue parisienne. Ce n'est qu'à partir de 2000 qu'elle se consacre entièrement à l'écriture. Elle a publié pour la première fois en 1989 aux Editions Guy Chambelland des textes poétiques, puis chez divers éditeurs: d'abord chez Denoël en littérature générale, et, depuis 2006, chez Actes Sud. Pour la littérature jeunesse elle publie aux editions Thierry Magnier. Elle a été également directrice de collection chez Actes Sud junior pour la collection D'Une Seule Voix et chez Thierry Magnier pour Photoroman jusqu'en septembre 2013.

Elle a écrit un livre : une heure, une vie. C'est un livre magnifique, un roman, " je suis une femme qui écrit " c'est ce que dit d'elle Jeanne Benameur. De mère italienne et de père tunisien, elle a appris très tôt que la langue est à la fois une refuge inaliénable et une force profonde de transformation. C'est avec les mots comme source de liberté qu'elle fait route.

Elle se distingue sur la scène littéraire avec "Les Demeurées" qui reçoit en 2001 le prix Unicef. Puis, c'est le prix du centre du Livre Poitou Charentes pour "Laver les ombres" en 2007 ; les prix Paroles d'encre, le prix du Rotary et le prix du Roman d'entreprise pour "Les Insurrections singulières" en 2011. Et en 2013, Profanes reçoit Le grand prix RTL LIRE.

Parallèlement à son travail d'écrivain, elle anime régulièrement des ateliers d'écriture. Ceux-ci tiennent une grande place dans son parcours. Le travail en milieu carcéral avec des jeunes l'intéresse tout autant. En effet, ce lieu a une assez grande importance pour elle vu que son père a longtemps travaillé comme directeur de prison. C'est un endroit mystérieux, qui interroge toujours. C'est sans doute cet environnement qui lui a donné un goût très prononcé pour la liberté. Elle a également une passion pour les enfants. Elle est d'ailleurs membre d'une association, "Parrains par mille", qui vient en aide au jeunes en détresse.

Sa littérature[modifier | modifier le code]

Jeanne Benameur passe facilement de la littérature générale à la littérature pour la jeunesse. Elle écrit pour des âges très variés. Le choix du lectorat dépend. Par exemple, Les reliques ne peut pas figurer en secteur jeunesse car il aborde des sujets qui n'interpellent pas encore les jeunes. Alors que dans Si même les arbres meurent, il s'agissait d'une vraie question pour les enfants, les adolescents: comment continuer à aimer après la mort mais du côté parents, grands-parents. Tout cela est très subjectif et peut être discuté, il n'y a pas vraiment de règle.

Lorsqu'elle écrit elle ne pense pas au lecteur. Elle a besoin que ce qu'elle écrit sonne juste car c'est elle la lectrice. C'est le désir de se transformer qui fait sa profonde nécessité d'écriture. L'écriture lui permet d'ouvrir d'autres espaces à l'intérieur d'elle-même et de voir le monde autrement et encore autrement même si c'est sur le même thème. Ecrire lui permet de lui ouvrir de nouveaux horizons. Dans ses romans, la relation à l'autre est au fondement même de la narration.

Elle accorde une grande place à la psychanalyse. Dans une rencontre effectuée à l'académie de Créteil 2005, elle dit: "Mon pari est que si je suis transformée, mon texte transformera d'autres lecteurs puisqu'on est semblables". La psychanalyse lui a permis de mettre en forme par parole ses émotions et donc de les travailler dans l'écriture. Elle lui a permis encore de faire le lien avec le partageable. Elle a cessé de se considérer comme un être original car nous sommes tous régis par une naissance, par une mort, nous possédons les mêmes sens pour appréhender le monde, une sexuation,... Tous ces éléments font de nous des semblables, même si nous avons nos singularités, notre histoire, notre éducation, notre culture,...

