Jean de Ganay

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Jean de Ganay

Description de l'image  Jean de ganay.jpeg.
Naissance 1455
Charolais
Décès mai 1512 (à 57 ans)
Blois
Nationalité Blason France moderne.svg Française
Profession Chancelier de France (1507-1512)
Autres activités
Diplomate
Premier président du Parlement de Paris, en 1505
Formation
Avocat
Famille
Famille de Ganay
Blason gannay chancelier.jpg
Blason de Jean de Ganay

Jean de Ganay, né vers 1455 dans le comté du Charolais[1], et mort à Blois en mai 1512, est un ambassadeur, chancelier du Royaume de Naples sous Charles VIII, et chancelier de France sous Louis XII.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Blason des Ganay. D'or à l'aigle désarmé de sable[2]

Il appartient à une famille originaire du Nivernais, fixée en Bourgogne dès le XVe siècle. Une de ses branches s'établit en Beauvoisis.

Son grand-père, Guichard de Ganay, est seigneur de Savigny en Charolais. Guichard de Ganay, conseiller du duc de Bourgogne, en 1423, est chef de la branche aînée, dont sont sorties trois autres branches. Il est également juge du pays et comté de Charolais, chevalier d'honneur des ducs de Bourgogne. Son père, Guillaume de Ganay († 1483[3]), est seigneur de la Tour de Savigny et conseiller du duc de Bourgogne (jusqu'en 1480). Il vient au Parlement de Paris comme avocat[4], en 1461. Louis XI de France le fait avocat du roi, c'est-à-dire avocat-général au Parlement de Paris.

Son frère, Germain de Ganay († 8 mars 1520), conseiller clerc au parlement de Paris en 1485, devient doyen du chapitre de la cathédrale de Beauvais, évêque désigné de Cahors en 1509, puis d’Orléans en 1512.

Sa tante, Marie de Ganay, mariée à Étienne de Montholon, est la grand-mère de François de Montholon, garde des sceaux et Premier Président du Parlement de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Charles VIII de France (1483-1498)[modifier | modifier le code]

Jean de Ganay est seigneur de Persan, terre qu'il acquiert de Jean de Vienne, seigneur de Listenois, le 20 mars 1490. Il est aussi seigneur de La Bussière, près de Gien, Belmont et Montauglan.

Jean de Ganay est d'abord avocat au Parlement de Paris en 1478, puis conseiller à la cour des aides le 30 octobre 1481. Il est conseiller au Parlement de Paris, reçu Quatrième président au Parlement de Paris, le 17 juin 1490.

Jean de Ganay conseille au roi de conquérir le Royaume de Naples, faisant valoir des droits que les derniers princes de la maison d'Anjou ont légués à sa famille. Le roi envoie Jean de Ganay comme ambassadeur auprès du pape Alexandre VI, accompagné du sire de La Trémoille.

À la mort du roi Ferdinand Ier de Naples, en 1494, Charles VIII prend le titre de roi de Naples et de Jérusalem et pénètre en Italie. C'est le début de la première guerre d'Italie (1494-1497). Jean de Ganay accompagne Charles VIII de France au Royaume de Naples, dès le début de la guerre. Cette mission diplomatique échoue. Mais, sans aucune résistance, les Français entrent à Florence en novembre. Jean de Ganay retourne voir le pape, le 26 décembre 1494, accompagnant le maréchal de France, Pierre de Rohan-Gié et Étienne de Vesc, sénéchal de Beaucaire[5].

Les troupes françaises entrent triomphalement dans Rome. Ils sont à Naples en février 1495. Jean de Ganay est nommé chancelier du Royaume de Naples.

Cependant, en mars 1495, sous l'impulsion de Ferdinand II d'Aragon et du pape Alexandre VI, se constitue la ligue de Venise, une alliance quasi générale contre la France.

Le retour en France de Charles VIII est périlleux. Il parvient cependant à franchir l'Apennin, et remporte de justesse une victoire à la bataille de Fornoue. Il réussit à échapper à ses ennemis.

Louis d'Orléans évacue Novare et renonce au duché de Milan. Début 1497, l'armée française restée à Naples capitule devant le capitaine espagnol Gonzalve de Cordoue, dit le Grand Capitaine.

Jean de Ganay est du nombre de ceux qui négocient la paix avec le duc de Milan et les autres princes d'Italie.

Sous le règne de Louis XII de France (1498-1515)[modifier | modifier le code]

Louis XII de France le nomme Premier président du Parlement de Paris, en 1505.

