Jean Varin

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Jean Varin (ou Warin[note 1]), né à Liège en 6 février 1607 et mort très probablement à Paris[1] en 1672, est un sculpteur et graveur de monnaies et médailleur français.


Jean Warin ou Varin
Jean Varin par Adolphe Varin
Jean Varin par Adolphe Varin

Titre Graveur général des Monnaies de France
(16461672)
Prédécesseur Jean Darmand (1630 - 1646)
Successeur François Varin (1672 - 1681)
Biographie
Naissance 1604
Liège
Décès 1672 (à 68 ans)
Paris

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Né à Liège le 6 février 1607[note 2], son père était graveur des monnaies du prince-évêque de Liège Ferdinand de Bavière.

Installation à Paris[modifier | modifier le code]

Il va s'installer à Paris en 1626[note 3], se marie le 11 février 1629[note 4], et obtient sa naturalisation en 1650, après l’avoir sollicitée dès 1646[note 5]. Il grave des médailles, art dans lequel il excelle et obtient la protection de Richelieu qui le nomme «Conducteur Général des Monnaies et Graveur des poinçons[1] ».

Monnaie du Moulin[modifier | modifier le code]

En 1636, Jean Varin persuade le roi de lui attribuer un quart de la monnaie du Moulin[2]. Les propriétaires des trois-quarts restant sont: Pierre Regnier, Pierre Olivier et Aubin II Olivier, représenté par son beau-père. Jean Varin devient à cette date conducteur principal de la Monnaie du Moulin, il rachètera ensuite les parts des enfants de Jeanne Desjours nés de son premier mariage.

En 1639, Jean Varin rachète sa part de la monnaie du Moulin à Pierre Régnier, homme d’un certain âge à l’époque. À partir de ce moment, Varin dirigea seul la monnaie du Moulin. Il rachètera ensuite la part d’Aubin III Olivier en 1648[3]. Jean Varin est assigné à titre définitif, comme seul dirigeant de la Monnaie du Moulin.

Consécration[modifier | modifier le code]

Richelieu saura reconnaître, encourager et mettre en pleine valeur celui qui campait, dans un buste célèbre, l‘effigie souveraine d’Armand du Plessis, Jean Varin gravera dès 1630 une médaille superbe à la gloire de son protecteur. Cette médaille est suivie par celle reproduite ci-après, datée de 1631.

En 1640, il est choisi pour orner les nouvelles monnaies de la réforme de Claude de Bullion.

En 1646, il devient graveur des sceaux et tailleur général. En 1647, il devient contrôleur et graveur général des monnaies de France. En avril 1648 il devient contrôleur général des poinçons. En 1664[1], il est reçu membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture. En 1660, il acquiert la charge de Conseiller et Secrétaire du roi, Intendant et Ordonnateur des bâtiments royaux

Anonyme, Jean Warin avec le jeune Louis XIV.

Jean Varin est le premier à généraliser la frappe au balancier des monnaies françaises. Cette technique mécanique remplace la frappe au marteau manuelle et permet de produire des pièces d'une qualité plus régulière. D'ailleurs, Voltaire dit de lui, dans Le Siècle de Louis XIV : "Nous avons égalé les anciens dans les médailles. Warin fut le premier qui tira cet art de la médiocrité, vers la fin du règne de Louis XIII[4]."

Expérimentée dans les années 1580, sous le règne de Henri III, la frappe au balancier permet à Jean Varin de produire la série des Louis d'or, le magnifique écu de 60 sols (ou écu blanc) et ses sous-multiples avec le portrait de Louis XIII. Varin gravera par la suite une partie des monnaies de Louis XIV, les portraits enfantins et juvéniles du roi-soleil, qui sont considérés parmi les monnaies de l'âge d'or de la numismatique française.

Il a orné aussi de nombreuses médailles. Son art de la statuaire est moins connu. On peut voir quelques-unes de ses œuvres au château de Versailles. Son fils François lui succède au poste de graveur général, qu'il occupe de 1673 à 1681.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Hommage[modifier | modifier le code]

Une rue du quartier des Guillemins porte son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

À ce jour, il n'a pas encore été établi de lien généalogique direct entre Jean VARIN / WARIN et son fils successeur François VARIN, tous deux graveurs-médaillers du roi, avec la lignée des graveurs châlonnais VARIN (réf. Dynastie des Graveurs VARIN). Recherche en cours. Mais Charles-Nicolas VARIN , puis (Pierre-) Adolphe VARIN se sont intéressés à leur homonyme Jean WARIN/VARIN en dessinant et gravant son portrait.

CDD, Pinacothèque familiale "Dynastie des Graveurs VARIN"

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean VARIN (1607-1672), Un liégeois au service des rois de France ou La représentation du pouvoir[5].
  • L’éloge des Hommes Illustres[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. dès 1630, Jean signe ses œuvres et ses manuscrits Warin.
  2. Archives de l’Etat à Liège: Registre des naissances de l'église Notre-Dame Aux-Fonts à Liège en date du 6 février 1607, paroisse sainte Catherine, de parents Jean Varin et de Catherine Hovius, les témoins : Suscip : Andréa Maijbais et Anne Legally, femme à Guillaume Wijpar, T17, microfilms YL 142 et 143, volumes 56, 57
  3. première mention de Jean Varin à Paris, il est dans sa vingtième année d’existence), comme Maistre Orfèvre
  4. Le 11 février 1629, il épouse Jeanne Desjours, récemment veuve de René Olivier, conducteur de la monnaie du moulin.
  5. Archives nationales, Zip 592: Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, Salut. Nostre cher et amé Jean Varin, Maistre, Garde et Conducteur des engins de la Monnoye au Moulin de Paris et Graveur général des Monnoyes de France, faisant profession de la religion catholique, apostolique et romaine, nous faict dire et remonstrer qu’estant sorti dès l’année MVIc XXVI de la ville de Liège, lieu de sa naissance pour venir s’habituer en France ... .
    Donné à Libourne, au mois d’août, l’an de grâce MVIc cinquante, de nostre règne, le huitième.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Source : La Grande Encyclopédie, Volume 31 (vers 1900)
  2. 1636, 29 février. Saint-Germain-en-Laye: Lettres patentes qui accordent au sieur Warin la quatrième par et portion de la conduite du moulin de la Monoye de Paris' in Monnaie de Paris : ms. 4° 56, f° 19r°-20v°, Monnaie de Paris : ms. 4° 157
  3. Minutier central, 26, R 73, 13 jan. 1648, cité par Mazerolle, doc. 149, Arch. Nat. E658B, f° 290-293
  4. http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle_de_Louis_XIV/33
  5. Jacquemin Didierin: Jean Varin, un liégeois méconnu, bulletin du cercle numismatique liégeois, Novembre 2004
  6. Saumery, Les Délices du Païs de Liège; à Liège chez Everard Kints, 1738, t. 5, pp. 293 et 294