Jean Soler

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Jean Soler.

Jean Soler, né le 14 janvier 1933 à Arles-sur-Tech est un historien et philosophe français des monothéismes.

Après une carrière de diplomate culturel qui l’a conduit pendant huit ans en Israël, il s’est consacré à la rédaction d’ouvrages qui souhaitent bouleverser notre connaissance de la Bible, déchiffrer les origines de la croyance en un Dieu unique et expliquer pourquoi le monothéisme incline à la violence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée François-Arago de Perpignan et une khâgne à Montpellier, Soler est étudiant à la Sorbonne jusqu’à l’agrégation de lettres classiques (1959), tout en étant surveillant puis bibliothécaire au lycée Chaptal de Paris.

Il enseigne le français, le latin et le grec au lycée de Blida, en Algérie et, après un passage dans l’armée (1959-1961), au Lycée international de Fontainebleau (1961-1964).

Il est nommé directeur du Centre de civilisation française à l’université de Varsovie (1965-1968), puis conseiller culturel et scientifique à l’ambassade de France en Israël (1968-1973). Il occupe les mêmes fonctions à Téhéran (1973-1977) et à Bruxelles (1977-1981).

Le ministère de la Culture le nomme directeur régional des Affaires culturelles pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (1981-1985), puis secrétaire général du Conseil national des langues et des cultures régionales (1985-1987).

De retour au ministère des Affaires étrangères, il est nommé en Israël, vingt ans après, au même poste de conseiller culturel près l’ambassade de France (1989-1993).

En 1993, Jean Soler quitte la fonction publique et se consacre à la rédaction de livres.

En 2009, son nom est donné à la bibliothèque-médiathèque de son village natal du Roussillon, Arles-Sur-Tech.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Sémiotique de la nourriture dans la Bible, Annales, 1973[1].

Cette interprétation originale des interdits alimentaires bibliques fournit une voie d’accès à l’univers mental des Hébreux. Elle a été traduite aux États-Unis et publiée trois fois :

  • dans un ouvrage collectif de l’université Johns Hopkins : Food and Drink in History, 1979[2] ;
  • dans un numéro de la New York Review of Books, 1979[3] ;
  • dans une anthologie d’études considérées comme classiques sur les rapports de la nourriture et de la culture : Food and Culture (Routledge, New York et Londres, 1997)[4].

La notoriété de Jean Soler lui a valu de collaborer à deux ouvrages collectifs :

  • Histoire universelle des Juifs[5](Hachette,1992) sous la direction d’Élie Barnavi, directeur du département d’histoire à l’université de Tel-Aviv ;
  • Histoire de l’Alimentation[6] (Fayard,1996) sous la direction de Flandrin et Montanari.

Jean Soler a publié ensuite aux éditions de Fallois, sous le titre général Aux origines du Dieu unique[7], un essai en trois volumes :

  • L’Invention du monothéisme, en 2002. Ce livre propose une explication des origines et des raisons d’être de la croyance en un Dieu unique.
  • La Loi de Moïse, en 2003. Jean Soler affirme que les lois attribuées à Moïse, à commencer par les Dix Commandements, ne s’adressent qu’aux Juifs et visent à assurer la cohésion de leur peuple.
  • Vie et mort dans la Bible, en 2004. Ce volume met en évidence l’usage symbolique de la nourriture dans l’alimentation, les jeûnes et les sacrifices des Hébreux.

La trilogie Aux origines du Dieu unique a été reprise dans la collection de poche « Pluriel » chez Hachette (2004, 2005, 2006).

