Jean de Pingon

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Jean de Pingon, né en 1952 à Annecy[1], est un écrivain et historien, fondateur de la Ligue savoisienne, un mouvement indépendantiste de Savoie, en 1994.

Sommaire

Biographie [modifier]

Jean de Pingon est le fils du comte Pierre-Joseph de Pingon, ingénieur-inventeur, concepteur d’engins de chantier. Après des études au collège Saint-Michel, il poursuit ses études universitaires à Nice[1].

Son roman sur le roi mythique Bérold remporte le Grand prix du livre attribué par la Tribune de Genève lors du Salon du livre de Genève en 1988. Les éditions Buchet-Chastel rééditeront ce roman[2].

Il appartient à une grande famille de Savoie, dont on peut retenir Jean de Pingon, qui fut fait chevalier à Morges en 1295 par Louis de Savoie, baron de Vaud, l’historien du XVIe siècle Philibert de Pingon, et Jean de Pingon-Prangin évêque de Lausanne de 1433 à 1440.

Parcours politique [modifier]

Militant écologiste de la première heure, administrateur de la FRAPNA Haute-Savoie (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature), un temps militant au Mouvement Région Savoie[1], il le quitte car le jugeant trop modéré. Suite à des articles publiés dans le journal dans Le Faucigny et Présence savoisienne, l'organe du Cercle de l'Annonciade, sur l'avenir de la Savoie qui ne peut que redevenir un « État souverain »[3], en 1994 il fonde la Ligue savoisienne, un mouvement indépendantiste qui réclame la souveraineté de cet ancien duché.

Jean de Pingon proclame la caducité du traité d’annexion (traité de Turin (1860)) qui lie la Savoie à la France et conteste la légitimité des douanes française sur l’ancienne zone bordant la frontière franco-suisse. En 1995, il refuse les contrôles qu’il est amené à passer à la frontière franco-suisse, répondant ironiquement aux douaniers qui veulent le contrôler. Il est alors convoqué au tribunal correctionnel de Thonon, puis à la cour d’appel de Chambéry. Le verdict définitif est une amende symbolique de trois francs, (un franc par douanier). Cet événement sera amplement médiatisé dans la presse franco-suisse, provoquant un vif émoi dans l’opinion publique. Il utilisera l’impact médiatique de cet événement pour lancer véritablement la Ligue savoisienne qu’il quittera en 2005, car il s’était donné dix ans pour désannexer la Savoie[2].

Par ailleurs, établi en Suisse, pays dont il possède la nationalité, il a été conseiller général de Saint-Cierges dans le canton de Vaud[4].

Le 24 mars 2010, jour du 150e anniversaire de la signature du traité de Turin qui céda Nice et la Savoie à la France, il signe à Genève, "la Déclaration de Genève" conjointement avec Alain Roullier, fondateur de la Ligue pour la restauration des libertés niçoises[5]. Les signataires y font valoir la thèse de l'abrogation du traité de Turin par le traité de Paix de 1947 du fait du non-respect par la France des disposions stipulées à son article 44 du traité, et demandent en conséquence qu'une votation soit organisée et contrôlée par l'O.N.U.

Le 18 mai 2010, jour anniversaire de l'exécution de la résistante savoisienne Marguerite Frichelet-Avet, il fonde un nouveau mouvement : R.P.Q.S. (Rassemblement Pour la Question de Savoie)[6]. Reprenant l'argumentation développée par Jean de Pingon, Yves Nicolin, député de la Loire, questionne le Gouvernement sur la validité du Traité de Turin et sur son enregistrement auprès du Secrétariat général de l'ONU, (question publiée au JO le 06/04/2010). Le Gouvernement répond que le Traité est toujours en vigueur puisqu'il a bien été notifié à l'Italie, et qu'il sera enregistré à l'ONU "dans les meilleurs délais". Le 13/12/2012, le JO publie une nouvelle question du député Nicolin au Gouvernement. Dans sa question Yves Nicolin demande au Gouvernement de prouver que le traité de Turin a bien été notifié à l'Italie et le questionne sur le "défaut d'enregistrement du Traité de Turin auprès du Secrétariat général de l'ONU", car selon lui, "cet enregistrement est toujours manquant". Le 25 décembre 2012, Jean de Pingon annonce que l'ONU a refusé d'enregistrer le Traité d'annexion car celui-ci n'aurait pas été notifié à l'Italie dans les délais et serait désormais abrogé. Le 8/01/2013, le JO publie la réponse du Gouvernement à la question du député Yves Nicolin. Le Gouvernement français annonce que l'ONU a refusé d'enregistrer le Traité de Turin car "il était de sa politique constante de ne pas enregistrer les traités historiques antérieurs à la mise en place de l'organisation". D'autre part, le Gouvernement affirme la notification du traité de Turin à l'Italie par une "note verbale" en date du 1er mars 1948.

Œuvres [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Les mémoires du roi Bérold, Buchet/Chastel, 1994.
  • Savoie française. L'histoire d'un pays annexé, Cabédita, Collection « Archives vivantes », 1996 (ISBN 2-88295-184-1, 9782882951847) 
  • "Le peintre et l'alchimiste" (éditions Hélialis), 2011.

Voir aussi [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c Erwan Chartier, Ronan Larvor, Malo Louarn, La France éclatée ? : enquête sur les mouvements régionalistes, autonomistes et indépendantistes en France, Barcelone, Coop Breizh, 2004 (ISBN 2-84346-203-7, 9782843462030), p. 190-192 .
  2. a et b Michel Amoudry, Quel avenir pour la Savoie ?, Editions Cabedita, Collection « Espace et horizon », 2003 (ISBN 2-88295-368-2, 9782882953681), p. 45-46 .
  3. Guillaume Bernard, Éric Duquenoy, Les forces politiques françaises : Genèse, environnement, recomposition ; Rapport Anteios, Presses universitaires de France, Collection « Major », 2007 (ISBN 2-13056-079-2, 9782130560791), p. 363 .
  4. Michel Amoudry, Quel avenir pour la Savoie ?, Editions Cabedita, Collection « Espace et horizon », 2003 (ISBN 2-88295-368-2, 9782882953681), p. 57 .
  5. Article « Rattachement de la Savoie : La France hors la loi », paru dans l'édition du 25 mars 2010 de La Vie Nouvelle.
  6. Édition du Faucigny du 20 mai 2010.