Jean Massard

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Jean Massard

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Nom de naissance Jean Baptiste Raphaël Urbain Massard
Naissance 22 août 1740
Bellême
Décès 16 mars 1822
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Graveur
Maîtres Johann Georg Wille

Jean Baptiste Raphaël Urbain Massard, né à Bellême le 22 août 1740 et mort à Paris le 16 mars 1822, est un graveur français.

Fils d’un cultivateur, Massard vint à Paris à seize ans pour se placer dans le commerce et entre chez un libraire. Le métier lui aurait peut-être convenu s’il n’avait eu du goût pour le dessin. S’essayant, dans ses loisirs et même souvent la nuit, à copier les gravures qu’il avait sous la main, il tirait de ces planches quelque argent. Il se présenta comme élève chez son compatriote, le graveur Noël Le Mire, lui offrant dix années de son temps pour lui payer son apprentissage. Ayant essuyé un refus, il se remit au travail. Enfin, alors qu’il avait atteint vingt-cinq ans, Greuze, auquel il porta ses dessins, l’encouragea et lui donna des conseils. Son but était atteint.

Il grava bientôt les œuvres de son maître qui avait la vogue, et se fit un nom. Sa planche la meilleure est la Mort de Socrate d’après David. On lui doit entre autres travaux Charles Ier et sa famille, d’après Van Dyck ; les portraits de Louis XVI, de Marie-Antoinette, du comte d'Artois ; des vignettes pour les Métamorphoses d’Ovide et les œuvres de Racine, des scènes de genre, des sujets religieux d’après les artistes italiens, une œuvre importante et féconde, où domine, à défaut peut-être de souplesse et d’ampleur, un heureux emploi du burin, une connaissance parfaite de la gravure et une exactitude scrupuleuse qui lui valurent sa réception à l’Académie royale en 1785.

Cette ténacité et cette volonté du bien, Jean Massard l’avait manifestée dès sa jeunesse. Dans une maison retirée, il traversa la Révolution sans encombre, grâce à une énergie peu commune, poussant jusqu’à la plus extrême limite le sentiment de son devoir, donnant à tout instant des preuves admirables de dévouement et d’oubli de soi-même. Et pourtant, il avait lieu d’être prudent. Sollicité par une dame de sa connaissance de demander pour son mari une place dans le gouvernement, Massard avait fait les démarches nécessaires et ces démarches avaient attiré des soupçons. Bientôt, accusé de comploter avec les ennemis de Robespierre, il fut saisi et mis en prison avec les siens. Deux ou trois jours après il était devant le tribunal et il allait être condamné, lorsqu’un des membres qui le connaissait pour lui avoir emprunté une somme considérable jamais rendue, déclara qu’il est incapable d’entrer dans aucune conspiration, et il fut mis en liberté. Dès lors, sa petite maison fut l’asile des suspects. Au fond de la cour, un pavillon fut transformé en chapelle où, chaque dimanche, on assistait à la messe. Un prêtre, nommé Oranger, s’étant réfugié chez lui, il l’accueillit et le garda jusqu’à l’arrivée du Premier Consul en le faisant passer pour un de ses élèves.

Massard, veuf de Marguerite Benoit, mourut d’une chute. Avec moins de réputation son fils Jean Baptiste Raphael Urbain Massard (1775-1843) et son petit-fils, Jean-Marie-Raphael-Léopold Massard (1812-1889) ont suivi la même voie et laissé des œuvres appréciées.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, t. 26, Alençon, Imprimerie alençonnaise, 1907, p. 133-5.