Jean de Paris

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Jean de Paris OP, également appelé Jean Quidort et Johannes de Soardis (vers 1255 - 22 septembre 1306) est un dominicain français, philosophe et théologien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean de Paris est né à Paris à une date inconnue vers le milieu du XIIIe siècle. Après avoir obtenu le diplôme universitaire avec distinction, il a rejoint l'ordre des Dominicains, environ à l'âge de vingt ans, au couvent de la rue Saint-Jacques dans sa ville natale. Là, il a enseigné la philosophie et de la théologie, et a obtenu le diplôme de maître de théologie. Il possédait de grandes connaissances littéraires et linguistiques, et était considéré comme l'un des meilleurs théologiens de l'université et l'un des dialecticiens parmi les plus subtils de son époque.

Plus tard, Jean écrit un traité en contradiction avec la doctrine de l'Église sur la transsubstantiation. La faculté de l'université rapporte ses idées à Guillaume de Baufet, évêque de Paris, qui interdit à Jean sous peine d'excommunication de défendre une telle doctrine, en le privant de ses conférences, de la prédication et des confessions. Jean fait appel au Saint-Siège, mais il meurt peu de temps après à Bordeaux, et l'affaire est classée.

Travaux[modifier | modifier le code]

Une dizaine de ses travaux sur la théologie, la physique, la métaphysique existe encore en manuscrit ; deux autres, De Antichristo et De modo existendi corporis Christi à Sacramento altaris, ne sont plus disponbiles que par des copies des siècles ultérieurs. Un traité, Contra corruptorem Sancti Thomae, publié en 1516 sous le nom de Aegidius Romanus ou Gilles de Rome, est généralement attribué à Jean de Paris, car il n'a certainement pas été écrit par Aegidius. Tout cela montre une vaste érudition. Dans son travail sur le pouvoir temporel et spirituel, De potestate regia et papali, écrit pendant la controverse entre Boniface VIII et Philippe le Bel, il a favorisé le roi, estimant que le pape pourrait bien, pour des crimes graves (comme l'hérésie), être déposé.

Plus hétérodoxe est le traité de Jean sur le Saint Sacrement, dans lequel il soutient que le Corps du Christ est, ou pourrait être, présent par hypothèse (c'est-à-dire que le corps du Christ « assumerait » le pain et le vin), et que la doctrine de la transsubstantiation n'est pas un article de foi. Il faut dire, cependant, qu'il avance ces propositions provisoirement ; dans le début du Traité, il écrit qu'il croit en la doctrine catholique de la transsubstantiation et que s'il est démontré que la transsubstantiation est de l'ordre de la foi, ou si elle est ainsi définie, il se rétracte volontiers.

Parmi ces nombreux ouvrages, on recense :

  • Commentarium in IV sententiarum libros.
  • Abbreviatio librorum naturalis philosophiae Aristotelis.
  • (Determinatio) de modo existendi corporis Christi in sacramento altaris.
  • De adventu Christi secundum carnem.
  • Compendium libri Physicorum.
  • De potestate regia et papali.
  • De formis.
  • Quaestio De principio individuationis.
  • Determinatio de confessionibus fratrum.
  • Quaestiones disputatae.
  • Quodlibeta.
  • Sermones

Réapparition au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le nom de Jean Quidort est apparu dans une lumière inattendue au début du XXe siècle, lorsque des penseurs du distributionnisme tels que les catholiques Hilaire Belloc et G.K. Chesterton lui attribuent la première réflexion de la philosophie capitaliste dans De potestate regia et papali.

Références[modifier | modifier le code]