Jean du Bellay (1492-1560)

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Jean du Bellay
Image illustrative de l'article Jean du Bellay (1492-1560)
Biographie
Naissance 1492 ou 1498
à Souday
Décès 16 février 1560
à Rome
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
21 mai 1535
par le pape Paul III
Évêque de l'Église catholique
Évêque d'Ostie
Du 29 mai 1555 au 16 février 1560
Gian Pietro Carafa Gian Pietro Carafa François de Tournon François de Tournon  link=François de Tournon
Évêque du Mans
Du 1546 au 1556
link= René du Bellay René du Bellay Charles d’Angennes de Rambouillet Charles d’Angennes de Rambouillet  link=Charles d’Angennes de Rambouillet
Archevêque de Bordeaux
Du 1544-1558 au 1553-1560
link= Charles de GramontFrançois de Mauny Charles de Gramont
François de Mauny
Jean de Montluc
Antoine Prévost de Sansac
Jean de MontlucAntoine Prévost de Sansac  link=Jean de MontlucAntoine Prévost de Sansac
Évêque de Limoges
Du 1541 au 1544
Jean de Langeac Jean de Langeac Antoine Sanguin de Meudon Antoine Sanguin de Meudon  link=Antoine Sanguin de Meudon
Évêque de Paris
Du 1532 au 1541
link= François Poncher François Poncher Eustache du Bellay Eustache du Bellay  link=Eustache du Bellay
Évêque de Bayonne
Du 12 février 1524 au 16 septembre 1532
Hector d'Ailly de Rochefort Hector d'Ailly de Rochefort Étienne Poncher Étienne Poncher  link=Étienne Poncher
Autres fonctions
Fonction religieuse
Abbé de Fontaine-Daniel
Doyen du Collège des cardinaux
Fonction laïque
Ambassadeur auprès du Roi d'Angleterre

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Blason fam fr Bellay (du).svg

Jean du Bellay, né en 1492 ou 1498 à Souday et mort le 16 février 1560 à Rome, est un ecclésiastique et diplomate français.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il est le troisième enfant de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, frère de Guillaume du Bellay (l’aîné de cinq enfants) et de Martin du Bellay.

Il jouit de la faveur de François Ier qui l’éleva aux plus hautes dignités, et lui confia ses plus grandes affaires. Il fut d’abord évêque de Bayonne en 1526, puis évêque de Paris en 1532. Il fut aussi abbé de Fontaine-Daniel de 1552 à sa mort.

Il avait été, en 1527, ambassadeur auprès d'Henri VIII, et il y retourna en 1533. Ce prince alors menaçait d’un schisme ; il promit cependant à du Bellay de ne pas rompre avec la cour de Rome, pourvu qu’elle lui donnât le temps de se défendre par procureur. Du Bellay se rendit sur-le-champ à Rome pour demander un délai au pape Clément VII ; il l’obtint, et envoya au roi d'Angleterre un courrier pour avoir la procuration qu’il avait promise ; mais le courrier n’ayant pu être de retour auprès du pape le jour qu’on lui avait fixé, les agents de l’empereur Charles Quint firent tant de bruit, qu’on fulmina l’excommunication contre Henri VIII, et l’interdit sur ses États, malgré les protestations de l’évêque de Paris. Le courrier arriva en effet deux jours après ; mais la bulle avait été lancée ; ce qui décida le schisme de l’Angleterre.

Du Bellay continua d’être chargé des affaires de France auprès de Paul III, successeur de Clément, et qui le fit cardinal, le 21 mai 1535. L’année suivante, il assista à un consistoire, où l’empereur Charles-Quint s’emporta tellement contre François Ier, que du Bellay crut devoir se rendre immédiatement auprès de ce monarque pour l’en prévenir.

