John Fisher

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Saint John Fisher (dessin de Hans Holbein le Jeune)

Saint John Fisher ou Jean Fisher en français, né vers 1469 à Beverley (Yorkshire) et mort par exécution en 1535 à la Tour de Londres, est un religieux catholique et théologien anglais.

Humaniste, chancelier de l'université de Cambridge en 1504, il devint évêque de Rochester la même année.

Très habile dans la controverse et les questions théologiques, il défendit avec zèle le catholicisme et s'opposa vivement au divorce du roi Henry VIII avec Catherine d'Aragon, et aux prétentions du roi à se proclamer lui-même chef de l'église d'Angleterre qui l'accompagnèrent. À la différence des autres évêques du royaume, John Fisher refusa de prêter le serment de succession qui reconnaissait comme héritier légitime du trône la progéniture de Henry et d'Anne Boleyn (ils n'eurent qu'une fille, qui finit par devenir reine sous le nom d'Elisabeth 1°), et il fut emprisonné à la Tour de Londres en avril 1534. L'année suivante, le pape Paul III le faisait cardinal, et Henry VIII répliqua en le faisant décapiter dans le mois qui suivit.

Il fut canonisé en 1935. On le fête le 22 juin.

Le prêtre[modifier | modifier le code]

John Fisher était né en 1469 à Beverley dans le Yorkshire (Angleterre, fils aîné de Robert Fisher, modeste commerçant de Beverley, et d'Agnès sa femme qui eurent ensemble quatre enfants. Son père mourut quand John avait huit ans. Sa mère se remaria et eut cinq autres enfants de son second mari, William White. Fisher semble avoir toute sa vie gardé des contacts étroits avec sa famille élargie. Il reçut sans doute sa première éducation dans sa ville natale à l'école rattachée à la collégiale. Un des bâtiments de la Grammar School de Beverley a pris son nom en son honneur.

John Fisher étudia à l'Université de Cambridge à partir de 1484. À Michaelhouse, qui y était un des collèges existant alors, il subit l'influence de William Melton, théologien d'esprit pastoral et ouvert au nouveau courant de réforme dans les études issu de la Renaissance. Fisher obtint son baccalauréat ès arts en 1487, et plus tard sa maîtrise en 1491 ; la même année il fut élu pour enseigner dans son collège. Il devint également vicaire de Northallerton dans le Yorkshire. En 1494, il résigna son bénéfice pour devenir proctor[1] de l'université, et trois ans plus tard fut nommé Master debator[2]. Il devint ensuite aumônier et confesseur de Margaret Beaufort, comtesse de Richmond et Derby, mère du roi Henri VII. Le 5 juillet 1501, il reçut son doctorat en théologie et dix jours plus tard fut élu vice-chancelier de l'Université de Cambridge. Sous l'inspiration de Fisher, Lady Margaret fonda le Collège Saint-Jean et le Christ's College à Cambridge, et une chaire de théologie Lady Margaret dans chacune des deux universités d'Oxford et de Cambridge, Fisher lui-même fut le premier à occuper la chaire de Cambridge. Il fut également dans les années 1505-1508, président du Queens' College. À la fin juillet 1516, il était à Cambridge pour l'inauguration du Collège Saint-Jean et c'est lui qui consacra la chapelle.

La stratégie de Fisher était de recueillir des fonds et d'attirer à Cambridge les plus grands érudits d'Europe, en promouvant non seulement l'étude des meilleurs auteurs anciens en latin et en grec, mais encore l'étude de l'hébreu. Au plus profond de son âme c'était un prêtre, et il accordait un grand prix à l'engagement pastoral, surtout à la prédication populaire de la part du personnel qui s'y consacrait. Fisher s'attachait également à la prière pour les morts, notamment par la création de fondations. Il avait une vision large et profonde à laquelle il consacrait toutes ses ressources personnelles et toute son énergie. À la fois érudit et prêtre, exigeant envers lui-même, humble et consciencieux, il réussit, malgré les oppositions qui se présentaient, à prendre sur lui la charge d'administrer une université tout entière, une des deux seules qui existassent alors en Angleterre. Sa production de publications tant érudites qu'édifiantes au milieu d'une vie bien remplie, et son attitude à persévérer dans l'approfondissement de ses connaissances en latin et en hébreu, même dans sa vieillesse, montrent quelle volonté avait cet homme de ne pas se contenter de l'ordinaire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire responsable de la discipline
  2. C'est-à-dire qu'il était chargé de diriger les débats

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]