Jean de Laborde

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Jean de Laborde
Jean Joseph Jules Noël de Laborde
Surnom comte Jean
Naissance 29 novembre 1878
Chantilly
Décès 30 juillet 1977 (à 98 ans)
Castillon-la-Bataille
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de la France Troisième République
Drapeau de la France Vichy France
Grade Amiral
Années de service 18971944
Conflits Révolte des Boxers
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Chef de l’aéronautique navale
Capitaine du Béarn
Commandant du secteur maritime de Toulon
Commandant en chef de la 2e escadre
Commandant en chef et préfet de la 4e région maritime (Bizerte)
Commandant en chef de la 2e escadre
Commandant en chef de l’escadre de l'Atlantique
Commandant en chef des Forces maritimes de l'Ouest « Amiral Ouest »
Commandant en chef des forces de haute-mer (FHM)[1]
Faits d'armes Sabordage de la Flotte française à Toulon
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1940
Mérite maritime
Médaille commémorative de la campagne de Chine 1900-1901
Médaille commémorative de la campagne du Maroc 1909
Médaille coloniale
Distinguished Service Medal
Ordre Ouissam Alaouite (en)
Distinguished Service Cross
Nichan Iftikhar

Jean de Laborde (comte Jean Joseph Jules Noël de Laborde), né le 29 novembre 1878 à Chantilly, mort le 30 juillet 1977 à Castillon-la-Bataille, est un amiral français, connu pour avoir ordonné le sabordage de la flotte française à Toulon le 27 novembre 1942 afin d'éviter qu'elle ne tombe aux mains des Allemands.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sabordage de la Flotte française à Toulon, 1942.

Formation[modifier | modifier le code]

De Laborde passe deux ans à l'Ecole Navale en 1895, sortant en 1897.[1]

Carriere militaire[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale et avant[modifier | modifier le code]

De Laborde commence en Extrème Orient en 1897, et en tant que enseigne de vaisseau en 1900 il participe a la campagne en Chine après la Révolte des Boxers. A retour en France, il devient lieutenant de vaisseau en 1908. Aprés deux ans au Maroc, il revient en Chine a bord du Croiseur cuirassé Dupleix. Il apprend à piloter un avion, et gagne son brevet de pilote en 1914. Dans la première guerre, il mene une escadrille et plus tard est directeur du centre d’aviation maritime de Dunkerque.[1]

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Pionnier de l'aéronautique navale, l'Amiral de Laborde prends la barre du Béarn, premier porte-avions français en 1925. Il est alors chef de l’aéronautique navale. Il monte en rang, contre-amiral à l'age de 50 en 1928, vice amiral en 1932, amiral six ans après. En 1928 il commande le secteur maritime de Toulon et deux ans plus tard commandant en chef de la 2e escadre. En 1932, il est préfet de la 4e région maritime (Bizerte) qui couvre la mer Mediterranée. En 1936 de Laborde est encore commandant en chef de la 2e escadre et de l’escadre de l'Atlantique, et membre du Conseil supérieur de la Marine de 1937 à 1939. En 1938, après avoir gagné son 5e etoile, il est inspecteur général des forces maritimes, ainsi que membre de plusieurs Commissions navales sous la Troisième République.[1]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939-1940 de Laborde commande les Forces de haute mer de la marine nationale de l'Ouest, dit « Amiral Ouest ». Il avait hissé sa marque de commandement sur le navire de ligne Strasbourg, le bâtiment amiral.

Après la défaite française de mai-juin 1940 et la création du Régime de Vichy, Laborde soutient le nouveau régime et est nommé chef des forces de haute mer (FHM), unité nouvellement créée, par le maréchal Pétain, qui comptait sur l'antipathie de Laborde à l'égard de l'amiral François Darlan pour pouvoir plus facilement gérer la flotte. Cette antipathie venait du fait que de Laborde, amiral "5 étoiles" lui aussi, et plus ancien que l'amiral Darlan aurait dû être nommé chef d'état major de la Marine. Hélas pour lui, il n'avait ni les relations, ni les appuis politiques de Darlan. Le 27 novembre 1942, les forces de haute mer basées à Toulon, étaient composées de 38 unités modernes, soit un quart de la flotte française de l'époque.

Très hostile aux Britanniques depuis l'attaque de Mers el Kébir ainsi qu'au Général de Gaulle, Laborde élabore le projet de reprendre le Tchad, passé sous contrôle de la France libre. Quand les Alliés envahissent les colonies françaises d'Afrique du Nord lors de l'opération Torch, il suggére que la flotte française attaque les Alliés en représailles, proposition fortement rejetée par le ministre de la Marine de Vichy, l'amiral Gabriel Auphan.