Ateliers d'écriture[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle était jeune professeur en milieu rural, avec des classes difficiles, elle passait des heures à corriger des rédactions qu'elle donnait aux élèves. Cela n'était pas utile pour eux car ça leur enlevait le goût d'écrire. Elle a donc commencé à pratiquer des ateliers d'écriture avec Elisabeth Bing. En 1979, ses élèves de milieu rural venaient le mercredi après-midi spécialement pour l'atelier d'écriture. Lorsque les élèves sont très loin de la pratique de l'écriture, elle commence avec des atelier d'imaginaire et de paroles. Elle part d'un groupe de mots, puis chacun accueillit les images dans la parole. On se rend compte qu'avec les mêmes mots, chacun n'a pas les mêmes images, l'imaginaire de chacun est libre. C'est ensuite qu'on peut aborder l'atelier d'écriture. Son but est que les gens, au bout d'un moment, ne viennent plus à ses ateliers, qu'ils se confrontent eux-mêmes avec l'écriture, chez eux dans cette affaire solitaire. L'atelier d'écriture ne fait peut-être pas des écrivains, mais des lecteurs. Lorsque quelqu'un travaille ses propres mots, il a moins peur des mots des autres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adil cœur rebelle, Flammarion-Père Castor, coll. « Castor Poche Sénior, numéro 473 »,‎ mars 1999 (ISBN 2081645629)
  • Ça t'apprendra à vivre, Seuil, coll. « Fiction Jeunesse »,‎ juin 1998, 128 p. (ISBN 2020289202)
  • Ça t'apprendra à vivre, Actes Sud junior, coll. « Babel »,‎ janvier 2007, 111 p. (ISBN 978-2-7427-6452-5)
  • Comme on respire, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ novembre 2003, 48 p. (ISBN 2844202748)
  • Édouard et Julie c'est pour la vie, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ septembre 1999, 80 p. (ISBN 2844200532)
  • Et si la joie était là ?, Éditions de La Martinière, coll. « Oxygène »,‎ octobre 2001, 112 p. (ISBN 2732427756)
  • La Boutique jaune, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ avril 2002, 192 p. (ISBN 284420161X)
  • Le Petit Être, Éditions Thierry Magnier, coll. « Album illustré par Nathalie Novi »,‎ septembre 2000, 28 p. (ISBN 2844200923)
  • Le Ramadan de la parole, Actes Sud Junior, coll. « D'une Seule Voix »,‎ 16 mars 2007 (ISBN 2742766898)
  • Les Demeurées, Gallimard, coll. « Folio, numéro 3676 »,‎ mai 2002, 80 p. (ISBN 2070421961)
  • Les Mains libres, Gallimard, coll. « Folio »,‎ 12 janvier 2006 (ISBN 2070320294) :

    « Y-a-t-il un signe dans le ciel qui indique que quelque par, dans une ville, au milieu de tant et tant de gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose frêle comme une feu de fortune ? »

    Madame Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer.Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle evite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de voyage qu'elle etale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit. Un jour, surprenant les doigts voleurs d'un jeune homme dans le grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont. Qu'ont-ils en commun, Yvonne, celle qui garde, et Vargas, l'errant .
  • Les Reliques, Denoël puis Actes sud en babel mars 2011, coll. « Roman »,‎ 7 avril 2005 (ISBN 2207256936)
  • Pourquoi pas moi ?, Hachette Jeunesse, coll. « Roman »,‎ janvier 2002, 160 p. (ISBN 2013219342)
  • Présent ?, Denoël puis Gallimard en folio, coll. « Roman »,‎ 21 août 2006 (ISBN 2207258858)
  • Prince de naissance, attentif de nature, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ octobre 2004 (ISBN 2844203191)
  • Quitte ta mère, Éditions Thierry Magnier, coll. « Aller simple »,‎ avril 1998, 138 p. (ISBN 2844200001)
  • Samira des quatre routes, Flammarion-Père Castor, coll. « Castor Poche Junior, numéro 353 »,‎ janvier 1992, 160 p. (ISBN 2081646293)
  • Si même les arbres meurent, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ septembre 2000, 111 p. (ISBN 2844200869)
  • Un jour, mes princes sont venus, Denoël, coll. « Roman »,‎ septembre 2001, 142 p. (ISBN 2207252507)
  • Une heure, une vie, Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman »,‎ janvier 2006, 96 p. (ISBN 2844204368)
  • Les Insurrections singulières, Actes Sud,‎ janvier 2011, 180 p. (ISBN 978-2-7427-9530-7)
  • Notre nom est une île, Éditions Bruno Doucey, coll. "Embrasures", 2011
  • Une histoire de peau (recueil de nouvelles), éd. Thierry Magnier, collection « Nouvelles », avril 2012, 128 p. (ISBN 978-2-36474-076-1)
  • Profanes, Actes Sud,‎ janvier 2013, 208 p. (ISBN 978-2-330-01428-5)
  • Il y a un fleuve, Editions Bruno Doucey, coll. « Embrasures »,‎ juillet 2012, 60 p. (ISBN 978-2-362-29032-9)
  • Je vis sous l’œil du chien suivi de L’Homme de longue peine, Actes Sud,‎ janvier 2013, 48 p. (ISBN 978-2-330-01439-1)
  • Pas assez pour faire une femme, Éditions Thierry Magnier, collection « Roman », juillet 2013, 91p. (ISBN 978-2-36474-309-0)
  • De bronze et de souffle, nos cœurs, Éditions Bruno Doucey, coll. "Passage des arts", 2014

Sources[modifier | modifier le code]