Jean Duvergier de Hauranne

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Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint Cyran

Jean-Ambroise Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, né rue Vieille-Boucherie à Bayonne en 1581 et décédé à Paris en 1643 était un prêtre catholique et théologien français qui introduisit le jansénisme en France.

Saint-Cyran, pour employer ce nom sous lequel il est le plus connu, se livra avec un grand succès à la direction des consciences à Paris, se joignit à ceux qui tentaient un renouveau religieux, compta beaucoup de disciples et d'amis, entre autres, Arnauld, Bérulle, Lemaistre de Sacy, Bignon, auxquels il fit partager ses opinions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un boucher de Bayonne[1], après avoir étudié les humanités dans sa ville natale et la philosophie à la Sorbonne, il alla à Louvain, non à l'université, mais au collège jésuite, où il obtint la maîtrise en 1604 avec une thèse brillante, admirée par Juste Lipse. C'est probablement à Louvain, qu'il fit connaissance du futur théologien janséniste, Cornelius Jansen (Jansénius), un jeune disciple du sectateur du baïanisme. Ce point est contesté par Denis Richet qui date la première rencontre entre les deux hommes en 1609-1610 à Paris[2]

En 1605, les deux amis étaient à Paris, assistant ensemble aux leçons du gallican Edmond Richer et étudiant le premier christianisme dans l'idée de lui restituer sa place d'honneur, usurpée, comme ils le proclamaient, par la scolastique. Ces études de patristique, et surtout de la littérature augustinienne, se poursuivirent avec une énergie incroyable pendant presque douze ans, à Paris jusqu'en 1611, puis à Campiprat (Cantipré), où Duvergier de Hauranne habitait, sous la protection de Bertrand d'Eschaux, évêque de Bayonne, qui fit Duvergier chanoine de sa cathédrale et Jansen principal d'un collège récemment fondé. Duvergier de Hauranne pensait que Dieu l'avait choisi, avec Jansen, pour réformer l'Église « qui se trouvait dans la dégradation la plus profonde et n'était plus la véritable épouse du Christ. »

Pierre tombale de Jean Duvergier de Hauranne dans l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

En raison, sans doute, de la translation de l'évêque de Bayonne à Tours, les deux amis quittèrent Bayonne en 1617, Jansen revenant à Louvain et Duvergier allant à PoitiersChasteigner, évêque de La Roche-Posay, disciple de Scaliger et humaniste passionné, le reçut comme un ami, lui donna un canonicat et le prieuré de Bonneville puis plus tard, en 1620, résigna en sa faveur l'Abbaye de Saint-Cyran-en-Brenne. Le nouveau prélat commendataire résida peu dans son abbaye. Entre temps Duvergier fut ordonné prêtre en juin 1618.

En 1622, il revint définitivement à Paris, la métropole lui offrant de meilleures possibilités pour la poursuite de ses desseins. Pendant les années 1617-1635, une correspondance assidue se continua entre Duvergier et Jansen, mais il n'en reste que les « Lettres de Jansénius à Duverger de Hauranne », saisies au moment de l'arrestation de Saint-Cyran. Ces lettres, où les signes conventionnels sont d'un usage fréquent, mentionnent constamment l'« affaire principale », un projet et une cabale, c'est-à-dire avant tout, la composition de l'Augustinus par Jansen, Saint-Cyran s'employant à recruter des protecteurs pour le système dit augustinien.

Saint-Cyran entretint, à partir de 1623, des relations avec l'abbaye de Port-Royal, dirigée par l'abbesse Angélique Arnauld. Devenu, à partir de 1635, le directeur de conscience particulier de ces religieuses, ainsi que des «Messieurs» de Port-Royal, Port-Royal devint, sous son influence, le centre spirituel du jansénisme.

