Jean Rivier

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Jean Rivier

Naissance 21 juillet 1896
Villemomble, Seine (département), Drapeau de la France France
Décès 6 novembre 1987 (à 91 ans)
La Penne-sur-Huveaune, Bouches-du-Rhône, Drapeau de la France France
Lieux de résidence Paris
Activité principale Compositeur
Style Musique classique
Années d'activité 1926-1987
Formation Conservatoire de musique de Paris
Maîtres Jean Gallon, Georges Caussade, Maurice Emmanuel
Enseignement Conservatoire de musique de Paris
Élèves Georges Delerue, Tôn-Thât Tiêt, Antoine Tisné, Michel Decoust, Jean-Marie Londeix, Charles Chaynes
Ascendants Henri Rivier (père)
Famille Jean Peyrissac, Marie Rivier
Récompenses 1er prix en fugue et contrepoint au CNSMDP

Jean Rivier est un compositeur français né le 21 juillet 1896 à Villemomble et mort le 6 novembre 1987 à La Penne-sur-Huveaune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Rivier est le fils du pharmacien Henri Rivier, co-inventeur du papier d'Arménie. Il ne fait pas d'études musicales avant la fin de la Première Guerre mondiale, dans laquelle il est engagé à partir de décembre 1914. En août 1918, il est gazé à l'ypérite, ce qui lui donne ensuite une santé fragile[1].

Jean Rivier, après des études de philosophie, intègre en 1922 le conservatoire de musique de Paris dans les classes de Jean Gallon (harmonie), Georges Caussade (fugue et contrepoint) et Maurice Emmanuel (histoire de la musique), étudiant également le piano avec Paul Braud (un élève de César Franck[2]) et le violoncelle avec Paul Bazelaire[1]. En 1926, il y obtient le 1er prix de fugue et contrepoint, (écriture musicale) la même année qu'Olivier Messiaen.

A cette même période, mais plus agé, un compositeur Paul Rivier exerce à Lyon, dans des styles autres, il est proche des Revues Parisiennes. La SACEM, Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de musiques rue Chaptal à Paris, doit différencier les oeuvres déposées par Paul , ce pianiste expert de Lyon, qui créa de nombreux titres d'opérettes ou du music-hall et travailla avec l'O.R.T.F., antenne régionale de radio située cours Gambetta à Lyon, de celles de Jean totalement différentes.

De 1936 à 1940, avec Pierre-Octave Ferroud et Henry Barraud, Jean prend une part active au groupe du Triton[1] qui tente de réconcilier les différentes tendances de la musique française du XXe siècle.

À partir de 1947 il est professeur de composition, d'abord en alternance avec Darius Milhaud, titulaire de la classe et auquel il succède pour enseigner à temps plein de 1962 à 1966[1]. Influencé par Ravel, Roussel, Prokofief et Jolivet, il a écrit huit symphonies (sept de 1932 à 1961 et la dernière en 1978), quatre quatuors à cordes, une dizaine de concertos, un requiem (1953). En 1971, il a reçu le grand prix musical de la Ville de Paris.

Il a été le professeur de Charles Chaynes[3], Georges Delerue, Xavier Darasse et Gareth Walters.

Style[modifier | modifier le code]

N'adhérant pas aux courants majoritaires de son époque (tel que le sérialisme), Jean Rivier a un style de musique principalement tonale, proche du romantisme[1] et « plaçant l'expression musicale avant toute recherche abstraite de langage »[1].

Ses compositions témoignent néanmoins d'une forte imagination et peuvent être, à l'instar de son contemporain Dimitri Chostakovitch, empreinte d'humour (comme dans Vénitienne, ou dans le sarcastique final de son Concerto de Saxophone)[1], ou au contraire faire preuve d'un « dépouillement le plus convaincant (Heureux ceux qui sont morts...) »[1], ou encore, comme l'indiquera le musicologie Antoine Goléa, « donner une splendide incarnation musicale aux expériences spirituelles que les situations extrêmes, le danger permanent de la mort, permettent de connaître et d'approfondir », notamment dans son Requiem de 1953 et dans son Christus Rex de 1967[4].

Le critique musical Bernard Gavoty et le compositeur Daniel-Lesur écriront que « en tant que musicien [compositeur], c'est un constructeur. Fuir à la fois le conventionnel et le sensationnel, tel semble être le parti auquel s'est arrêté Rivier »[5].

Décès[modifier | modifier le code]

Si à ses obsèques fut remarquée la présence de quelques-uns de ses anciens élèves comme Monic Cecconi, Tôn-Thât Tiêt, Antoine Tisné, Thérèse Brenet, Michel Decoust, Jean-Marie Londeix et Jean-Paul Holstein, cet important compositeur, dont l'illustre virtuose Marcel Mule interpréta souvent les pièces, mourut dans l'indifférence et en l'absence de toute manifestation officielle. On notera toutefois que le conservatoire de musique de sa ville natale, Villemomble porte son nom ainsi qu'une impasse, à Saint-Germain-de-Marencennes.

