Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf

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Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf

Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, est un aristocrate française née à Paris en 1698 et morte à Courbépine le . Maîtresse du duc de Bourbon, elle a été, pendant quelques années, la femme la plus puissante à la cour de Louis XV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un financier riche mais sans scrupule, Étienne Berthelot de Pléneuf, fermier général des poudres et salpêtres, elle fut mariée en 1713 avec un aristocrate normand désargenté, Louis, marquis de Prie, ambassadeur près la cour de Savoie à Turin et cousin issu de germains de la duchesse de Ventadour, qui avait été gouvernante du futur Louis XV. Elle était jolie, intelligente, spirituelle, ambitieuse et pourvue d'un réel talent pour jouer du clavecin.

Elle revint en France en 1719, elle tint un « salon » plutôt joyeux au château de Bélesbat, à Boutigny-sur-Essonne près de Fontainebleau, appartenant à son oncle, Jean-Baptiste Berthelot de Duchy, intendant des Invalides. Voltaire lui a consacré une pièce : La Fête de Bélesbat (1720). S'y réunissaient également Montesquieu, le duc de Richelieu, Mlle de Clermont (princesse du sang, sœur du duc de Bourbon) et Denis Dodart.

Elle devint la maîtresse de Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740), duc de Bourbon (« Monsieur le Duc »), qui fut principal ministre au début du règne de Louis XV (1723-1726). Veuf depuis trois ans, le duc de Bourbon se laissa complètement dominer par sa maîtresse. On lui prête un rôle dans les manœuvres qui ont conduit au mariage du jeune roi avec Marie Leszczyńska, avec qui elle noua une amitié de deux années qui en fit, pendant un temps, la femme la plus puissante de la cour. Elle protégea les artistes et les écrivains.

En 1725, elle tenta, mais sans succès, de faire exiler le rival de Monsieur le Duc, le cardinal André Hercule de Fleury. Lorsque ce dernier devint à son tour principal ministre et que le duc de Bourbon fut exilé dans son château de Chantilly, la marquise de Prie fut exilée dans son château normand de Courbépine où elle mourut en 1727, soit du tétanos, soit par suicide[réf. nécessaire].

En 1725, la marquise de Prie avait acquis un vaste terrain situé rue Saint-Dominique à Paris et mandata François Duret pour y faire construire un hôtel pour son compte. Mais la construction n'était pas achevée lors de la disgrâce de la marquise. L'hôtel fut alors vendu à la marquise de La Vrillière : c'est l'origine de l'hôtel de Brienne (actuel ministère de la défense).

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Mercier, Madame de Prie, la marquise qui mit Versailles à ses pieds, Éditions du Félin, 2005, (ISBN 2-86645-607-6)
  • M. H. Thirion, Madame de Prie, Paris, 1905.
  • Stefan Zweig, Histoire d'une déchéance (Geschichte eines Untergangs), Neue Freie Presse, Vienne, 1910 ; rééd. française Belfond, Paris, 1992 - nouvelle basée sur la vie de la marquise de Prie

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Au début du drame d'Alexandre Dumas Mademoiselle de Belle-Isle (1839), le duc de Richelieu rompt une liaison avec la marquise de Prie alors que celle-ci est maîtresse en titre du duc de Bourbon.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]