Jean-Siméon Domon

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Jean Siméon Domon
Image illustrative de l'article Jean-Siméon Domon

Naissance 2 mars 1774
Maurepas (Somme)
Décès 5 juillet 1830 (à 56 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1791
Distinctions vicomte
baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
commandeur de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 20e colonne.

Jean Siméon Domon est un général de division français né le 2 mars 1774 au hameau de Leforest, commune de Maurepas dans la Somme, mort le 5 juillet 1830 à Paris.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Jean Siméon Domon s'engage comme volontaire au 4e bataillon de volontaires de la Somme le 6 septembre 1791, et il est élu sous-lieutenant le jour même.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

De 1792 à 1795, il sert dans l'armée du Nord à Courtrai, au siège de Lille, puis à Jemmapes. Il devint lieutenant le 12 mai 1793, et capitaine le 4 juin suivant. Amalgamé dans la 2e demi-brigade d'infanterie en germinal an II, il passa en qualité d'aide-de-camp provisoire auprès du général Compère le 12 floréal et eut un cheval tué sous lui au combat livré à la même époque entre l'abbaye de Flens et le village de Coutiches (Nord).

Successivement employé aux armées de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse, d'Angleterre, du Danube et du Rhin, il donna, dans maintes circonstances, les preuves de la plus rare intrépidité. Il se fait remarquer par sa témérité et sa bravoure, notamment lors des opérations menées lorsque l'armée française envahit les Pays-Bas, que ce qoit à Nimègue, au passage du Waal, à Apeldoorn, à Loo, à born, Tegelen ou Oldenzaal.

Le 3 prairial an II, s'étant mis à la tête d'une compagnie de grenadiers qui venait d'être repoussée du village de Héchier, il saisit une échelle qu'il appliqua sur les retranchements, y pénétra le premier, malgré un coup de sabre qu'il reçut à la main droite, et s'empara d'une pièce de canon. Au siège de Nimègue, le 18 brumaire an III, l'ennemi étant parvenu, lors d'une sortie, à pénétrer dans le camp français où plusieurs compagnies avaient déjà lâché pied, Domon rallia les fuyards et repoussa les assiégés dans leurs murs.

Au passage du Waal, le 3 messidor an III, il eut le commandement d'une colonne chargée d'enlever une redoute contre laquelle on avait déjà vainement dirigé plusieurs attaques; il s'empara de la position du premier élan, et tua plusieurs canonniers sur leurs pièces.

Dans une autre circonstance, comme un détachement du 5e régiment de hussards faisant boire ses chevaux dans la Meuse, avait été surpris par 400 Hollandais sortis à l'improviste du fort de Saint-Michel, Domon s'élança au milieu des assaillants, suivi seulement de son soldat d'ordonnance, les mit en déroute et leur fit 22 prisonniers.

Pendant la même campagne, lors d'une reconnaissance aux environs d'Odenzuel, il enleva 25 chevaux aux hussards du Salm et de Hompech ; enfin, à l'attaque du château de Bentheim, chargé de se porter sur le village de Gilham, il y fit prisonniers 10 Hessois avec leur commandant.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En 1795, Domon sert ensuite dans l'armée du Rhin, puis, en 1796-1797, dans l'armée de Sambre-et-Meuse. Domon suivit son général à l'armée du Rhin, et se trouva à la bataille de Neuwied ; le 30 vendémiaire an V, il emporta une redoute frisée et palissadée, eut son cheval tué sous lui, reçut plusieurs balles dans ses vêtements, et fut cité dans le rapport du général Lazare Hoche.

En 1798, il sert dans l'armée d'Angleterre puis, en 1799, dans celle du Danube.

Au combat livré en avant de Dettingen, à l'armée du Danube, le 4 germinal an VIII, on le vit déployer tour à tour les talents d'un chef et l'intrépidité d'un soldat : démonté au milieu de l'action et blessé à la jambe gauche par uu éclat d'obus, il eut assez de courage pour remonter à cheval et conserver son poste pendant trois heures.

