Jean Sandherr

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Le colonel Sandherr.

Le colonel Nicolas Jean Robert Conrad Auguste Sandherr, né le 6 juin 1846 à Mulhouse et mort le 24 mai 1897 à Paris (XVIIe arrondissement)[1], est un officier français mêlé à l'Affaire Dreyfus.

Sandherr et l'Affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Fils d'un greffier du tribunal de commerce de Mulhouse, Sandherr est un Alsacien patriote. Officier d'infanterie issu de l'École militaire de Saint-Cyr (promotion d'Oajaca, 1864-1866), il est successivement promu sous-lieutenant de chasseurs à pied en 1866, lieutenant en 1870 et capitaine en 1873. Ce profil à haut potentiel est admis dans la première promotion (1876-1877) des élèves de l'École supérieure de Guerre[2] et en sort breveté d'état-major.

Blessé au combat au début de la Guerre franco-allemande de 1870, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur dès le mois de septembre de la même année.

Servant en Tunisie comme capitaine au 2e régiment de tirailleurs algériens au moment de l'annexion de ce protectorat, le capitaine Sandherr est chargé de classer les tribus tunisiennes selon leur degré d'hostilité à la pénétration française[3].

Nommé chef de bataillon en 1885, il rejoint en qualité de chef-adjoint la « Section de statistique » de l'État-major de l'armée, dénomination anodine sous laquelle se dissimule le service de contre-espionnage militaire français[4]. En 1887, il en prend le commandement. Promu lieutenant-colonel en 1891, il est placé sous les ordres directs du général Gonse lorsque débute l'affaire Dreyfus.

Sandherr est secondé dans ses fonctions par le commandant Henry, officier sorti du rang qui a toute la confiance du général Gonse. En septembre 1894, grâce à une femme de ménage, le contre-espionnage français intercepte une note manuscrite trouvée dans une corbeille à papier de l'ambassade d'Allemagne à Paris. Le document établit que des secrets militaires français sont livrés à l'ennemi. Sandherr réunit une commission d'enquête secrète et, aveuglé par son antisémitisme, se satisfait de l'enquête expéditive qui soupçonne hâtivement le capitaine Alfred Dreyfus d'être le coupable. Très vite, ce dernier est arrêté, jugé et condamné.

Promu colonel le 14 avril 1895, Sandherr quitte ses fonctions le 1er juillet 1895 pour prendre le commandement du 20e régiment d'infanterie à Montauban. Son successeur à la tête de la Section de statistique est le lieutenant-colonel Picquart, qui agira de façon plus efficace et s'engagera en faveur de la réhabilitation de Dreyfus. Le scandale éclate en 1898 lorsqu'il apparait que le dossier d'accusation a été maquillé.

Le colonel Sandherr ne devait pas connaître le dénouement de l'Affaire dont il avait été l'un des initiateurs. Frappé de paralysie générale, il doit quitter le service actif en décembre 1896 et succombe à sa maladie avant que le scandale ne soit venu au grand jour. Il était officier de la Légion d'honneur depuis 1888.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, État-civil numérisé du XVIIe arrondissement, V4E 10178, registre des décès de l’année 1897, acte N°1060, vue 7 de la numérisation. Il meurt à son domicile situé au n°95 de l'avenue Sellier.
  2. Site de l'École supérieure de Guerre.
  3. Gérald Arboit, L'affaire avant l'Affaire ; le discrédit du colonel Vincent, chef de la Section de statistique de l'état-major de l'armée, site du CF2R, note historique éditée le 07-06-2008.
  4. idem.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Charpentier, « Esterhazy a écrit le bordereau sur l'ordre et sous la dictée du colonel Sandherr) », in Les côtés mystérieux de l'affaire Dreyfus, Les Éditions Rieder, Paris, 1937, 355 p. (avec fac-similés)
  • Jean-Marie Schmitt, « Nicolas Jean Robert Conrad Auguste Sandherr », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 32, p. 3367