Jean Louis de Viefville des Essarts

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Jean Louis de Viefville des Essarts

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Portrait de Jean Louis de Viefville des Essarts

Naissance 29 février 1744
Malzy
Décès 13 décembre 1820 (à 76 ans)
Guise
Nationalité Flag of France.svg française
Profession Avocat au Parlement de Paris
Conservateur des Eaux et Forêts
Autres activités
Maire de Guise

Jean Louis de Viefville des Essarts, baron de Viefville, est né à Malzy le 29 février 1744, décédé à Guise le 13 décembre 1820.

Occupant des fonctions importantes dans l'Élection de Guise, avocat au Parlement de Paris, Jean Louis de Viefville des Essarts est élu député du tiers état aux États généraux de 1789. C'est un parlementaire très actif, qui est à la fois antiesclavagiste et fidèle au roi et à la constitution. Sous l'Empire, il est président du Conseil général de l'Aisne, maire de Guise et élu deux fois sénateur de l'Aisne.[réf. nécessaire]

Sa famille[modifier | modifier le code]

Blason des Viefville

Jean Louis de Viefville des Essarts est le fils de Pierre de Viefville (1713-1778) et de Marie Marguerite Carlier (1716-1778), de Monceau. Son père, laboureur à Malzy est maire de Guise.

Écartelé : aux 1 & 4, d'azur, à la palme d’argent posée en pal, accostée de 2 clefs d'argent, le tout soutenu de 3 coquilles d'or, rangées en fasce ; au 2, du quartiers des Barons Membres du Collège électoral ; au 3 de sinople à 3 besants d'argent, 3, 2 et 1.[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française (1744-1789)[modifier | modifier le code]

Jean Louis de Viefville fait des études de droit. Il est avocat au Parlement de Paris et exerce, à Guise, les fonctions de procureur fiscal aux eaux et forêts et de Président du canton. Dès 1773, il est Subdélégué de l'Intendance du Soissonnais, à Guise[réf. à confirmer][réf. incomplète][2].

En octobre 1787, il est membre de l'Assemblée provinciale du Soissonnais, où il représente le tiers état[3]. Il est aussi maire de Guise et se charge du bureau des travaux publics[réf. incomplète][4]. L'élection de Guise manque de chemins vicinaux et d'un canal joignant l'Oise à la Sambre. Le pays est pauvre et les représentants ne peuvent faire face aux dépenses.

Jean Louis de Viefville des Essarts épouse Denise Françoise Suzanne Charlotte des Forges des Essarts (1755-1844), issue d'une famille de Guise, anoblie pour sa belle conduite, lors du siège de la ville, en 1650[réf. à confirmer][réf. incomplète][2].

Pendant la Révolution française[modifier | modifier le code]

Un député très actif[modifier | modifier le code]

Le 21 mars 1789, dans la Généralité de Soissons, Jean Louis de Viefville des Essarts est élu deuxième député du tiers état au Bailliage du Vermandois, à Laon, et siège aux États généraux de 1789, à Versailles. Sa nomination ne pose ni difficultés, ni oppositions.[réf. nécessaire]

Viefville des Essarts va siéger du côté gauche de l'Assemblée constituante. Il prend part aux travaux du comité féodal.[réf. nécessaire]

Des opinions contrastées[modifier | modifier le code]

Viefville des Essarts évalue à 800 millions le remboursement des offices de judicature et sans penser aux idées de la majorité des parlementaires il se bat contre sa suppression et demande que juste ce vieil édifice soit réformé[réf. incomplète][5]. Il sait que par cette réforme tous les magistrats vont être ruinés, car ils ne seront jamais remboursés du fait du Trésor ruiné[réf. à confirmer][réf. incomplète][6].

