Jean Victor Tharreau

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Jean Victor Tharreau
Image illustrative de l'article Jean Victor Tharreau

Naissance 15 janvier 1767
Bégrolles-en-Mauges
Décès 26 septembre 1812 (à 45 ans)
Mojaïsk (Drapeau de la Russie Russie)
Mort au combat
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Général de division
Années de service 17921812
Distinctions Baron de l'Empire
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (11e colonne)
Autres fonctions Chef d'état-major de l'Armée des Ardennes
Famille Pierre-Jean-François Tharreau, François-Charles Tharreau

Le baron Jean Victor Tharreau, est né le 15 janvier 1767 au logis de Bégrolles et mort le 26 septembre 1812 à Mojaisk (Russie), est un général d'Empire français, blessé mortellement à la bataille de la Moskowa.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Particulièrement bien établie dans les Mauges, sous l'Ancien Régime, la famille Tharreau a donné des notaires, des fermiers généraux de l’abbaye de Bellefontaine, des procureurs fiscaux ; tandis que d’autres de ses membres se sont adonnés au très lucratif commerce des toiles de Cholet. Elle occupe donc, sous la Révolution et le Premier Empire, une position de tout premier plan, résultat d’une évolution sociétale de plus d’un siècle ; chaque génération s’appliquant en cela à élargir progressivement son cercle d’influence, ce qui va se traduire tout naturellement par des alliances avec les plus anciennes familles bourgeoises de la région et amener progressivement, comme il se doit, ses membres à assumer des responsabilités de plus en plus importantes aussi bien au point de vue politique, administratif qu’économique, et ceci en débordant largement des Mauges, son berceau originel. Elle marquera donc, à tous ces titres, cette période de notre histoire.

Son oncle, Jean-Mathieu Tharreau, sieur de la Moncellière, né en 1721, épouse en 1749 à Bressuire Anne-Jeanne Richard de La Maisonneuve. De cette union vont naître huit enfants : cinq garçons et trois filles. Le couple va quitter le berceau familial de Bégrolles vers 1755, et ira s’établir dans le bourg du May, dans une fort belle demeure, désignée à tort comme étant la « maison natale du général Tharreau ». Parmi les huit enfants de Jean-Mathieu Tharreau :

Pierre-Alexis Tharreau des Germonières, né vers 1725, frère de Jean-Mathieu, épousera Marie-Geneviève Gentet. C’est dans cette famille de négociants aisés que naquit Jean-Victor, au logis de Bégrolles. Ses parents, le firent baptiser le lendemain 16 janvier 1767 en l'église Saint Michel du May-sur-Evre.

Son frère aîné, Pierre-Jean-François (1755-1806), bénéficiait déjà sous l'Ancien régime d’une intéressante situation. Il était en effet en 1781 conseiller du roi, président de l’élection de Châtillon. Sous la révolution, il deviendra successivement procureur-syndic de Bressuire, représentant au Conseil des Anciens (1795-1798) sous le Directoire, puis adjoint au maire d'Angers en 1803.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Jean-Victor Tharreau s'enrôle le 7 août 1792 comme volontaire dans la Garde nationale du district de Cholet. Dès le 17 août 1792, il est élu par ses pairs adjudant-major au 2e bataillon de volontaires de Mayenne-et-Loire.

Son frère cadet Honoré-Chrysostome Tharreau le suivra dans le 3e bataillon de volontaires de Mayenne-et-Loire, avec le même grade le 29 octobre 1792, et deviendra rapidement aide de camp de Jean-Victor, aux armées de Mayence et du Danube. Honoré-Chrysostome décèdera à Colmar en 1799.

Aide de camp provisoire du général de Tourville, le 20 avril 1793, puis du général Ferrand, Tharreau est nommé général de brigade, chef d'état-major de l'armée des Ardennes le 24 mars 1794 par les représentants en mission : Massieux, Roux et Garnier de la Meuse.

Les représentants en mission Saint-Just et Gillet ordonnent, le 3 juin 1794, une expédition contre « les brigands de Chimaye », qui attaquaient les convois de vivres et menaçaient les communications. Le général en chef Desjardins et Tharreau diffèrent cet ordre, considérant que cela ne faisait pas partie des priorités de leur mission. Saint-Just proposa sa destitution au Comité de salut public. Destitution qui fut entérinée par le comité le 13 juin 1794.

Tharreau rassembla dans un premier temps tous ses compagnons d'armes, pour tout d’abord faire lever sa destitution, et par la suite obtenir la réintégration dans ses fonctions. Ses nombreuses démarches auprès du Comité, appuyées notamment par son état-major et les généraux Jourdan, Desjardins, Ferrand, Marceau, Kléber, lui permirent d’obtenir gain de cause.

Jean Victor Tharreau sera finalement réintégré dans ses fonctions le 13 juin 1795 et affecté à l'Armée du Rhin et Moselle, sous le commandement en chef de Moreau, et prit sa part du lion dans la célèbre retraite, d'où il ramènera sa division presque sans perte.

Il passe à l'armée d'Allemagne le 23 septembre 1797.

Entretemps, il convole en justes noces et épouse à Colmar, le 4 août 1797, une jeune alsacienne d'excellente famille, Anne-Marguerite-Charlotte Martin, fille unique de Charles-Félix Martin, directeur de l’enregistrement et des domaines du département du Haut-Rhin.