En janvier 2009 paraît La Violence monothéiste[8], aux éditions de Fallois. Comparant les civilisations des dieux multiples – celles de la Chine et principalement de la Grèce – avec les civilisations du Dieu unique, Jean Soler estime que le monothéisme peut conduire à l’intolérance et à l’extrémisme. Qu’ils soient réels ou imaginaires, les meurtres et les massacres collectifs ordonnés par le dieu de la Bible obéiraient à une logique totalitaire : un seul Dieu, un seul chef et une doctrine unique au service d’un seul peuple. Cette idéologie, qui porte à l’élimination des adversaires, à l’extérieur, et des déviants, à l’intérieur, pour peu que les circonstances le permettent, se serait transférée, sous des formes variées, dans les peuples devenus chrétiens ou musulmans. Jean Soler revendique, en conclusion de la violence monothéiste, un « scepticisme constructif » qui engagerait à la tolérance.

En mars 2012, parait Qui est Dieu ? (Fallois). En quelque 120 pages, Jean Soler fait une synthèse de ses travaux qui met en lumière « six contresens sur le dieu de la Bible ». Selon Michel Onfray, (Le Point n°2073, juin 2012) « cet agrégé de lettres classiques déconstruit les mythes et légendes juifs, chrétiens et musulmans avec la patience de l'horloger et l'efficacité d'un dynamiteur de montagne. » [9]. Cet article et le livre de Soler ont été sévèrement critiqués par le rabbin massorti Yeshaya Dalsace dans La Règle du jeu[10]. De même, selon le professeur de psychologie Tobie Nathan, ce « livre ne devrait pas s'intituler Qui est Dieu, mais bien Adversus Judei [sic], « Contre les Juifs » »[11]. Jean Soler, répondant à ces critiques, avance qu'il y aurait chez ses détracteurs une « sainte union [...] de la malveillance et de l’ignorance »[12].

Septembre 2014 : "Le sourire d'Homère" (Fallois, 236 pages). "J'ai voulu faire, avec Homère, pour la civilisation grecque et, plus largement, méditerranéenne, le même travail de remontée aux sources que celui que j'ai fait avec la Bible, pour la civilisation hébraïque et les monothéisme qui en sont issus, écrit Jean Soler en quatrième de couverture. Et je confronte, chemin faisant, ces deux civilisations, mères de la nôtre, afin de mieux cerner ce que chacune a de spécifique".

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. Soler, 'Semiotique de la nourriture dans la Bible' in Annales: économies, sociétés, civilisations vol. 28 (1973) pp. 943-55,
  2. Jean Soler, « The Semiotics of Food in the Bible », Food and Drink in History, edited by Robert Forster and Orest Ranum. Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1979.
  3. Jean Soler, translated by Elborg Forster The Dietary Prohibitions of the Hebrews, New York Review of Books, June 14, 1979
  4. Jean Soler, The Semiotics of Food in the Bible. From Food and Culture: A Reader. Ed. Carole Counihan and Penny Van Esterik. New York: Routledge, 1997. 55-66.
  5. Histoire Universelle des juifs, dirigée par Élie Barnavi, Hachette, 1993
  6. Soler,Jean, Les raisons de Ia Bible: règles alimentaires hébraiques. Histoire de l’alimentation, sous la direction de Jean-Louis Flandrin et Massimo Montanari. Fayard, c1996. JFF 98-87.
  7. Jean Soler Aux origines du dieu unique. En trois tomes : 1) L’invention du monothéisme (2002), 2) la loi de Moise (2003),3) Vie et mort dans la Bible (2004). Éditions de Fallois.
  8. Jean Soler, La Violence monothéiste, Fallois, 2008.
  9. (fr)Michel Onfray, « Michel Onfray : Jean Soler, l'homme qui a déclaré la guerre aux monothéismes », sur www.lepoint.fr,‎ 7 juin 2012 (consulté le 18 octobre 2012)
  10. Les bourdes bibliques de Monsieur Onfray, Yeshaya Dalsace, laregledujeu.org, 20 juin 2012
  11. Qui est Jean Soler ?, L'Arche, N° 639, octobre 2012
  12. De quoi le scandale Jean Soler est-il le nom?, entretien Jean Soler, blogelements, 7 février 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]