On a de lui également ses opinions sur la gabelle : une motion de M. de Viefville des Essarts du 16 septembre 1789. Il trouve cet impôt révoltant et désastreux. Il rappelle qu'il est le plus odieux au peuple et nécessite le financement d'une armée de près de 60 000 hommes. Du fait de la gabelle des personnes sont régulièrement fouillées et des domiciles perquisitionnés. Du fait d'un acte de malveillance, une poignée de sel mise dans un local vous appartenant un homme peut être jeté en prison. Il propose un échange un impôt réparti équitablement sur tous les contribuables privilégiés[7].

Le Décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation[modifier | modifier le code]

Jean Louis de Viefville des Essarts s'oppose, le 23 octobre 1789 au Décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation, qu'il appelle « l'invasion », qui signifierait qu'« il n'y plus rien de sacré ». Jean Louis de Viefville des Essarts pense que les « étrangers et les capitalistes » vont s'emparer d'une partie de ces biens et pressurer les cultivateurs. Pour le reste des terres de l'Église, il explique aussi que les grosses fermes gérées par l'Église sont plus productives que les petites propriétés, d'où une baisse assurée de la production nationale. Il prévient les députés que la vente des biens du clergé signifiera la fin du statut social des prêtres et le commencement des « malheurs de l'anarchie ».[réf. nécessaire]

Très soucieux, du fait des fonctions de son père et les siennes au sein de l'administration des eaux et forêts, du sort « des grandes et superbes forêts », il les voit « détruites et dévastées ». Jean Louis de Viefville des Essarts demande à ses collègues de réfléchir aux conséquences de la vente de 4 à 5 000 domaines importants sur la valeur des autres propriétés dans une France, où « le numéraire est rare ». Son dernier argument est de rappeler le rôle de l'Église envers les pauvres. Toutefois, s'il demande que le clergé reste propriétaire de ses biens, il préconise qu'ils soient très fortement imposés[8].

La marine[modifier | modifier le code]

Le 14 janvier 1791, il propose des idées sur l'organisation de la marine : Idées sur l'organisation de la marine, et sur les changements & réformes dont elle est susceptible dans différentes parties[9]. Il critique le nombre excessif d'officiers généraux, demande que le nombre de vaisseaux soit ramené à 60, mais prêt à combattre. Le nombre d'amiraux et chefs d'escadre est de 62, soit selon lui 38 de trop et bien trop payés quand ils sont en mer. Il demande à ce que les patrons de barques deviennent et autres officiers de la marine marchande deviennent officiers. Il préconise aussi la réduction du nombre d'officiers de port, des gouverneurs dans les colonies, et du corps de la plume, créé par Colbert. « Les Anglais avec une marine plus considérable ont un nombre moins considérable d'agents administratifs et ils suffisent ». Pour les consuls à l'étranger, il voit des négociants payés 2 000 livres remplacer les diplomates payés 20 000 livres. Il préconise aussi de retirer leurs titres de consuls à certains de nos ambassadeurs. Il propose de supprimer le port de Rochefort. Il précise que la France dépense 46 millions et les Anglais 56 millions. Mais leur marine compte 3 fois plus de navires et deux fois plus de marins.[réf. nécessaire]

L'esclavage[modifier | modifier le code]

Le 11 mai 1791, Viefville des Essarts fait un discours et dépose une proposition de loi demandant l'affranchissement des esclaves et supprimant la traite[10].

Aimé Césaire remarquera que seul le député Viefville des Essarts à la Constituante a de front posé le problème de l'esclavage par un plan d'abolition graduelle[11].

Sa fidélité au roi et à la Constitution[modifier | modifier le code]

Jacques Mallet du Pan dans le numéro du Mercure de France, du 8 octobre 1791, le compte parmi les députés qui « ont su maintenir la liberté de leurs idées ». Le Spectateur national, du 8 juillet 1791, indique que lui et Antoine-François Delandine sont les seuls députés de la gauche de l'Assemblée à avoir conservées ses idées là[réf. incomplète][6].