Le 12 janvier 1798, Tharreau est employé à l'Armée d'Angleterre, en poste à Cherbourg. Cette expédition échouera lamentablement en raison de la tempête incessante, de la faiblesse de la marine révolutionnaire, mais aussi et surtout des surveillances rapprochées des Anglais.

Le 17 juillet 1798, il est nommé à l'Armée de Mayence, puis celle du Danube dans la division Férino en mars 1799, sert à Pfullendorf le 21 mars, à Stockach le 25 du même mois.

Promu général de division le 20 avril 1799, il est nommé commandant la 3e division du centre de l'Armée d'Helvétie, mais se trouve à nouveau destitué.

Rappelé à Besançon, le 16 août 1799, Tharreau était chargé de l'organisation des bataillons auxiliaires de la 6e Division militaire. Le 11 septembre il est employé à l'Armée du Rhin, et commandant à Strasbourg puis commandant la 3e division du Corps du Centre sous Gouvion-Saint-Cyr le 15 mars 1800, puis servit à Biberach le 9 mai. Cette Campagne se termine peu après pour Tharreau par un violent désaccord envers Moreau, général en chef de cette Armée.

Le 20 novembre 1800, il sert à l'Armée d'observation du Midi, commandant une Division d'élite sous Murat, avec lequel il entretient de véritables rapports d'amitié et de compréhension réciproques.

Chargé de la conquête de l'île d'Elbe, Tharreau investit Porto Ferrajo le 2 mai 1801, puis sera employé près des corps de troupes françaises stationnées en République cisalpine le 13 décembre 1801.

Créé Baron de l’Empire le 21 décembre 1808, il est nommé commandant de la 2e Division de grenadiers d’Oudinot le 19 mars 1809 à l’Armée d’Allemagne, puis de la 1re Division, et fut blessé à l’attaque de Vienne les 11 et 12 mai. Bien qu’insuffisamment rétabli de ses blessures subies à Vienne, il tint à rester à la tête de sa division et prit une grande part à la terrible et sanglante bataille d’Essling le 22 mai 1809, qui se déroula en grande partie dans l’ile de Lobau en Autriche. Il servit à Wagram le 6 juillet, où il prit également une part très importante à cette victoire, et où périrent ses plus proches compagnons d’Armes, dont Leroux son fidèle aide de camp.

Jean Victor Tharreau prend part à la campagne de Russie à la tête de la 23e Division Westphalienne, sous les ordres du général en chef Vandamme, le 5 mars 1812 en la ville de Cassel, puis succèdera à ce même Vandamme, en qualité de Commandant provisoire du 8e corps de la Grande Armée, sous Jérôme Bonaparte.

Tharreau, ne cherchant pas les honneurs, reviendra donc au commandement de sa 23e Division. La tête du 8e corps étant accordée à Junot. Tharreau marquera tout d’abord sa déception de voir ainsi une promotion prestigieuse lui échapper et qui lui semblait promise, puis rapidement l’accepta.

Le 19 août, Tharreau eut à sa merci l’arrière-garde de Bagration. Le maréchal Ney lui enjoint de poursuivre cette action d'éclat qui lui aurait apportée son bâton de Maréchal. Mais la jalousie perfide de Junot (cf. l'Affaire d'Abrantès) s'opposant aux ordres, mit Tharreau en demeure de cesser cette manœuvre.

Le 6 septembre 1812, Jean-Victor Tharreau essaie une sortie sur les premières redoutes de Schewardino. Il s’en revient sans perte et quelques prisonniers Russes.

Son dernier engagement. Le 7 septembre, lors de la bataille de la Moskowa, Tharreau, toujours à la pointe du combat est gravement blessé de deux coups de feu. Évacué à Mojaïsk, il y meurt par suite de ses blessures le 26 septembre 1812.

Conformément à ses dernières volontés, son cœur fut rapatrié à Orvault où son épouse habitait le manoir familial. En 1852 au décès de la baronne, ils furent réunis dans le cimetière de cette ville; où cette tombe est toujours visible.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacky Hudon, Biographie abrégée du général de division Jean-Victor Tharreau, in Société des Sciences Lettres et Arts de Cholet et de sa Région p.64, N° 135-juillet/décembre 2010
  • Michel Merlet, Recherches généalogiques sur la parentèle de Jean-Victor Tharreau général de division né à Bégrolles-en-Mauges Maine et Loire en 1767-décéde à Mojïask, en Russie en 1812, in S.L.A de Cholet et de sa Région 2013.
  • Jean-Joseph Chevalier, Les bleus de Cholet en 1793, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, tome 99, 1992, numéro 4, p. 356
  • Claude Petitfrère, Les Paysans des Mauges au XVIIIe siècle
  • Paul Cottin, Mémoires du sergent Bourgogne (1812-1813) 1910, sixième édition (préface de Jean Tulard, introduction et notes de Marcel Spivak)
  • Pierre Furet, Cholet, étude de géographie historique, Imp. Farré et Freulon; Cholet, 1950.
  • Jean Tulard, La France de la Révolution et de l'Empire, Presses universitaires de France; Avril 2004.
  • Jean Tulard, Napoléon 1er, le magazine du Consulat et de l'Empire,N°2 Napoléon en campagne. N° 5,8,15,23.
  • François Furet, La Révolution française, Le Club, 2007 (préface de Mona Ozouf)
  • Louis-Gabriel Michaud, « Tharreau (le baron Jean-Victor) », Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 84e, Paris, 1811, 1er éd.chez Michaud frères,‎ 1857 (lire en ligne), p. 8-11