Voyant, à la fin de la journée, son général blessé et sur le point d'être fait prisonnier, il rassembla quelques braves, et, sabrant autour de lui avec autant d'énergie qu'au commencement de l'affaire, il parvint à le dégager et à le conduire aux ambulances.

Tant de courage et de dévouement ne restèrent point dans l'oubli : tandis que le Directoire, par son arrêté de prairial an VII, élevait Domon au grade de chef de bataillon, Masséna, par un ordre du jour du 12 du même mois, le nommait chef d'escadron au 5e régiment de hussards.

3e, 5e, 7e et 8e Hussards[modifier | modifier le code]

Le 24 mars 1799, à Liptingen, Domon, bien que blessé et ayant perdu son cheval, n'abandonne pourtant pas son poste. Cette attitude lui vaut d'être nommé chef de bataillon, puis chef d'escadron au 5e régiment de hussards.

En 1800-1801, Domon sert dans l'armée du Rhin ; il est en garnison à Metz, en 1801, puis à Hanovre, en 1803. Dans le courant de l'an XI, il fut envoyé en Hanovre, et passa le 23 frimaire an XII au 3e régiment de hussards, alors au camp de Montreuil, où, le 23 prairial suivant, il obtint la décoration de la Légion d'honneur. Le 15 décembre 1803, au camp de Montreuil, il intègre le 3e régiment de hussards.

Employé au 6e corps pendant la campagne d'Autriche, il se trouva au combat d'Elchingen, près d'Ulm, le 23 vendémiaire an XIV, où il eut le cou traversé par une balle en chargeant à la tête de son régiment sur deux bataillons auxquels il enleva cinq pièces de canon.

Entre 1805 et 1809, Domon participe à toutes les batailles de l'Empire : Elchingen, Iéna, etc.

Promu au grade de major au 7e régiment de hussards, le 7 janvier 1807, il combat à Eylau (8 février 1807) et à Friedland (14 juin 1807) avant de prendre le commandement du 11e régiment provisoire de cavalerie en juillet 1807. Il continua la guerre de Pologne avec la réserve de cavalerie de la Grande Armée jusqu'à la paix de Tilsitt, et vint, à la fin de 1807, tenir garnison à Ruremonde(province du Limbourg aux Pays-Bas).

Il avait été élevé au grade d'officier de l'Ordre le 3 juillet précédent, et désigné en janvier 1808 pour commander le régiment de hussards de la division de réserve de Poitiers; mais une nouvelle disposition de l'Empereur ayant prescrit aux majors de rester aux dépôts de leurs corps, il reçut contre-ordre.

Nommé, le 7 avril 1809, au grade de colonel en second, il reçut l'ordre de conduire le 7e régiment de hussards au 3e corps de l'armée d'Allemagne, et combattit à la tête de ce corps à Wagram les 5 et 6 juillet, à Znaïm le 10 du même mois, devint colonel du 8e régiment de hussards le 10 août, et fut créé baron de l'Empire au mois d'octobre 1810.

Employé au corps d'observation de la Hollande pendant les années 1810 et 1811, il fit la première partie de la campagne de Russie avec le 1er corps de cavalerie. Il s'illustre à Ostrovno, les 25-27 juillet 1812. Il fut nommé général de brigade à Witepsk, le 7 août 1812, en récompense de sa conduite distinguée aux combats d'Ostrowno. Il s'illsutre ensuite à la Moskowa (5-7 septembre 1812).

Domon prend alors le commandement des gardes de Joachim Murat et se bat sous les ordres de ce dernier, à la tête de la cavalerie du royaume de Naples, lors de la campagne de Saxe de 1813.

Maintenu dans son nouveau grade au 1er corps de cavalerie, le général Domon devint dès ce jour, le compagnon et l'ami du roi de Naples, qui obtint de l'Empereur, à son départ de Moscou, le 20 octobre, l'autorisation de prendre Domon à son service avec les titres de lieutenant-général et de capitaine de ses gardes.

Arrivé à Naples au mois de mars 1813, il y fut nommé colonel-général de là cavalerie du royaume, et repartit avec le roi pour aller prendre le commandement d'une brigade de cavalerie légère à la Grande Armée.

