Jean de Coras

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Jean de Coras, né le 3 décembre 1515 à Réalmont et mort le 4 octobre 1572 à Toulouse, est un grand jurisconsulte et professeur de droit à Toulouse. Humaniste, « illustre » et « clarissimus », il meurt victime de la Saint-Barthélémy toulousaine. Il reste surtout connu pour avoir instruit l'« affaire Martin Guerre » et en avoir laissé le récit.

L'Arrest Memorable...publié en 1561, œuvre la plus célèbre de Jean de Coras

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1515 à Réalmont, dans l'Albigeois, il grandit à Toulouse où son père est avocat au Parlement[1]. D'après ses biographies, parues de son vivant, il aurait été un étudiant en droit particulièrement précoce et talentueux. Il fréquente successivement les universités d'Angers, Orléans, Paris puis Padoue et passe son doctorat à Sienne en 1536[1].

De retour à Toulouse, il est nommé régent de droit à l'Université, où ses cours connaissent un immense succès[1],[2].

En 1542, sa mère Jeanne de Termes est morte, lui léguant tous ses biens et propriétés. Le testament est attaqué par Jean Coras père et défendu devant les tribunaux par le fils. En 1544, le Parlement tranche en faveur du fils.

Entre temps, Jean de Coras s'est marié à Catherine Boyssonné, parente de Jean de Boyssonné, juriste humaniste et ami de Coras.

En 1545, Coras obtient une chaire de professeur à Valence ; il y enseigne le droit civil jusqu'en 1549. Puis jusqu'en 1551 il donne des cours à Ferrare.

Il rentre à Toulouse à la mort de son épouse. Henri II profite de la présence en France de Coras pour le consulter sur ses négociations avec le Duc et le Cardinal de Ferrare, et il le remercie en lui accordant le poste qu'il convoitait : conseiller au Parlement de Toulouse (janvier 1553). C'est en tant que juge au Parlement de Toulouse que, 7 ans plus tard en 1560, Jean de Coras instruit l’affaire Martin Guerre.

Il se remarie avec Jacquette de Bussi, veuve, sa cousine, nièce d'un Conseiller au Parlement, dont il est très amoureux. Tous deux sont calvinistes. Coras a sans doute été gagné au protestantisme sous l'influence de son ami Jean de Boyssonné, et du séjour à Ferrare, centre des exilés protestants. Vers 1561-1562, Toulouse est presque devenue un bastion protestant : une trentaine de parlementaires toulousains notamment, à l'instar de Jean de Coras, sont gagnés à la nouvelle religion, et un nombre croissant de capitouls[3].

Jean de Coras est l’un des organisateurs calvinistes des troubles de 1562 (début de Première guerre de religion). Il doit s’enfuir en Navarre où il devient chancelier du royaume de Navarre [réf. nécessaire]. Revenu à Toulouse à la faveur de la paix de 1563, il est contraint à nouveau de quitter la ville en 1566 et il séjourne à La Rochelle[réf. nécessaire].

Retiré à Réalmont, il revient ensuite à Toulouse. Le 31 août 1572, la nouvelle des massacres parisiens de la Saint-Barthélémy se répand dans la ville. Malgré les mesures prises pour maintenir l'ordre, dans la nuit du 3 au 4 octobre, deux à trois cents personnes sont massacrées à coups de hache. Trois conseillers au Parlement sont pendus, revêtus de leur robe rouge de magistrat ; parmi eux Jean de Coras[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De Imperbum... Commentarii, Toulouse, 1541,
  • In Universam sacerdotiorum materiam... paraphrasis, Paris, Arnaud L'Angelier, 1549,
  • In Titulum Codicis Iustiani, De Iure Emphyteutico, Lyon, Guillaume Rouillé, 1550,
  • De actionibus, Lyon, Antoine Vincent, 1555,
  • Des Mariages clandestinement et irreveremment contactes par les enfans de famille au deceu ou contre le gré, vouloir et consentement de leurs Peres et Meres, petit discours... A trêcretien...prince Henri deuxieme...Roy de France, Toulouse, Pierre du Puis, 1557,
  • Altercacion en forme de Dialogue de l'Empereur Adrian et du Philosophe Epictéte... rendu de Latin en François par monsieur maître Jean de Coras, Toulouse, Antoine André, 1558,
  • De iuris Arte libellus, Lyon, Antoine Vincent, 1560,
  • L'Arrest Memorable, Lyon, Antoine Vincent, 1561 : récit de l'Affaire Martin Guerre, de l'arrivée des Guerre à Artigat jusqu'à l'exécution d'Arnaud du Tilh[1].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Natalie Zemon Davis, Le Retour de Martin Guerre, Cambridge 1983, Tallandier 2008
  2. Maître en 1544, d'après B Bennassar, B. Toulon, in Histoire de Toulouse, Privat, 1974
  3. a et b M. Taillefer in Nouvelle Histoire de Toulouse, Privat, 2002

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Thierry Hernando, "Un conseiller calviniste au parlement de Toulouse : Jean de Coras", in Les parlements de province, pouvoirs, justice et société du XVe au XVIIIe siècle, Toulouse, Framespa 1996, pages 733 à 740.