« Après Varennes, il est le premier qui dans un écrit distribué à tous ses collègues réclame le respect des principes constitutionnels, la liberté de la famille royale et le maintien des droits du monarque. Rentre-t-il ensuite dans la vie privée la sagesse et le courage ne l'y abandonnent pas. Du fond de sa province, il élève la voix en faveur de l'infortuné Louis XVI et dans une pétition adressée dès le 10 décembre 1792, au président de la Convention, il établit l'incompétence du jugement qui se prépare il prédit quelle tache éternelle doit en rejaillir sur ceux qui oseront le rendre. Il n'y a plus de sûreté pour lui quand le règne de la terreur arrive. Il est arrêté, incarcéré, traduit même au tribunal révolutionnaire. À la vérité c'est un autre individu qu'on appelle au supplice Mais qu'importe alors une méprise. Tous les captifs ne sont-ils pas coupables et l'affreux tribunal lâche-t'il jamais sa proie. Cette fois pourtant et le trait est peut être unique l'évidence du quiproquo suspend l'inévitable arrêt. Viefville est replongé dans sa prison et il y attend chaque jour que la fatale charrette vienne l'y reprendre quand le 9 thermidor fait tomber ses fers[12] ».

Jean Louis de Viefville des Essarts a été effectivement arrêté à Guise, emprisonné à Laon et transféré deux mois avant le 9 thermidor à la prison du Luxembourg[réf. incomplète][6]. Durant cette période, Viefville des Essarts et Desmoulins sont dans des camps opposés.

Du 9 thermidor au Premier Empire[modifier | modifier le code]

Jean Louis de Viefville des Essarts retrouve à sa sortie de prison ses anciennes fonctions forestières en Picardie. Il décide de se tenir à l'écart des discussions politiques.

Mais, la journée du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) amène sa destitution et il doit à ses amis la révocation d'un ordre d'arrestation et de déportation à Cayenne[réf. incomplète][13]. Viefville des Essarts a blâmé l'arrestation de Pichegru, Ramel, du directeur Barthélémy et les mesures qui frappent aussi bien les royalistes et les jacobins[réf. incomplète][6].

Sous le Premier Empire (1804-1815)[modifier | modifier le code]

Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) lui permet de rentrer dans l'administration dont il avait été éloigné. Il est nommé successivement maire de Guise, en 1800, Conservateur des Eaux et Forêts, membre du Conseil général de l'Aisne, qu'il va présider pendant douze ans, président de canton[réf. incomplète][13].

Jean Louis de Viefville des Essarts est par deux fois désigné par le collège électoral comme sénateur au Sénat conservateur. Il est fait baron de l'Empire, le 25 février 1813.

Un décret impérial du 5 mai 1813 l'appelle à la fonction de directeur des forêts du département des Bouches-du-Weser[réf. incomplète][6].

Sous la Restauration (1814-1820)[modifier | modifier le code]

Le retour de la famille royale semblait devoir assurer au courageux défenseur de Louis XVI de France, au proscrit de la Terreur de 1793, une continuation des faveurs du pouvoir, mais c'est le contraire qui se passe. Son fils aîné se voit arrêté dans sa carrière. L'administration des eaux et forêts de la 27e division que Jean Louis de Viefville des Essarts avait dirigé avec autant de succès que de désintéressement pendant 17 ans lui est enlevée et son fils ne lui succède pas[réf. incomplète][14].

Néanmoins Louis XVIII confirme son titre de baron, le 29 juillet 1818. Il est définitivement anobli par lettres du 27 février 1819[réf. incomplète][15].

Jean Louis de Viefville des Essarts meurt à Guise, d'une crise de paralysie[16], le 13 décembre 1820, et est inhumé dans le cimetière de Malzy.

Le maire de Malzy fera en 2005 fabriquer une plaque en bronze avec le portrait du baron Jean Louis de Viefville des Essarts, enfant de Malzy.