Catalogue des œuvres[modifier | modifier le code]

Symphonies[modifier | modifier le code]

  • Symphonie nº 1 (création à Paris, le 29 janvier 1933)
  • Symphonie nº 2 en ut majeur pour orchestre à cordes (1937)
  • Symphonie nº 3 en sol majeur pour orchestre à cordes (1937, création à Paris, le 25 novembre 1940)
  • Symphonie nº 4 en si bémol majeur pour orchestre à cordes (1947)
  • Symphonie nº 5 en la mineur (1950, création à Strasbourg, le 24 juin 1951)
  • Symphonie nº 6 en mi mineur "Les Présages" (1958, création à Paris, le 11 décembre 1958)
  • Symphonie nº 7 en fa majeur "Les Contrastes" (1971)
  • Symphonie nº 8 pour orchestre à cordes (1978)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Contrebasse
    • Pièce en Ré
  • Flûte
    • Virevoltes (1972)
  • Piano
    • Trois pointes sèches (1952)
    • Stridences (1956)
    • Quatre fantasmes (1967)
  • Deux pianos
    • Concerto nº 1 en ut (1940)
    • Concerto breve (1953)
    • Quatre séquences dialoguées (1973)
  • Alto et piano
    • Doloroso et giocoso (1969)
  • Flûte et piano
    • Concerto pour flûte (1956)
  • Flûte et clarinette
    • Duo pour flûte et clarinette (1968)
  • trompette et piano
    • Concerto pour trompette (1970)
  • Trois instruments
    • Concerto pour saxophone, alto et trompette (1954)
  • Quatre instruments
    • Grave et presto, pour 4 saxophones (1972)
  • Cinq instruments
    • Capriccio (1972)

Œuvres destinées à la formation des jeunes instrumentistes[modifier | modifier le code]

  • Piano
    • Le petit gondolier (1951)
  • Violon et piano
    • Espagnole (1951)
  • Flûte et piano
    • Comme une tendre berceuse (1984)
  • Clarinette et Piano
    • Trois mouvements (1985)

Orchestre à cordes[modifier | modifier le code]

  • Triades (1967)

Musique concertante[modifier | modifier le code]

  • Alto
    • Concerto pour alto (1935)
  • Basson
    • Concerto pour basson (1963)
  • Clarinette
    • Concerto pour clarinette (1958)
  • Cuivres et timbales
    • Concerto pour cuivres et timbales (1963)
  • Flûte
    • Concerto pour flûte (1956)
    • Concerto pour flûte, version pour orchestre d’harmonie (1956)
  • Hautbois
    • Concerto pour hautbois (1966)
  • Piano
    • Concerto nº 1 et ut (1940)
    • Concerto brève pour piano et cordes (1953)
  • Saxophone et trompette
    • Concerto pour saxophone alto et trompette (1954)
    • Concerto pour saxophone alto et trompette, version pour orchestre d’harmonie (1954)
  • Trompette
    • Concerto pour trompette (1970)
  • Violon
    • Concerto pour violon (1942)
  • Violoncelle
    • Rhapsodie pour violoncelle et orchestre (1927)

Musique vocale[modifier | modifier le code]

Concerts en ligne sur ina.fr[modifier | modifier le code]

  • Concert donné par l'Orchestre de chambre de l'ORTF le 8 décembre 1972, dirigé par Daniel Chabrun

- Symphonie n° 3 en sol pour orchestre à cordes de Jean Rivier (22 min 20 s)

Généalogie et Famille[modifier | modifier le code]

  • Jean Rivier est un descendant d'un des frères de la Bienheureuse Mère Marie Rivier.
  • Son père, Henri Rivier, pharmacien, s'est associé à la fin du XIXe siècle à Auguste Ponsot pour créer le papier d'Arménie. L'entreprise est dirigée aujourd'hui par l'arrière-petite-fille du fondateur.
  • Il est le beau-frère de l'artiste plasticien Jean Peyrissac.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Concerto pour Saxophone Alto, Trompette et Orchestre. Dans "Concertos pour Saxophones Français", Naxos 8.225127
  • Concerto pour Saxophone Alto, Trompette et Cordes. Dans "Concertos pour Saxophone Virtuoses" (Virtuose Saxophonkonzerte), Koch Schwann
  • Oiseaux tendres. Dans "WIESLER, Manuela: Musique pour Flute" Naxos BIS-CD-689
  • Symphonies n° 3 en sol, n° 4 en si♭ et n° 8 (toutes pour cordes), Orchestre de Chambre Calmel. Sous la direction de Bernard Calmel. Disque Pavane CD ADW 7328 (1994)
  • Symphonie nº3, Orchestre Jean-François Paillard sous la direction de Jean-François Paillard. Disque (vinyle) Erato OS-2672-RE
  • Jean Rivier: Symphonies Nos. 3 & 5, Georges Tzipine, Orchestre national de la Radiodiffusion française, enregistrement de 1959, BnF Collection, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Jean-Marie LONDEIX, « Biographie de Jean Rivier », Le Saxophone, Association des Saxophonistes de France, no 32,‎ avril 1988 (lire en ligne)
  2. Allegro appassionato,Jean Wiéner, Fayard, 10 oct. 2012 - 340 pages
  3. « Charles Chaynes », sur IRCAM,‎ 1999 (consulté le 17 août 2014).
  4. Antoine Goléa, La Musique..., Leduc, 1977, cité par Jean-Marie LONDEIX.
  5. Bernard Gavoty et Daniel Lesur Pour ou contre la musique moderne ?, Flammarion, 1957, cité par Jean-Marie LONDEIX.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Grand Larousse Universel 14 volumes Larousse Diffusion 1989.
  • Dictionnaire de 200 compositeurs pour saxophone, in Sax, Mule & Co, Jean-Pierre Thiollet, H & D, 2004, p. 169-170.
  • Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionnary of Musicians »], t. 3 : P-Z, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1995 (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4728 p. (ISBN 2-221-07778-4), p. 3452

Liens externes[modifier | modifier le code]