Charles-Quint ayant bientôt après débarqué en Provence avec une armée nombreuse, François Ier marcha à sa rencontre, laissant à Paris le cardinal du Bellay, avec le titre de lieutenant général, et le commandement de la Picardie et de la Champagne. Les impériaux ayant, au mois d’août, assiégé Péronne, dont le maréchal de Fleuranges était commandant, pour calmer la fermentation des habitants de Paris, du Bellay leur persuada d’abord de défendre leur ville par l’élévation d’un rempart, puis d’envoyer des secours aux assiégés.

Ses services lui méritèrent de nouveaux bienfaits de François Ier, qui le nomma, en 1541, évêque de Limoges; en 1544 archevêque de Bordeaux ; en 1546, évêque du Mans. Il se servit de sa faveur pour l’avancement des lettres, et se joignit au savant Guillaume Budé pour décider le roi à fonder le Collège de France ; mais après la mort du père des lettres, en 1547, le cardinal du Bellay fut privé de son rang et de son crédit, par les intrigues du cardinal de Lorraine.

Il se retira à Rome, où, par le privilège de son âge, il fut fait évêque d'Ostie, et tint rang de doyen du Collège des cardinaux, pendant l’absence de ceux de Tournon et de Bourbon, ses anciens. Il s’était démis de l’évêché de Paris en faveur d’Eustache du Bellay, son cousin, et de l’archevêché de Bordeaux.

Il fit construire un superbe palais à Rome, où il était si estimé, qu’on parla de le faire pape, après la mort de Marcel II. À la mort de ce pape, il recueillit huit voix du conclave lors de l’élection du nouveau pape Jules III. Il mourut dans cette ville, le 16 février 1560. Il fut inhumé dans l’église de la Trinité du Mont, au couvent des Minimes, auquel il léguait 30 000 écus d’or et la moitié de sa riche vaisselle[1].

Le cardinal du Bellay protégea et cultiva les lettres : c’est sur sa proposition que fut fondé le Collège de France. Brantôme a dit :

« que le cardinal du Bellay fut un des plus savants, éloquents, sages et avisés de son temps ; qu’il était pour tout, et un des plus grands personnages en tout et de lettres et d’armes qui fût. »

C’est au cardinal du Bellay que François Rabelais fut attaché, suivant les uns, comme domestique (nom qu’on donnait alors à tous ceux qui faisaient partie de la maison d’un grand), suivant d’autres en qualité de médecin[2]. Rabelais accueillit également le neveu de celui-ci, Joachim du Bellay, en 1553, dans son palais romain comme intendant.

[modifier] Publications

Nous avons de du Bellay :

  1. trois livres de poésies latines, imprimées à la suite de trois livres d’odes de Salmon Macrin, Paris, Robert Estienne, 1546, in-8°.
  2. Francisci (primi) Francorum régis Epistola apologetica, imprimée avec d’autres pièces, en 1542, in-8° ; traduit en français, 1545, in-8°.
  3. Joannis cardinalis Bellaii, Francisci Olivarii et Africani Mallcii, Francisci I legatorum, Orationes duce, nec non pro eodem rege Defensio adversus Jacobi Omphalii maledicta, imprimés en latin et en français, Paris, Robert Estienne, 1544, in-4°. La traduction française de la Défense du roi, imprimée à part la même année, est de Pierre Bunel.
  4. Un grand nombre de lettres, dont l’édition est en cours par Rémy Scheurer et Petris Loris pour la Société de l’Histoire de France. Deux volumes avaient été publiés en 1969 et 1973, et cinq autres commencent à paraître en 2008. Une base de données avec les références de toutes les lettres est accessible depuis 2007 sur le site de l’université de Neuchâtel.
  5. une Apologie de François Ier, publiée en 1546.

[modifier] Notes et références

  1. L’abbé Charles Pointeau a publié un extrait de son testament, daté de la cité Léonine, le 25 mai 1555.
  2. Il l’avait accompagné à Rome, deux fois en 1534 et en 1547 ; il lui fit donner à son retour la cure de Meudon.

[modifier] Sources partielles

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