Jean Ier de Liechtenstein

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Jean Ier de Liechtenstein
Portrait par Johann Baptist Lampi (1816).

Jean Ier, prince de Liechtenstein (-) était le fils du prince François-Joseph Ier de Liechtenstein et de la princesse Léopoldine de Sternberg (1733-1809). Il officia en tant que général de l’armée autrichienne, et participa notamment à la bataille d’Austerlitz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières armes[modifier | modifier le code]

Dès sa jeunesse, il est attiré par l'armée et c'est un ami de la famille, le maréchal Lach, qui s'occupe et surveille personnellement sa formation militaire. À 22 ans, il entre comme lieutenant dans le régiment de cuirassiers Anspach. Après avoir obtenu les grades de Rittmeister, en 1783, de Major, en 1787, dans le régiment de dragons Harrach, il lui est donné d'affronter l'ennemi pour la première fois en 1788, durant la guerre contre les Turcs.

La guerre austro-turque (1788-1791)[modifier | modifier le code]

À peine arrivé entre Temlin et Belgrade, il démontre, dans de nombreux combats avec les avant-postes turcs, une telle assurance qu'il est bientôt promu lieutenant-colonel au régiment de chevau-légers Kinsky. Mais c'est à Czettin, dont les Turcs tentent en vain de s'emparer, qu'il gagne la croix de Chevalier de l'Ordre de Marie-Thérèse. Le 20 juillet 1790, il est, avec Gyulay, le premier à franchir les murs de la place. Peu après, il prend le commandement de son régiment.

Les guerres révolutionnaires (1789-1797)[modifier | modifier le code]

Durant les guerres de la Révolution, en 1789-1790, et 1792-1797, il continue de se faire remarquer par sa bravoure et semer la déroute parmi les cavaliers adverses.

Le 12 septembre 1793, à Avesnes-le-Sec, près de Cambrai, il résiste, malgré une infériorité numérique flagrante et force même l'infanterie adverse à former le carré, que la fougue des cavaliers de Liechtenstein (le général Bellegarde est également présent ainsi que deux escadrons du Royal-Allemand) brise pourtant. La journée rapporte 5 drapeaux, 70 chevaux, 20 canons, 3 000 fusils, tout le train, 2 000 prisonniers en plus des 2 000 tués chez l'ennemi. Le 29 septembre 1793, il est à Saint-Rémy Malbatie sur la Sambre, près de Maubeuge : il emporte les défenses à la tête d'un division de son régiment. Le 24 mai 1794, à Erquelinnes, il poursuit victorieusement les Français échappés des fortifications (les Français essayent à cette époque de s'avancer au nord de la Sambre). Le 12 juin, Liechtenstein est nommé Général-Major.

En 1796, il peut de nouveau donner des preuves de ses talents. Le 24 août, il est à Amberg, les 1eret 3 septembre à Wurtzbourg, où il met les fantassins français en déroute, malgré les efforts de Jourdan. L'archiduc Charles le serre dans ses bras sur le champ de bataille. Sa conduite durant la campagne de 1796 lui vaut, le 26 septembre, la croix de Commandant dans l'Ordre de Marie-Thérèse.

Campagne d'Italie[modifier | modifier le code]

En 1799, il est en Italie, et participe victorieusement[1] à la bataille de la Trebbia, les 17-19 juin. Il s'y distingue en repoussant l'attaque désespérée de Macdonald, à la tête des chevau-légers Lobkowitz, de quelques hussards Blankenstein et du bataillon de grenadiers Wouvermans, infligeant aux Français de très grosses pertes. Durant la bataille, Liechtenstein a cinq chevaux blessés sous lui. Une nouvelle fois, mais c'est ici Souvorov, le général en chef le serre dans ses bras sur le champ de bataille.

Il est promu Feldmarschall Leutnant et combat, le 15 août à Novi. Du 20 novembre au 4 décembre, il dirige le siège de Cuneo.