Par la suite, le roi le désigne garde des sceaux, et chancelier de France le 31 janvier 1507[6],[7] ; Les armes du chancelier Jean de Ganay se blasonnent ainsi : D'argent, à la fasce de gueules, chargé de trois roses d'or, accostées de deux coquilles du même[8].

Il assiste en cette qualité, en 1508, à l'acte de serment fait par le roi pour respecter le traité de Cambrai.

Budé, la même année, dédie au chancelier de Ganay ses Annotations sur les vingt-quatre premiers livres des Pandectes qu'il améliorera plus tard d'après les conseils du savant italien Andrea Alciato[9].

En septembre 1510, Jean de Ganay préside le concile de Tours qui essaie de régler le différend entre le pape Jules II et Louis XII de France[10]. Louis XII commence la lutte contre Jules II en suscitant contre lui toute une campagne de pamphlets et convoque le concile de Pise, destiné à destituer le pape.

Décès[modifier | modifier le code]

Jean de Ganay décède à Blois en mai, et est inhumé le 4 juin 1512 dans la chapelle de Saint-Merry][11], à Paris[12], où il avait fait faire par David Ghirlandaio une mosaïque, qui est aujourd'hui conservée au musée de Cluny[13].

Descendance[modifier | modifier le code]

Jean de Ganay n'a pas eu d'enfants de sa femme Jeanne Boilesve, dame de Chauvry et de La Basse-Forêt de Montmorency, fille de Mesmin Boilesve, général des finances et de Marguerite de Louviers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comptes-rendus des travaux, Mémoires, par Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, p.143.
  2. Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique et littéraire de la ... publié par Paul André Roger
  3. Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières: par une société de gens de ..., p.160.
  4. Le parlement de Bourgogne depuis son origine jusqu'à sa chute; précédé d'un ..., par Élisabeth François de Lacuisine, p.26.
  5. The Papacy and the Levant, 1204-1571, par Kenneth M. Setton, p.471.
  6. Les livres des miracles et autres opuscules de Georges Florent Grégoire ..., par Société de l'histoire de France, p.369.
  7. Manuscrits de l'Institut de France Calames
  8. V. Gannay de Persan.
  9. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos ... Par Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Firmin-Didot, p.719.
  10. Jehan Marot, Les deux recueils, Genève, Librairie Droz,‎ 1999, 603 p. (ISBN 9782600003520, lire en ligne)
  11. [http://www.insecula.com/salle/MS01987.html Saint-Merry
  12. Archives de l'art français. Nouvelles archives de l'art ..., par Société de l'histoire de l'art français, Nouvelles archives de l'art français, p.97.
  13. Archives de l'art français, Documents t. i p. 97 99, Recueil de poésies franc̜oises des XVe et XVIe siècles morales, facétieuses ... Par James Rothschild.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Généalogie des principales familles établies à Paris, Paris, BN, manuscrit. XVIIIe siècle, B.n.F. : Fr. NA. 2056
  • Annuaire de la noblesse de France, 1894, 1958/61, B.n.F. : 8° Lc35. 10
  • Rex, annuaire généalogique de la noblesse de France, Paris, 1909-1914, 6 vol. in-8, 1909 à 11-13-14, B.n.F. : 8° Lc35. 33
  • Un chancelier de France sous Louis XII. Paris, 1932, in-8, 167, B.n.F. : 8° Ln27. 64598
  • Noblesse de Bourgogne, B.n.F. : Fr. 19824
  • Bibliothèque Nationale, manuscrit, fonds français, 32356, 150-1
  • Bibliothèque Nationale, manuscrit, fonds français, 32989, 158 v°
  • Comte H. de Jouvencel, Visites de famille. Filiations bourguignonnes et nivernaises. Chanteloup, 1949, in-4, 3 vol. dactylographiés, tome : 1, p. 191 ; T.3, p. 166, Cote B.n.F. : Rés. 4° Lm2. 539
  • Comte Roland de Montrichard, Trois siècles de parentés, Paris, 1953, in-4, 224, B.n.F. : 4° Lm3. 4789
  • E. de Seresin, Les Reynold de Sérézin et leurs alliés, Dijon, 1908, in-8, 198, tablx, B.n.F. : 8° Lm3. 2947
  • François du Chesne, Histoire des chanceliers et gardes des sceaux de France,

Liens internes[modifier | modifier le code]