Blessé grièvement à la jambe eu passant le Bober à Lœvemberg, le 21 août, action pour laquelle il obtint la croix de commandeur de la Légion d'honneur, il retourna bientôt à Naples avec Murat; mais quand il apprit la défection de ce monarque lorsque celui-ci abandonne Napoléon et son alliance avec l'Autriche, il se hâta de donner sa démission, le 21 janvier 1814, et revint à Paris le 21 mars 1814 où il fut attaché à la vieille garde.

Waterloo et Espagne[modifier | modifier le code]

Chevalier de Saint-Louis le 29 juillet 1814, et en non-activité le 19 août 1814, il fut désigné, à la nouvelle du retour de Napoléon Ier, pour accélérer l'organisation des volontaires royaux; mais il renvoya sa lettre de service en prétextant son incapacité pour mener à bien un semblable travail.

Le 19, un nouvel ordre lui prescrivit de se rendre à Châlons-sur-Marne pour y prendre le commandement de 8 régiments de cavalerie. Arrivé le 21 dans cette place, il y trouva toute la garnison, composée des 12e de ligne et 5e hussards, en pleine défection. Presque tous les officiers nommés par le Roi ayant abandonné leur poste, le général Domon prit le commandement des troupes actives de la 2e division militaire et les porta sur Rethel afin de pourvoir à la défense de cette partie de la frontière.

Pendant les Cent-Jours, Domon se rallie à l'Empereur, commande la 6e puis la 3e division de cavalerie légère, et se bat avec panache à Charleroi, à Ligny. Le 6 avril 1815, il obtint le commandement de la 6e division de cavalerie au 3e corps de l'armée du Nord, et prit part aux combats de Fleurus, de Wavres et de Namur, les 15, 16 et 17 juin 1815.

À la bataille du mont Saint-Jean, le 18 juin 1815, sa division, destinée à se porter en arrière de la droite, pour s'opposer à la marche du corps prussien qui avait échappé à Grouchy, eut à soutenir, après les combats de la journée, le premier choc de Blücher, et s'y couvrit de gloire.

Quand la retraite fut ordonnée, il ramena le reste de son monde en bon ordre sous Paris, passa la Loire en août, et fut envoyé par lé maréchal Macdonald à Montpellier pour y préparer le licenciement de 5 régiments de l'armée du Midi.

Il est confirmé dans son grade de lieutenant général par Louis XVIII et reçoit le commandement de la cavalerie dans le secteur militaire de Tours, mais le 1er octobre 1815, il est mis en non-activité, et il est éloigné de Paris comme suspect, il reçut l'ordre de se rendre à Péronne, où il vécut dans la retraite jusqu'à la fin de 1820.

En 1820, Domon rentre en grâce et devient inspecteur général de la cavalerie, écuyer cavalcadour de Louis XVIII et vicomte.

Les préparatifs de la guerre d'Espagne amenèrent son rappel à l'activité; il fut désigné, le 12 février 1823, pour commander une division de cavalerie au 2e corps de l'armée des Pyrénées, et montra, dans cette campagne, les talents d'un officier de cavalerie expérimenté. Arrivé à Baza le 25 juillet 1823, il marcha contre Ballesteros, qu'il rencontra le 28 aux environs de Montelegiar dans la position d'El-Castillo : ayant su à propos prendre l'ennemi à revers par sa gauche, il seconda parfaitement le mouvement de front opéré par le maréchal Molitor, et fit éprouver à l'ennemi des pertes considérables.

À la fin de la campagne il reçut l'ordre de Saint-Ferdinand le 20 octobre 1823, il quitta Grenade le 28 et rentra en France où le roi le créa vicomte et commandeur de Saint-Louis le 2 novembre. Grand officier de la Légion d'honneur le 29 octobre 1828, il mourut à Paris le 5 juillet 1830. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (16e division)[1].

État de service[modifier | modifier le code]

Décorations, titres, honneurs[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Moiroux 1908, p. 133