Jean de France (1398-1417)

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Jean de France

Description de l'image  Jean de Touraine, dauphin of France.jpg.

Titres

Dauphin de Viennois

18 décembre 14155 avril 1417
(&&&&&&&&&&&&04741 an, 3 mois et 17 jours)

Prédécesseur Louis de France
Successeur Charles de France

Duc de Touraine

14074 avril 1417
(environ 10 ans)

Prédécesseur Louis de France
Successeur Charles de France
Biographie
Titulature Dauphin de France
Duc de Touraine
Duc de Berry
Comte de Ponthieu
Comte de Poitiers
Dynastie Maison de Valois
Naissance 31 août 1398
Décès 4 avril 1417 (à 18 ans)
Compiègne (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Charles VI de France
Mère Isabeau de Bavière
Conjoint Jacqueline de Hainaut
Religion Catholicisme
Description de cette image, également commentée ci-après

Héritiers présomptifs de la Couronne de France

Jean de France[1], duc de Touraine (appelé Jean de Touraine), né le 31 août 1398 et mort le 4 avril 1417 à Compiègne, puis dauphin de Viennois après la mort de son frère Louis en décembre 1415, est le quatrième fils et neuvième enfant du roi Charles VI de France et d’Isabeau de Bavière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mariage[modifier | modifier le code]

Il est marié dès 1406 à Jacqueline de Hainaut, héritière des comtés de Hainaut, de Hollande, Zélande et de la seigneurie de Frise. Elle est la fille de Guillaume II de Bavière et de Marguerite de Bourgogne, et petite-fille de Philippe le Hardi. Par ses aïeux, Jacqueline descend des comtes de Hainaut, de Flandre, des rois de France, des ducs de Bourgogne et d’un empereur du Saint Empire Romain Germanique, Louis IV de Wittelsbach.

Jacqueline passa avec sa mère Marguerite de Bourgogne sa jeunesse au château royal du Quesnoy en Hainaut, près de la Forêt de Mormal. Son père, souvent en déplacement, préférait le Château de Bouchain en Hainaut : ce dernier fréquentait la Cour du roi de France CharlesVI.

C’est lors d’un de ses déplacements, que le duc Guillaume II de Bavière alias Guillaume IV comte de Hainaut conclut avec le roi, le mariage de sa fille Jacqueline, avec Jean de Touraine, dauphin de France, quatrième fils de Charles VI. Ces épousailles furent célébrées en grandes pompes, à Compiègne, le 23 juin 1406. Cependant, Guillaume IV comte de Hainaut, ne participa pas aux festivités. Il s’agit plutôt de fiançailles ou de promesses de mariage, car Jacqueline n’avait que 5 ans et son promis, 8 ans.

Après les festivités, Jacqueline, Jean et sa mère Marguerite de Bourgogne regagnèrent Valenciennes puis Mons. Revenus au Quesnoy, les jeunes « époux » passèrent une vie agréable, loin des troubles de la Guerre de Cent Ans et de la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons[2],[3].

Jean, duc de Touraine, comte de Ponthieu, duc de Berry, demeure, en accord entre Charles VI et son beau-père, Guillaume IV de Hainaut, au château du Quesnoy. C’était à la fois une manière d’assurer sa protection loin des tumultes de la cour de France et un atout dans les mains de la famille de Bavière voire de Bourgogne. Le jeune couple, sur le point d’atteindre l’âge nubile, le pape leur confirma, le 22 avril 1411, les dispenses de mariage que nécessite leur consanguinité[4].

Faisant suite à cela, en 1412 et en 1413, Charles VI de France, voyant cette alliance aboutir selon ses souhaits, et se souciant du bien-être de son fils, régla certains arriérés et fit augmenter l’état des finances de son fils[5].

En mars 1413 à Paris, Charles VI donna des lettres pour l’accomplissement du traité de mariage dressé en 1406, entre Jean, son fils et, Jacqueline de Bavière, « … et icelluy mariage estre parfaict et consommé » : son fils ayant 14 ans, il lui est délivré en apanage le comté de Ponthieu, fief de la Couronne de France. Il semble que le mariage ait eu lieu lors duTraité de Paix de Senlis en 1414. Ce traité de paix réunissant divers belligérants : le comte Guillaume IV de Hainaut ayant eu à se plaindre des dévastations en Hainaut causées par le duc de Bourbon, reçut en indemnité une promesse de 100 000 écus de 18 sols parisis la pièce[6].

Jean et Jacqueline, ayant l’âge nubile, actèrent à La Haye, le 6 août 1415, certaines conventions matrimoniales entre eux deux [7] :

« Certaines conventions matrimoniales ont été faites entre nous deux [Jean et Jacqueline], à la demande du comte Guillaume [IV] de Hainaut [alias, Guillaume II duc de Bavière-Straubing] leur père […]
Nous, Jean de France duc de Touraine et comte de Ponthieu, si le duc Guillaume [II] de Bavière, (après trépas), n’avait pas de fils mâle, ses pays et sa seigneurie (Hainaut, Zélande, Hollande et, la Frise) appartiendraient à Jean de France, duc de Touraine comme mari et tuteur de Jacqueline, sa fille.
La succession du couple se fera par notre fils aîné ou à notre fille aînée si nous n’avons point d’enfant mâle (succession aux trois pays de Hainaut, de Zélande, de Hollande et, à la seigneurie de Frise, avec toutes leurs dépendances).
Autre promesse, également, des époux de maintenir les droits et privilèges ainsi que de respecter les coutumes des trois pays indissociables (Hainaut, Zélande, Hollande) et de leurs dépendances, lors des réceptions d’hommage dans les villes et bourgs de ces pays par de “Joyeuses entrées” : ces points devant être également confirmés en public.
Et comme nous, Jean de France duc de Touraine et Jacqueline de Bavière sommes présentement parvenus en âge en état de connoissance.
Faisons la promesse légitime, pour nous, et un chacun de nous.
En témoin de quoy, nous avons fait mettre nos sceaux à ces présentes.
Donné à La Haye, le 6 août 1415 »

Mort[modifier | modifier le code]

En janvier 1417, il revient à Paris sous la protection de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Le 4 avril à Compiègne, il meurt subitement, empoisonné par les Armagnacs selon les uns ou d'un abcès à la tête et au cou selon les autres[8].