Sa descendance[modifier | modifier le code]

Denise Françoise Suzanne Charlotte des Forges des Essarts décèdera 24 ans plus tard, le 5 novembre 1844, à Guise.

Jean Louis de Viefville des Essarts et Denise Françoise Suzanne Charlotte des Forges des Essarts ont eu trois fils :

  • Le baron Jean-Louis-Rieul de Viefville des Essarts, auditeur auprès du ministre et la section de l'intérieur le 12 février 1809, auditeur en service ordinaire près le ministre et la section de l'intérieur en 1810, Auditeur en service extraordinaire et sous-préfet de l'arrondissement d'Orange en 1811 et 1812, Auditeur de première classe, préfet du Sègre, à partir de juin 1812, préfet de la Mayenne en novembre 1813, remplacé en juin 1814, préfet pendant les Cent-Jours, il est disgracié par la Restauration et ne retrouve un poste de préfet en Côte d'Or qu'en 1830-1831[17].
  • Denis Louis de Viefville des Essarts (1783-1841), inspecteur des Eaux et Forêts du 26e arrondissement, juge au tribunal de Saint-Quentin.
  • François Georges Frédéric Auguste de Viefville des Essarts
  • Félicité Louise Suzanne de Viefville des Essarts, mariée à Robert du Chatelet[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : HéraldiqueGenWeb sur www.francegenweb.org
  2. a et b Bailliage du Vermandois : élections des États généraux de 1789, procès-verbaux, doléances, cahiers et documents divers / publiés par la Société académique de Laon ; précédés d'une introd. et suivis de notes biographiques par Édouard Fleury, p. 453.
  3. Spossonnais - procès-verbal des séances de l’Assemblée provinciale du Soissonnois tenue à Soissons en 1787. Soissons, impr. L.F. Waroquier, 1788. With 3 folding tables. 543, xxiv p. 4to. Modern cloth.
  4. Pécheur, Louis-Victor, Histoire de la ville... p. 210
  5. Courrier de Provence, publié par Étienne Dumont, p. 208.
  6. a, b, c, d et e Bailliage du Vermandois : élections des États généraux de 1789, procès-verbaux, doléances, cahiers et documents divers / publiés par la Société académique de Laon ; précédés d'une introd. et suivis de notes biographiques par Édouard Fleury, p. 453 et suivantes.
  7. Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tome IX, Du 16 septembre 1789 au 11 novembre 1789, p. 15 et suivantes.
  8. Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tome IX, Du 16 septembre 1789 au 11 novembre 1789, p. 513 et suivantes.
  9. sur gallica, par M. Viefville
  10. Discours et projet de loi pour l’affranchissement des nègres ou l’adoucissement de leur régime et réponses aux objections des colons, par M. de Viefville des Essarts, député du Vermondois.; Les questions et objections.
  11. L'émancipation des Noirs dans la Révolution française 1789-1795, par Jean-Daniel Piquet, p. 81. reproduction du plan d'affranchissement des Noirs par Aimé Césaire, Toussaint-Louverture, La Révolution française et le problème colonial,Paris, présence africaine 1961 et réimpression, 1981, p.172-181.
  12. Manuel historique du département de l'Aisne, par Jacques François L. Devisme, p. 394.
  13. a et b Biographie nouvelle des Contemporains, par Étienne de Jouy, Antoine Vincent Arnault, Antoine Jay, Norvins, p. 441.
  14. Biographie nouvelle des Contemporains, par Étienne de Jouy, Antoine Vincent Arnault, Antoine Jay, Norvins, p.442.
  15. a et b Gustave Chaix-d'Est-Ange, Dictionnaire des familles anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 17, p. 307.
  16. Ou d'un accident vasculaire cérébral suivant une autre biographie.
  17. Dossier AN : F1bI 176/11 et Fondation Napoléon

colonne 2 note 11 : Aimé Césaire dans, Toussaint-Louverture, publie le plan détaillé p. 172-181.

Liens externes[modifier | modifier le code]