C'était un homme de parti, adroit, remuant, et qui exerçait sur les siens un grand ascendant. Utilisant des méthodes sectaires et ayant attaqué les Jésuites dans quelques écrits, il est, pour ce fait, dénoncé à Richelieu, avec qui Saint-Cyran s'était autrefois lié d'amitié, par Sébastien Zamet[3]. Le ministre le fit arrêter le 15 mai 1638 et enfermer au château de Vincennes, sous prétexte d'hérésie. Il le tint en prison de 1638 à 1643. Deux mois après la mort de Richelieu, le 6 février 1643, ses partisans réussirent à le faire libérer mais, physiquement brisé, il mourut au bout de quelques mois.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Considérations sur la mort chrétienne
  • Considérations sur les dimanches et les festes des mysteres, et sur les festes de la Vierge et des saints, Paris, Veuve Charles Savreux, 1670 - Attribution douteuse, puisqu'on attribue aussi le livre à Antoine Singlin[4]
  • Examen d'une apologie qui a esté faite pour servir de defense à un petit livre intitulé Le chapelet secret du Très-Sainct Sacrement Et pour refuter quelques remarques qui avoient été faites sur ledit chapelet, Paris, [s.n.], 1634
  • Instructions chrestiennes, Paris, Pierre Le Petit, 1672
  • La Somme des fautes et faussetez capitales, contenues en la Somme theologique du Pere François Garasse de la Compagnie de Jesus, Paris, J. Boüillerot, 1626,
  • Lettres chretiennes et spirituelles de messire Jean du Verger de Havranne, abbé de S. Cyran, qui n'ont point encore été imprimées jusqu'à présent, Amsterdam, [S.n.], 1744
  • Œuvres chrétiennes et spirituelles, Lyon, Thomas Maulry, 1679
  • Peins Aurélius, 1631, ouvrage où il traite de la hiérarchie ecclésiastique
  • Pensées morales, Éd. Henri Perruchot, Paris, Clermont, F. Sorlot 1944
  • Question royalle et sa decision, Paris, Toussainct du Bray, 1609
  • Refvtation de l'abus pretendu, & la descouuerte de la veritable ignorance & vanité du pere François Garasse, Paris, [S.n.], 1626
  • Théologie familière, avec divers autres petits traitez de dévotion, Louvain, [S.n.], 1650


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Histoire littéraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de religion jusqu'à nos jours, par Henri Bremond, tome IV, chapitre III : La misère de M. de Saint-Cyran.
  2. Denis Richet, De la Réforme à la Révolution, Aubier 1991, p.101
  3. http://pourlan.over-blog.com/article-abrege-de-la-vie-de-sebastien-zamet-68202537.html
  4. Voir la notice FRBNF31373109 de la BNF concernant l'exemplaire de 1670 conservé à Tolbiac

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catholic Encyclopedia, article Duvergier de Hauranne
  • Louis Frédéric Jaccard, Saint Cyran, Précurseur de Pascal, Lausanne, La Concorde, 1945
  • C. Lancelot, Mémoires touchant la vie de Monsieur de S. Cyran, Cologne, [S.n.], 1738
  • Joseph Eugène Ernest Laferrière, Étude sur Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran (1581-1643) , Louvain, J. Wouters-Ickx 1912
  • Claude Lancelot, Mémoires touchant la vie de Monsieur de Saint-Cyran, Genève, Slatkine Reprints, 1968
  • Jean Orcibal, Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, et son temps, 1581-1638, Louvain, Bureaux de la Revue, 1947
  • Jean Orcibal, La Spiritualité de Saint-Cyran : avec ses écrits de piété inédits, Paris, Vrin, 1962
  • Jean Orcibal, Saint-Cyran et le jansénisme, Paris, Seuil (coll. « Maîtres spirituels » no 25), 1961
  • (de) Pius Schneider, Saint-Cyran und Augustinus im Kulturkreis von Port-Royal, Berlin, Nendeln, Liechtenstein, Kraus Reprint, 1967

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