Jean Verdier (archevêque)

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Jean Verdier
Image illustrative de l'article Jean Verdier (archevêque)
Biographie
Naissance
à Lacroix-Barrez (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 76 ans)
à Paris (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de Sainte-Balbine
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
pape Pie XI
Archevêque de Paris (France)
18 novembre 1929 – 9 avril 1940
Précédent Louis-Ernest Dubois Emmanuel Suhard Suivant

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
COA cardinal FR Verdier Jean-Pierre.png
« In verbo tuo laxabo rete » (Lc 5,5)
(« Sur ta parole, je jetterais le filet »)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean Verdier, né le à Lacroix-Barrez (Aveyron) et mort le à Paris), est un évêque catholique français, archevêque de Paris de 1929 à sa mort et cardinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Verdier étudie la théologie et la philosophie au séminaire de Rodez et entre en 1886 chez les Sulpiciens. En 1887, il est ordonné prêtre et enseigne ensuite au séminaire de Périgueux qu'il dirige de 1898 à 1912. De 1912 à 1920, il appartient à la Faculté de Théologie de Paris et est supérieur du séminaire des Carmes. Il est nommé en 1923 chanoine honoraire de Notre-Dame de Paris et, de 1926 à 1929, dirige sa congrégation en tant que supérieur général.

En 1929, il est nommé vicaire général du diocèse de Paris et protonotaire apostolique puis, la même année en novembre, archevêque de Paris[1]. Le 16 décembre 1929 le pape Pie XI le crée cardinal-prêtre attaché à l'église Sainte-Balbine. Il lui confère lui-même la consécration épiscopale, assisté de Mgr Chaptal et de Mgr Baudrillart, évêques auxiliaires de Paris, pour témoigner de l'importance de ce choix personnel. Comme légat, le cardinal Verdier représente le pape à de nombreuses occasions, soit en France, soit à l'étranger. En 1931, il lance l'œuvre des Chantiers du Cardinal, créant alors de nombreuses paroisses en région parisienne.

L'Action catholique[modifier | modifier le code]

Jean Verdier offre à la Vierge la maquette de la chapelle Sainte-Thérèse à Paris

Le cardinal Verdier est avant tout un évêque de l'Action catholique selon les directives de Pie XI. Lorsqu'il se rend en visite ad limina à Rome en janvier 1931, le pape le presse dans ce sens. Il désire que l'épiscopat français structure les différentes organisations, comme la Fédération nationale catholique, la Jeunesse ouvrière chrétienne, la Fédération nationale des patronages, etc., qui échappent, en fait, à la direction de la hiérarchie, « les prêtres n'y étant que des aumôniers, des courants de pensée, des attitudes morales s'y établissent qui ne sont pas en parfaite conformité avec la pensée de l'Église[2] ». Dès mars 1931, l'assemblée des cardinaux et archevêques de France s'emploie à restructurer les mouvements de l'Action catholique, à qui des statuts sont donnés, avec l'abbé Stanislas Courbe comme coordinateur.

Il meurt le 9 avril 1940 à Paris et est inhumé à Notre-Dame.

Le cardinal Verdier et le Front populaire[modifier | modifier le code]

Après la formation du gouvernement de Léon Blum en juin 1936, le cardinal fait publier un communiqué qui fait grand bruit appelant à « la paix sociale (...) et à sacrifier nos rancœurs, nos préférences politiques ou sociales, et dans une certaine mesure nos intérêts eux-mêmes. »

La gauche se réjouit de cette déclaration et le cardinal Pacelli adresse au cardinal une lettre de félicitation du pape.

Le cardinal Verdier et le nazisme[modifier | modifier le code]

Après la Nuit de Cristal en novembre 1938, le cardinal fait paraître une lettre publique commune avec les cardinaux Van Roey, archevêque de Malines et Schuster, archevêque de Milan, dans laquelle il critique l'assassinat et déplore « l'aboutissement fatal de la théorie raciale » en Allemagne : « Tout près de nous, au nom des droits de la race, des milliers et des milliers d'hommes sont traqués comme des bêtes fauves, dépouillés de leurs biens, véritables parias qui cherchent en vain au sein de la civilisation un asile et un morceau de pain. »[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le gouvernement français fut surpris de cette nomination. L'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège estime qu'il s'agit de briser l'influence de l'Action française, cf Yves Chiron, op. cité p.274
  2. cf Alain-René Michel, op. cité, p. 661.
  3. Cette déclaration ainsi que celles d'autres prélats sera publiée le 20 décembre 1938 par la Documentation catholique (col. 1481-1510), ainsi que dans un volume de la Bonne Presse, L'Église contre le racisme début 1939. Voir aussi cette recension.

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Un vitrail, daté de 1933, de l'église du Sacré-Cœur de Saint-Ouen représente le Cardinal. Source : Chantiers du Cardinal, no 178, juin 2007, page 3.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Breière : « Le Cardinal Verdier. Son rôle en France et hors de France ». Études, CCXLIII (1940), pages 199-213
  • Yves Chiron, Pie XI, Perrin, Paris, 2004
  • Alain-René Michel, Achille Ratti pape Pie XI, Rapport des Archives diocésaines de Lille.