Jean Leymarie (historien d'art)

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Jean Leymarie (1967)

Jean Leymarie (17 juillet 19199 mars 2006) est un historien d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Jean Lucien Xavier » Leymarie, décédé à Paris le 9 mars 2006, à 86 ans, était né le 17 juillet 1919 à Gagnac, plus précisément au hameau de Felzines, où ses grands-parents exploitaient une ferme. Après l’école primaire, à Gagnac, où il se distinguait, puis un an d’école primaire supérieure à Saint-Céré, il était envoyé au lycée de Cahors, sur recommandation d’un inspecteur qui l’avait remarqué. Ce fut là aussi un élève brillant, présenté en 1937 au Concours général à la fois en grec et en histoire - géographie.

Ensuite, c’était la guerre, le service militaire qu’il accomplissait en partie au Maroc, puis, de retour « au pays », en même temps la préparation d’une licence de lettres (sans pouvoir suivre de cours) et… la Résistance. C’est là que se nouait son avenir. La plupart des trésors du musée du Louvre (dont La Joconde…) avaient été mis en sécurité à Vayrac, Bétaille et aux châteaux de La Treyne et Montal. Là se trouvait René Huyghe, conservateur du Louvre. L’ayant rencontré par un heureux concours de circonstances, Jean Leymarie lui offrait de participer à la garde de ces œuvres d’art. Proposition acceptée ! Voilà notre petit paysan gagnacois, lui qui n’avait jamais visité le Louvre, engagé comme gardien, ou plutôt comme « intellectuel chômeur ».

Par la même occasion, il était le professeur de grec de la fille du romancier André Chamson, conservateur du musée de Versailles installé, lui, à La Treyne. Devenue l’écrivain Frédérique Hébrard, elle évoque avec humour, dans son roman autobiographique « La chambre de Goethe », son premier contact avec ce jeune homme « méritant, résistant, savant et jeune marié ».

Paris étant libéré, Jean Leymarie raccompagne les trésors qu’il avait contribué à sauver au Louvre, où il est nommé assistant. Les responsabilités ne tardent pas à lui échoir, en même temps que la possibilité de montrer toutes ses qualités. On lui confie en 1950 (à 31 ans) la direction du musée de Grenoble, où il reste jusqu’en 1955.

Il consacre ensuite une longue période à l’enseignement, comme professeur d’histoire de l’art aux universités de Lausanne et Genève, tout en publiant les premiers d’une longue série d’ouvrages qu’il consacrera à des écoles de peinture (Les impressionnistes, la peinture hollandaise, le fauvisme…), à des peintres (Monet, Manet, Gauguin, Van Gogh, Picasso, etc.), ou encore à la couturière Chanel. Mais il revient en 1969 à sa première vocation. Appelé à diriger le musée national d’art moderne de Paris, au Palais de Tokyo, il prépare son transfert au Centre Pompidou alors en projet. A l’ouverture de celui-ci, il est nommé directeur des études à l’École du Louvre… qu’il avait fréquentée un an étant jeune, sans trop en goûter l’enseignement ! En même temps, il organise de nombreuses expositions pour faire connaître des peintres de la première moitié du XXe siècle.

Enfin, il est nommé en 1978 directeur de l’Académie de France à Rome. A sa tête, Jean Leymarie succède au peintre Balthus, avec lequel il conserve des liens très étroits, et auquel il consacre un bel ouvrage (éd. Skira). Il y reste jusqu’à sa retraite, en 1984. Mais il continue bien au-delà à œuvrer pour faire partager sa vision amicale, sensible de la peinture, en rapport suivi avec des artistes qui, disait-il, lui ont appris à voir.

Au milieu de cette activité foisonnante, il reste attaché à ses racines. Il avait insisté pour être inhumé à Gagnac, dans le vieux cimetière ombragé par un if plus que centenaire. Il y repose, près des siens.

Source : "Gagnac, brins d'histoire" - Le CEP (Mairie de Gagnac), 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

  • Renoir, 1978
  • Picasso, La monographie 1881-1973
  • Le Fauvisme, 1987
  • La campagne de Corot
  • Balthus
  • L'Aquarelle
  • Geneviève Asse, coécrit avec Sylvia Baron
  • Tal Coat, 1992
  • Jean Leymarie, Dessins impressionnistes : de Manet a Renoir, Genève, Skira,‎ 1985 (1re éd. 1969) (ISBN 2605000478).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]