Jean de Laborde

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Jean de Laborde
Naissance 29 novembre 1878
Chantilly
Décès 30 juillet 1977 (à 98 ans)
Castillon-la-Bataille
Origine Drapeau de la France France
Grade Amiral
Années de service 1947
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Sabordage de la Flotte française à Toulon
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1940
Mérite maritime
Médaille commémorative de la campagne de Chine 1900-1901
Médaille commémorative de la campagne du Maroc 1909
Médaille coloniale
Distinguished Service Medal
Ordre Ouissam Alaouite (en)
Distinguished Service Cross
Nichan Iftikhar

Jean de Laborde (comte Jean Joseph Jules Noël de Laborde), né le 29 novembre 1878 à Chantilly, mort le 30 juillet 1977 à Castillon-la-Bataille, est un amiral français, connu pour avoir ordonné le sabordage de la flotte française à Toulon le 27 novembre 1942 afin d'éviter qu'elle ne tombe aux mains des Allemands.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sabordage de la Flotte française à Toulon, 1942.

Pionnier de l'Aéronautique navale, l'Amiral de Laborde a commandé les "Forces de Haute Mer" de la marine nationale. Il avait hissé sa marque de commandement sur le navire de ligne Strasbourg, bâtiment amiral.

Après la défaite lors de la bataille de France de mai-juin 1940 et la création de la France de Vichy, Laborde a soutenu le nouveau régime et a été nommé chef des forces de haute mer (FHM) par le maréchal Pétain, qui comptait sur l'antipathie de Laborde à l'égard de l'amiral François Darlan pour pouvoir plus facilement gérer la flotte. Cette antipathie venait du fait que l'amiral de Laborde, "5 étoiles" lui aussi, et plus ancien que l'amiral Darlan aurait dû être nommé chef d'état major de la Marine. Hélas pour lui, il n'avait ni les relations, ni les appuis politiques de Darlan. Le 27 novembre 1942, les forces de haute mer basées à Toulon, étaient composées de 38 unités modernes, soit un quart de la flotte française de l'époque.

Très hostile aux Britanniques depuis l'attaque de Mers el Kébir ainsi qu'au Général de Gaulle, Laborde élabore le projet de reprendre le Tchad, passé sous contrôle de la France Libre. Quand les Alliés ont envahi les colonies françaises d'Afrique du Nord lors de l'opération Torch, il a suggéré que la flotte française attaque les Alliés en représailles, proposition fortement rejetée par le ministre de la Marine, l'amiral Gabriel Auphan.

Le 27 novembre 1942, conformément aux ordres de Darlan datant de juin 1940, Laborde ordonna le sabordage de la flotte française à Toulon pour empêcher les navires de tomber aux mains des Allemands. Pourtant Darlan, désapprouvé par Pétain, lui avait donné l'ordre de rallier les Alliés dès le 11 novembre 1942.

Lors de l’épuration à la Libération en France, Laborde fut condamné à mort par la Haute Cour de justice pour trahison et pour avoir empêché le ralliement de la flotte de Toulon aux Alliés. Sa peine fut commuée en emprisonnement à perpétuité. Il sera gracié le 9 juin 1947.

Dans la marine, l'amiral de Laborde était surnommé le "Comte Jean".

Grades[modifier | modifier le code]

  • 8 août 1928 : contre-amiral
  • 4 octobre 1932 : vice-amiral
  • 27 septembre 1938 : rang et appellation d'amiral

Décorations Françaises[modifier | modifier le code]

Postes[modifier | modifier le code]

  • 8 août 1928–20 septembre 1928 : en congé.
  • 20 septembre 1928–15 octobre 1930 : commandant du secteur maritime de Toulon
  • 15 octobre 1930–19 novembre 1930 : en congé
  • 13 septembre 1930 (effectif 19 novembre 1930)–4 octobre 1932 : commandant en chef de la 2e escadre
  • 4 octobre 1932 (effectif 28 novembre 1932)–18 juin 1936 : commandant en chef et préfet de la 4e région maritime (Bizerte)
  • 18 juin 1936 (effectif 1er juillet 1936)–31 août 1938 : commandant en chef de la 2e escadre puis, le 15 août 1936, escadre de l'Atlantique
  • 31 janvier 1937–29 novembre 1940 : membre du Conseil supérieur de la Marine
  • 18 septembre 1938–11 avril 1939 : inspecteur général des forces maritimes
  • 11 avril 1939–2 septembre 1939 : inspecteur général permanent de l'hydrographie et président de la Commission permanente de contrôle et de révision du règlement d'armement et de la Commission supérieure des naufrages et du Comité hydrographique et vice-président de la Commission des phares
  • 27 août 1939–20 août 1940 : commandant en chef des Forces maritimes de l'Ouest « Amiral Ouest »
  • 20 août 1940–25 septembre 1940 : en résidence
  • 25 septembre 1940–1er janvier 1943 : commandant en chef des forces de haute-mer
  • 25 septembre 1940 : placé dans la section de réserve et réactivé
  • 1er janvier 19431er avril 1943 : en permission
  • 1er avril 1943 : replacé dans la section de réserve
  • 22 mai 1945 : il est révoqué sans pension à compter du 9 septembre 1944
  • 28 mars 1947 : il est condamné à la peine de mort, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens. Sa peine de mort est commuée en 15 ans de détention à compter de l'incarcération de fait.
  • 17 avril 1947 : il est rayé des matricules de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire à compter du 28 mars 1947
  • septembre 1951 : il est libéré.
  • 1er juillet 1959 : il est amnistié en ce qui concerne l'arrêt du 28 mars 1947.
  • 14 décembre 1949 : annulation par le Conseil d'État de sa révocation des droits à pension
  • 25 avril 1950 : Versé en "2ème section" à compter du 28 mars 1947

Source[modifier | modifier le code]