Jean Gosset

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Jean Gosset, né le 6 décembre 1912 à Montreuil (actuellement Seine-Saint-Denis), mort le 21 décembre 1944 au camp de concentration de Neuengamme (Allemagne), est un philosophe et résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de l’École normale supérieure (promotion littéraire de 1932), Jean Gosset obtient son agrégation de philosophie en 1936. Ses premiers postes dans l'enseignement sont à Brest (1936-1938), puis à Vendôme (1938-1941).

C’est en 1933 alors qu’il est encore normalien qu’il rejoint l’équipe d’Esprit. Collaborateur régulier de la revue, il y occupe une place prépondérante qui se mesure moins au nombre d’articles qu’il rédige qu’à l’intense participation qui est la sienne au sein des différents groupes de réflexion mis en place par Emmanuel Mounier, au point que ce dernier le désigne avec Paul-Louis Landsberg comme étant « son bon philosophe ». Il prend aussi une part active dans le développement des groupes Esprit en Bretagne, puis dans les Pays de la Loire ; groupes qui alimenteront le recrutement des premières branches du mouvement Libération-Nord en province. Enfin, il milite au sein des collèges du travail dans le cadre de l’éducation populaire prônée par la CGT.

Mobilisé en septembre 1939 dans le 131e Régiment d'Infanterie, il participe à la campagne des 18 jours, puis à la bataille de Dunkerque. À l’issue de ces combats, il réussit à échapper à la captivité en s’embarquant pour l’Angleterre. Début juin, il revient en France pour participer à la bataille de Normandie. Démobilisé le 12 septembre 1940, il reste en zone occupée et reprend son poste de professeur à Vendôme. Il obtient sa bourse et devient chargé de recherche auprès du CNRS pour finir sa thèse en philosophie des sciences sous la direction de Gaston Bachelard. Officiellement dans le mouvement de Résistance Libération-Nord à partir de janvier 1942, il participe à la création du réseau de renseignements Cohors-Asturies aux côtés de Jean Cavaillès, dont il est l’adjoint, puis lui succède et dirige le réseau après l'arrestation de ce dernier en août 1943. Jean Gosset est arrêté à son tour en avril 1944, il est déporté à Neuengamme. Il y décède le 21 décembre 1944.

Distinctions[1][modifier | modifier le code]

• Chevalier de la Légion d'Honneur • Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945 • Croix de Guerre 1939-1945 (2 citations) • Médaille de la Résistance • Military Cross (GB) • Officier de l'Ordre de la Couronne Royale (Belgique) • Croix de Guerre (Belgique) • Médaille de la Résistance (Belgique) • Inscrit au Panthéon sur la plaque dédiée aux écrivains morts pour la France.

Sources principales[modifier | modifier le code]

  • Notice du site de l'Ordre de la Libération
  • Fabienne Federini, Ecrire ou combattre : des intellectuels prennent les armes, Éditions La Découverte, Paris, 2006
  • Marie Granet, Cohors-Asturies. Histoire d'un réseau de résistance 1942-1944, Éditions des Cahiers de la Résistance, Bordeaux, 1974
  • Alain Lozac'h, Petit lexique de la Deuxième Guerre mondiale en Bretagne, Éditions Keltia Graphic, Spézet, 2005 [1]
  • Danielle Rioul-Gosset, Sur les traces de Jean Gosset (1912-1944), Editions Scripta, 2013
  • Site Internet :www.jeangosset.fr

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le personnage de Philippe Gerbier dans le film L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville s'inspire entre autres de la résistance de Gosset.

Références[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, « Jean Gosset », nécrologie, Esprit, décembre 1945, p. 1007-1008
  • Audigé Simone, « La Baleine allaite ses petits », Maltot, Édition du Moulin vieux, 1990
  • Farge Yves, Rebelles, soldats et citoyens : carnets d’un commissaire de la République, Paris, Grasset, 1946
  • Fabienne Federini, Écrire ou combattre : des intellectuels prennent les armes, Paris, La découverte, 2006
  • Marie Granet, Cohors-Asturies. Histoire d‚un réseau de résistance 1942-1944, Bordeaux, Éditions des Cahiers de la Résistance, 1974
  • Roger Leroux, Le Morbihan en guerre : 1939-1945, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, 1986
  • Henri Queffélec, Un Breton bien tranquille, Paris, Stock, 1978
  • Pierre Rigoulot, « La nuit blanche de Jean Gosset », in « Visages de la Résistance » La liberté de l’esprit, no 16, Lyon, La Manufacture, 1987, p. 119-131
  • Roger Secrétain, « Les martyrs de la Résistance, Jean Gosset », La République du Centre, 9 décembre 1945
  • Senarclens Pierre de, Le mouvement « Esprit » (1932-1941). Essai critique, Lausanne, L’Age d’Homme, 1974
  • Christophe Donner, "L'Esprit de vengeance", roman, Grasset, Paris, 1992.
  • Jorge Semprún, Adieu, vive clarté, Paris, Gallimard, collection « Folio », 1998
  • Michel Winock, « Esprit ». Des intellectuels dans la cité, 1930-1950, Paris, Le Seuil, collection « Points histoire », 1996 (1975)