S'il avait régné comme Jean III, la Hollande, la Zélande, le Hainaut, la Frise auraient pu être de fait rattachés au royaume de France plutôt qu'aux autres États du duc de Bourgogne.

Il est inhumé à l’abbaye Saint-Corneille. C'est son frère, le cinquième fils de Charles VI, Charles, comte de Ponthieu, qui devient dauphin (le gentil dauphin de Jeanne d’Arc) et finit, après bien des péripéties, souvent sanglantes, par régner sous le nom de Charles VII.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean de France sur le site de la Fondation pour la généalogie médiévale
  2. Geoffroy G. Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s., éd. Geoffroy G. Sury, (2e éd.) Bruxelles, © 2010, p. 183 : - A Paris, le 9 juillet 1406, Charles (VI) roi de France, ordonne à ses comptables et trésoriers de Paris, de faire payer à son fils Jean duc de Touraine, sur la pension annuelle de 16 000 écus prévue dans son contrat de mariage avec Jacqueline de Bavière, héritière des comtés de Hainaut, Zélande, Hollande et de la seigneurie de Frise, une somme de 4 000 livres tournois par an, à prélever sur le domaine du comté de Ponthieu, le solde devant être imputé sur les aides dudit comté.
  3. G. Wymans, Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut, aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1265, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 266 : - A Paris, le 9 juillet 1406, Charles (VI) roi de France, ordonne aux conseillers généraux sur le fait des aides de faire payer au même, sur la pension prévue dans l’acte ci-dessus, une somme de 14 000 francs par an, dont 13 000 francs pour le receveur des aides et 1 000 francs par le grainetier du Ponthieu.
  4. Geoffroy G. Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s., it., Geoffroy G. Sury, (2e éd.) Bruxelles, © 2010, p. 180 : - Le 22 avril 1411, le pape Jean XXIII, accorde à Jean, duc de Touraine, fils du roi Charles (VI) de France, et à Jacqueline, fille du duc Guillaume (II) de Bavière, comte (IV) de Hainaut, les dispenses de mariage que nécessite leur consanguinité aux 3e et 4e degrés. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1318, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 278. (Or. sur pch. ; 1 sc.)
  5. Geoffroy G. Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s., éd. Geoffroy G. Sury, (2e éd.) Bruxelles, © 2010, p. 180 : - A Paris, le 27 novembre 1412, le roi Charles (VI) de France, ordonne au bailli de Tournai de faire payer à son fils le duc Jean de Touraine, et à son cousin, le comte (IV) de Hainaut, alias Guillaume (II) duc de Bavière, en apurement de certaines dettes, la somme de 18 000 francs par tranches annuelles de 6 000 francs, à prendre sur la composition annuelle de la ville de Tournai. Ces dispositions annulent celles prises antérieurement. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1338, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 282 (Or. sur pch. ; traces de sc. (Paris, 27/11/1412.) - A Paris, le 23 janvier 1413, (date nouv. st.), le roi Charles (VI) de France assigne sur la recette des aides de Noyon le paiement de : 1) 6 000 livres tournois pour l’augmentation de l’état de son fils, le duc de Touraine et de son « épouse » (Jacqueline de Bavière) ; 2) 18 000 livres tournois d’arrérages dus au comte de Hainaut (Guillaume II duc de Bavière). In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1338, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 282 (Or. sur pch. ; traces de sc. (Paris, 23/01/1413.)
  6. Geoffroy G. Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s., éd. Geoffroy G. Sury, (2e éd.) Bruxelles, © 2010, p. 183 : - Baron de Reiffenberg et J.E. Vandervin, Histoire du comté de Hainaut, livre V, p. 134 (mariage de Jacqueline de Bavière et de Jean de Touraine), A. Jamar, éditeur, Bruxelles (sans date.) Le dit baron signalant que le mariage eut lieu après le traité de Senlis de l’année 1414. ; - A Paris, le 20 janvier 1415 (date nouv. st.), le roi Charles (VI) de France accorde au comte Guillaume (IV) de Hainaut, en indemnisation de dommages causés en Hainaut par ses troupes (par celles du duc de Bourbon), une somme de 100 000 écus à prendre sur la recette des aides d’Amiens. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1347, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 286. (Or. sur pch. ; sc. disp. (Paris, 20/01/1415.)
  7. J. du Mont, baron de Carels-Croon, Corps universel diplomatique du droit des gens, t. 2, partie I, chez P. Brunel, Amsterdam, et chez P. Husson, La Haye (Den Haag), MDCCXXVI. (1726), pp. 45-47. (Contrat de mariage, à l’âge nubile, entre Jean de France et Jacqueline de Bavière, La Haye, 6 août 1415.)
  8. Ernest van Bruyssel, Histoire du commerce et de la marine en Belgique, 1863, p. 66.