Jean Galmot

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Jean Galmot (né le 2 juin 1879 à Monpazier en Dordogne - mort le 6 août 1928 à Cayenne en Guyane) est un homme d'affaires, aventurier et un écrivain français.

Élu député de la Guyane en 1919, il est impliqué et emprisonné injustement pour escroquerie dans « l'Affaire des rhums ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien journaliste dreyfusard, il débarque en Guyane française en 1906 avec le titre de propriété d'une mine d'or, le Placer Élysée, non loin de Mana. Il y fait fortune grâce à l'aide des Guyanais. Il se fait mal voir des autres notables, car il associe davantage le petit peuple guyanais et lui garantit des prix d'achats (or et bois de rose en particulier, mais aussi bois de balata) proches des cours mondiaux. Il achète une plantation afin de produire du rhum et organise une collecte de la production des petits producteurs, encourant ainsi l'hostilité des autres exploitants, prêts à tout pour préserver leurs intérêts.

Élu député de la Guyane en 1919, il est impliqué, injustement, pour escroquerie dans « l'Affaire des rhums » après que son immunité parlementaire a été levée (avec son accord) au second examen de la demande. Arrêté en avril 1921 il est emprisonné à la Santé pendant neuf mois. Au terme d'un procès à rebondissements où les plaignants retirent leurs plaintes en 1923, il est condamné à un an de prison avec sursis en l'absence de preuves sur des bénéfices illégaux. Alors qu'il se représente aux élections en Guyane, gagnées par la fraude électorale, et que des émeutes éclatent à Cayenne, il meurt brusquement le 6 août 1928. Le bruit court qu'il a été empoisonné. Le procès des émeutiers de Cayenne, en 1934, établira qu'il n'en est rien par des artifices peu crédibles[1].

Homme d'affaires tenté par la politique et le populisme, qui a quelque peu terni son image en s'associant avec des personnages sulfureux tels l'escroc Alexandre Stavisky (qu'il dénoncera à la police dans des circonstances curieuses) et le journaliste maître-chanteur Anquetil, auteur de plusieurs romans, Jean Galmot est une personnalité au charme ambigu. Son caractère romanesque a fasciné des écrivains comme Blaise Cendrars qui le compare à Don Quichotte et a séjourné à Monpazier, le village natal de Galmot, pour écrire sa biographie dans Rhum - L'aventure de Jean Galmot (1930). Louis Chadourne (1890-1925), qui fut son secrétaire, l'avait déjà évoqué dans Le Pot au noir (1922) et il s'était inspiré de lui pour écrire son roman Terre de Chanaan (1921).

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

Sur ce sujet, les archives départementales de Guyane possèdent deux documents accessibles au public et particulièrement précis. Le rapport des Dr Caro de Rivierez appelés au chevet de Jean Galmot le 5 août.[pas clair] Ils observent un tableau clinique très évocateur d'intoxication aiguë par l'arsenic, confirmé par l'analyse des vomissements, et en conséquence refusent de délivrer le permis d'inhumer et demandent une autopsie au procureur de la République. Celle-ci est pratiquée le 6 août par le médecin lieutenant-colonel Alfred Carmouze qui conclut à l'empoisonnement par un toxique. Aujourd'hui, après une nouvelle analyse des documents, ce diagnostic n'est pas reconnu dans le dernier ouvrage, biographie détaillée de Jean Galmot. Il faut aussi observer que ces documents portent sur des analyses pratiquées tardivement (1930) et sur des pièces dont l'origine peut être considérée comme douteuse à l'exemple du cœur disparu on ne sait où ni quand. Le procès des émeutiers de Cayenne tenu à Nantes en 1931 posait un réel problème à la justice. Accepter les preuves de l'assassinat c'était reconnaître une justification de l'émeute par la fraude et juger les émeutiers alors que l'assassin et ses commanditaires toujours libres et non recherchés échappaient à la justice, tandis que la mort naturelle ou le suicide permettaient de juger les seuls coupables réunis sur le banc des accusés.

Les archives départementales de la Loire-Atlantique ont proposé, du 9 février au 26 juin 2011, une exposition consacrée à la mort de Jean Galmot et aux émeutes qui l'ont suivie. Une large partie de l'exposition était également consacrée au procès des émeutiers tenu à Nantes en mars 1931[2].

Sa mémoire[modifier | modifier le code]

Les efforts de la municipalité de Cayenne, qui lui a dédié une avenue et une statue dans un quartier populaire, entretiennent son souvenir toujours très présent de nos jours.

Réalisée par l' association des amis de Jean Galmot, une exposition permanente dans les anciennes écoles de sa ville natale, Monpazier, à l'Atelier des Bastides, relate sa vie.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Quelle étrange histoire, Éditions et Librairie, Paris, 1918 ; Le Serpent à plumes, 1995. (Texte intégral. Consulté le 14 février 2012.)
  • Un mort vivait parmi nous, Éditions de la Sirène, Paris, 1922 ; Le Serpent à plumes, 1995. (Texte intégral. Consulté le 14 février 2012.)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le procès des insurgés de Cayenne renaît aux Archives départementales », sur le site du conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 1er novembre 2011).
  2. Le procès des Insurgés de Cayenne, Archives départementales de la Loire-Atlantique.