Jean Prat (linguiste)

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Jean Prat (Tarbes, le 9 novembre 1868 - Langonnet, le 12 janvier 1952) est un missionnaire spiritain. Il a laissé un souvenir d'une vie catholique exemplaire, mais également une thèse linguistique sur les langues bantoues.

Biographie[1][modifier | modifier le code]

Son père était cultivateur et dirigeait une exploitation de quelque importance. Après ses études au petit séminaire diocésain de Saint-Pé, il fit la majeure partie de sa philosophie et de sa théologie au grand séminaire diocésain où il fut ordonné sous-diacre. Il demande son entrée dans la Congrégation en juin 1894. Ordonné prêtre à la Maison Mère, sur dimissoires de l'évêque de Tarbes, le 22 décembre 1894, il fit profession, le 6 octobre 1895, après avoir achevé l'année canonique du noviciat.

Il fut désigné pour l'Oubangui et passa successivement, de janvier 1896 à juin 1901, à Brazzaville où il eut à s'occuper de I'œuvre des enfants et eut l'initiative de placer les premiers catéchistes dans les villages voisins ; de juin 1901 à septembre 1902, à Notre-Dame de Lékéti de septembre 1902 à avril 1918, à Saint-François-Xavier de Boundji d'avril 1918 à octobre 1922, de nouveau à Notre-Dame de Lékéti puis à Boundji. À la fin de 1932, il est à Mindouli "sur sa demande", fait-il observer. En 1936, on le retrouve à Kibouendé.

À son retour, en 1937, on lui assigna pour résidence l'Abbaye de Langonnet. De là, il rendit visite à sa famille et la guerre le surprit à Tarbes. Il resta donc parmi les siens jusqu'à ce que les communications fussent rétablies entre le Sud et le Nord. Il fut heureux de se reposer enfin dans la solitude. Il ne vivait plus que pour lui-même et pour Dieu. Il mourut le 12 janvier 1952 : il avait 83 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Jean Prat laisse un livre dans lequel il essaie de prouver que les langues bantoues sont parentes au latin - il invente le terme langue nitale. Le principe de sa théorie est que les langues bantoues ne prennent que les consonnes à la langue latine et leur adjoignent les voyelles qu'elles veulent. Il prouve ainsi que le swahili mama vient du latin ma(ter) et le mot pour mère en langue fang, nya, viendrait du latin (ge)ni(trix). L'originalité de cette théorie valait à Jean Prat une mention dans l'encyclopédie Les Fous littéraires d'André Blavier[2].

  • Jean Prat, Les Langues nitales : d'où viennent les langues préfixales dites langues bantoues ? Elles viennent de la langue latine., Les Éditions pyrénéennes, 1941

Références[modifier | modifier le code]

  1. Père Cabon, obituaire du P. Jean Prat (1952)
  2. André Blavier, Les Fous littéraires, Paris, Veyrier, 1982 ; réédition : Paris, Édition des Cendres, 2000, p. 225.