Si la campagne de 1800 n'est pas glorieuse pour les armées autrichiennes, Liechtenstein y récolte cependant des lauriers, comme à Hohenlinden, le 3 décembre, où il résiste 6 heures aux Français, près de l'auberge de Straßmayer, puis à Anthering, le 14 décembre et dans les combats qui suivent pour couvrir, avec le corps de réserve, la retraite autrichienne. Le 14 décembre, il bat Lecourbe à Salzbourg, lequel n'est sauvé de la destruction totale que par l'arrivée propice de Moreau. Liechtenstein oppose alors une résistance farouche aux Français.

Liechtenstein reçoit, le 18 août 1801, lors la Grande-Croix de l'Ordre de Marie-Thérèse.

Le 24 mars 1805, Jean de Liechtenstein entre au gouvernement de l'empire, à la place de son frère Alois Joseph, décédé. Il est alors, après l'archiduc Charles, l'un des personnages les plus aimé de son pays.

Bien que sa santé ne soit pas alors parfaite[2], il prend, à la mi-novembre 1805, le commandement d'un corps d'armée. Il va, avec celui-ci, combattre avec sa fougue habituelle à Austerlitz, le 2 décembre. La nuit qui suit la défaite austro-russe, il rencontre Napoléon, avec des propositions de paix. Le 4 décembre, il est aux côtés de François II lors de son entrevue avec Napoléon. Le 6 décembre, il signe, à Austerlitz, l'armistice. Enfin, avec Gyulai, il négocie les termes de la paix de Presbourg, dont il signe les termes, avec Talleyrand, le 26 décembre 1805.

Pour tous ces glorieux services, François II le décore, le 12 février 1806, du collier de la Toison d'or, puis, en 1808, il est nommé général de cavalerie[3].

En 1809, malgré une santé toujours chancelante, il sert son pays. Il prépare cette campagne sans prendre de repos. Le 20 avril, il entre dans Ratisbonne, que les Autrichiens doivent évacuer le 23. À Essling et à Wagram, il démontre encore ses qualités. Le 31 juillet, après le départ de l'archiduc Charles, Liechtenstein prend le commandement général de l'armée autrichienne. Il signe la paix de Schönbrunn, le 14 octobre 1809, jour anniversaire de la paix de Westphalie, aux côtés de Champagny.

Retraite et mort[modifier | modifier le code]

Mais tous ces efforts altèrent fortement la santé de Liechtenstein et il doit quitter le service actif. Ce Feldmarshall qui, de façon presque incroyable, malgré vingt-quatre chevaux tués sous lui, dans 13 campagnes, ne fut jamais blessé (mis à part quelques contusions à Wagram), se consacre désormais à sa famille, à ses proches et aux gens qui le servent. Il soutient les arts et la culture, l'agriculture, l'industrie, l'architecture,…

Jean de Liechtenstein meurt à Vienne, le 24 avril 1836, à l'âge de 76 ans.

Descendance

Généalogie[modifier | modifier le code]

François-Joseph Ier de Liechtenstein
X Léopoldine de Sternberg (1733-1809)
│
├─>Jean Ier de Liechtenstein (1760-1836)
│  X Josèphe de Fürstenberg-Weira (1776-1848) en 1792
│  │
│  ├─> Aloïs II de Liechtenstein (1796-1858)
│  ├─> François de Liechtenstein (1802-1887)
│  │    X Julie Potocki (1818-1895) en 1841
│  │
│  ├─> Charles de Liechtenstein (1803-1871)
│  │   X Rosalie de Grünne (1805-1841) en 1832
│  │
│  ├─> Frédéric de Liechtenstein (1807-1885)
│  │   X Sophie Löwe (1815-1866) en 1848
│  │
│  ├─> Édouard de Liechtenstein (1809-1864)
│  │   X Honorée Choloniewski (1813-1869) en 1839
│  │
│  ├─> Auguste de Liechtenstein (1810-1884)
│  ├─> Rodolphe de Liechtenstein (1816-1848)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. il n'a pas reçu officiellement de commandement, et combat comme « volontaire »
  2. il est malade au moment d'Ulm
  3. l'équivalent de maréchal

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des rois et des princes, éd. Jean-Paul Gisserot, 1998 (ISBN 2877473740)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Prince du Liechtenstein
1805 – 1836
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