Le 27 novembre 1942 après l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes et conformément aux ordres de Darlan datant de juin 1940, Laborde ordonne le sabordage de la flotte française à Toulon pour empêcher les navires de tomber aux mains du Reich. Pourtant Darlan, désapprouvé par Pétain, lui avait donné l'ordre de rallier les Alliés en Afrique du Nord dès le 11 novembre 1942.

Après-guerre et condamnation[modifier | modifier le code]

À la Libération, lors de l’épuration, Laborde fut condamné à mort par la Haute Cour de justice pour trahison et pour avoir empêché le ralliement de la flotte de Toulon aux Alliés. Sa peine fut commuée en emprisonnement à perpétuité. Il sera gracié en septembre 1951 par le président Vincent Auriol après 6 ans à la prison de Clairvaux[2]. Il meurt le 30 juillet 1977 à Castillon-la-Bataille à l'âge de 98 ans. Son épouse, née Rose Marie Saldo le 27 août 1889, meurt le 21 janvier 1990 dans cette même commune à l'âge de 100 ans.

Dans la marine, l'amiral de Laborde était surnommé le « Comte Jean ».

Grades[modifier | modifier le code]

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Postes[modifier | modifier le code]

  • 1897 : en Chine; premier poste militaire
  • octobre 1900 enseigne de vaisseau, campagne de Chine
  • 1908 : en France; lieutenant de vaisseau
  • 8 août 1928–20 septembre 1928 : en congé.
  • 1909 : opérations sur les cotes du Maroc.
  • 1911 : renvoyé en Extrême-Orient sur le Dupleix.
  • 1911-14 : apprend à piloter et survole Saigon
  • Premiere guerre mondiale : conduit escadrille; dirige le centre d’aviation maritime de Dunkerque
  • 1925 : chef de l’aéronautique navale; commande le Béarn, premier porte-avions français.[1]
  • 20 septembre 1928–15 octobre 1930 : commandant du secteur maritime de Toulon (contre-amiral)
  • 15 octobre 1930–19 novembre 1930 : en congé
  • 13 septembre 1930 (effectif 19 novembre 1930)–4 octobre 1932 : commandant en chef de la 2e escadre
  • 4 octobre 1932 (effectif 28 novembre 1932)–18 juin 1936 : commandant en chef et préfet de la 4e région maritime (Bizerte)
  • 18 juin 1936 (effectif 1er juillet 1936)–31 août 1938 : commandant en chef de la 2e escadre puis, le 15 août 1936, escadre de l'Atlantique
  • 31 janvier 1937–29 novembre 1940 : membre du Conseil supérieur de la Marine
  • 18 septembre 1938–11 avril 1939 : inspecteur général des forces maritimes
  • 11 avril 1939–2 septembre 1939 : inspecteur général permanent de l'hydrographie et président de la Commission permanente de contrôle et de révision du règlement d'armement et de la Commission supérieure des naufrages et du Comité hydrographique et vice-président de la Commission des phares
  • 27 août 1939–20 août 1940 : commandant en chef des Forces maritimes de l'Ouest « Amiral Ouest »
  • 20 août 1940–25 septembre 1940 : en résidence
  • 25 septembre 1940–1er janvier 1943 : commandant en chef des forces de haute-mer
  • 25 septembre 1940 : placé dans la section de réserve et réactivé
  • 1er janvier 19431er avril 1943 : en permission
  • 1er avril 1943 : replacé dans la section de réserve

Poursuites[modifier | modifier le code]

  • 22 mai 1945 : il est révoqué sans pension à compter du 9 septembre 1944
  • 28 mars 1947 : il est condamné à la peine de mort, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens. Sa peine de mort est commuée en 15 ans de détention à compter de l'incarcération de fait.
  • 17 avril 1947 : il est rayé des matricules de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire à compter du 28 mars 1947
  • 1er juillet 1959 : il est amnistié en ce qui concerne l'arrêt du 28 mars 1947.
  • 14 décembre 1949 : annulation par le Conseil d'État de sa révocation des droits à pension
  • 25 avril 1950 : versé en "2e section" à compter du 28 mars 1947

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean-Christophe Rouxel, « Ecole Navale / Espace tradition / Officiers célèbres : Jean de Laborde » (consulté le 2014-12-15)
  2. La suite des temps: (1939-1958) par le duc de Brissac, 1974