Jean Guyot de Villeneuve

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guyot.
Jean Guyot de Villeneuve
Image illustrative de l'article Jean Guyot de Villeneuve
Fonctions
Député de la Seine
27 avril 190231 mai 1906
Gouvernement IIIe république
Biographie
Date de naissance 9 février 1864
Date de décès 3 mai 1909

Jean Guyot de Villeneuve (9 février 1864 au Château de Lagrange - 3 mai 1909 à Paris) était un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1864 au château de Lagrange à Saint-Bouize, dans le Cher, il était le fils du comte Gustave Guyot de Villeneuve[1], grand collectionneur et bibliophile, préfet de Seine-et-Marne en 1873 - qui à ce titre fit visiter en 1875 le château de Vaux-le-Vicomte mis en vente à son ami le richissime industriel du sucre Alfred Sommier - et le petit-fils du comte Camille Bachasson de Montalivet, ami et ministre du roi Louis Philippe.

Son frère aîné, Camille, député des Basses-Alpes de 1906 à 1910, épousa la fille de Jacques Piou, président de l'Action libérale.

Après Saint-Cyr, dont il sort en 1884, et l'École de guerre, il servit à Constantine puis fut attaché au deuxième Bureau de l'État-Major de l'armée.

Tenu en haute estime par le général de Boisdeffre, il fut nommé capitaine et participa alors à plusieurs missions à l'étranger, notamment en Russie, et allait être nommé attaché militaire à Washington lorsque la disgrâce de son chef, provoquée par l'affaire Dreyfus, entraîna par ricochet la sienne.

Scandalisé par les attaques dont était l'objet l'Armée, il écrivit à Gabriel Syveton, qui venait d'être suspendu pendant un an de son poste d'enseignant pour propos nationalistes, une lettre d'encouragement accompagnée d'un chèque représentant un an du salaire de l'enseignant. Rendue publique, cette lettre lui valut d'être mis aux arrêts pendant 60 jours par son ministre, le général de Galliffet.

À la suite de cette mésaventure, il démissionna de l'armée en décembre 1901 et se présenta aux élections législatives de 1902, sous l'étiquette nationaliste, dans la circonscription de Neuilly. Il l'emporta en battant le député radical sortant Laloge. Ayant écrit au général André les raisons de son départ et ce qu'il pensait de ses réformes, il est finalement placé dans la réserve avec le grade de...sergent.

Au Parlement, ce riche célibataire, froid et distingué, se consacra exclusivement aux questions militaires. Il fut contacté en 1904 dans des circonstances rocambolesques par Jean-Baptiste Bidegain, le secrétaire adjoint du Grand Orient de France, qui lui révéla le système de renseignements mis en place entre le Ministère de la guerre et le Grand Orient. Lorsque le ministre avait des décisions à prendre concernant des officiers (établissement des tableaux d'avancement, promotion à la Légion d'honneur, ou affectations), il demandait au GO de se renseigner sur leurs opinions politiques et religieuses. Le secrétariat du GO faisait alors appel au réseau des frères maçons, et faisait remonter les informations ainsi recueillies au Ministère de la guerre. Les catholiques étaient alors systématiquement écartés.

Jean de Villeneuve acheta à Jean-Baptiste Bidegain une partie des documents conservés à ce sujet dans les archives de la rue Cadet : lettres de demandes de renseignements émanant du Ministère de la guerre ; correspondance avec les loges ; photocopies de fiches transmises. Ainsi armé, il fit éclater l'affaire au Parlement au cours de deux séances mémorables, le 28 octobre et le 4 novembre 1904.

Ce fut la fameuse « affaire des fiches » qui provoqua, après de nombreux rebondissements, la chute du ministère Combes mais pas la fin de la politique anticléricale de combat dont il s'était fait le héros.

Jean Guyot de Villeneuve, qui se battit plusieurs fois en duel au cours de cette période, notamment contre Maurice Berteaux, fut à la même époque le témoin de Déroulède lors de son duel fameux avec Jean Jaurès à la frontière espagnole.

Battu aux élections législatives de 1906, il eut peu après un grave accident d'automobile (bien que grand cavalier, il s'était en effet passionné très tôt pour ce nouveau mode de locomotion dont il était devenu un amateur averti).

Il en resta très diminué et mourut à Paris en 1909. Il avait 45 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Vindé, L'affaire des fiches, Éditions Universitaires, 1989
  • BESNIER, Bruno, L'affaire des fiches : un système d'Etat (1900-1914), La Roche-sur-Yon : Master I d'histoire, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Famille Guyot, sur genea-bdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]