Jean Dollfus (1800-1887)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dollfus.

Jean Dollfus

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Jean Dollfus, miniature de Josué Dollfus (vers 1830).

Naissance 25 septembre 1800
Mulhouse, France
Décès 21 mai 1887 (à 86 ans)
Mulhouse, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions
  • Commandeur de la Légion d'honneur
  • Officier de l'Instruction publique
  • Chevalier de l'Aigle rouge (Prusse)
  • Chevalier de l'Ordre du Christ (Portugal)

Jean Mathieu Dollfus né le 25 septembre 1800 à Mulhouse[1] , décédé le 21 mai 1887 à Mulhouse[1],[2] est un industriel, économiste et homme politique français.

Il a été maire de Mulhouse de 1863 à 1869[1].

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1829, promu officier par décret du 18 août 1860, puis élevé à la dignité de commandeur le 30 juin 1867[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Marie Mieg et de Daniel Dollfus, qui présida à la création de la firme textile Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC), elle-même héritage d'une entreprise créée en association avec les Koechlin par Jean Dollfus (1729-1800), bourgmestre de Mulhouse de 1781 à 1798. Son arbre généalogique remonte jusqu'au XVIe siècle.

Jean Dollfus épouse en 1822 Anne-Catherine Bourcart, elle-même fille de Jean-Rodolphe Bourcart et d'Elisabeth Koechlin, ces derniers étant l'une des grandes familles de Mulhouse, originaire de Suisse. Il eut huit frères et sœurs, dont trois se marièrent dans la famille Koechlin : sa sœur Ursule se maria avec André Koechlin, un orléaniste nommé deux fois maire de Mulhouse; son frère, Mathieu, se maria avec Salomé Koechlin, elle-même arrière-petite-fille d'une autre branche des Dollfus-Mieg ; enfin, une autre de ses sœurs se maria avec un Jean Koechlin.

Associé de Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC), il dirige l'activité « indienne » jusqu'en 1876, pendant que son gendre Frédéric Engel-Dollfus développe l'activité « fils » depuis 1843. Il lance aussi des expérimentations de culture de coton en Algérie pendant la guerre de Sécession[1]. Partisan du libre-échange avec Michel Chevalier et d'autres[1], il est également libéral sur le plan politique. Selon Saint Simon, il aurait été franc-maçon [4]. Un de ses proches, Jean Macé, fondateur de la Ligue de l'enseignement, était lui-même franc-maçon[5]. Il créa avec ce dernier la Société des Bibliothèques du Haut-Rhin (Dollfus étant le président et Macé le secrétaire) [5].

Directeur de l'entreprise textile Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC) dès 1826, il fit bâtir une cité ouvrière (1854) fort admirée, qui comptait près de mille maisons à la fin des années 1870. Achevée en 1895 la cité comprend 1240 maisons ouvrières et rassemble 10 000 habitants[6]. Il fonde la Société mulhousienne des cités ouvrières en 1853, l'Asile des voyageurs indigents, l'Asile des vieillards, la Caisse de retraite, l'Asile des vieillards de Gaisbühl et la Bibliothèque populaire.

Frère aîné d'Émile Dollfus, maire de Mulhouse de 1843 à 1848 et président de la Société industrielle de Mulhouse, il fut lui-même nommé maire à la mort de Joseph Koechlin-Schlumberger, en 1863, et conserva ce poste jusqu'en 1869.

Battu lors de l'élection législative de 1869, il fut cependant envoyé par ses concitoyens au Reichstag en tant que député protestataire (1877-1887). Doyen d'âge du parlement allemand en 1881 et des élus protestaires[1], Dollfus fut remplacé à ce titre par Von Moltke, plus jeune que lui d'un mois, car il refusait de prendre part à la session.

L'opposition de Dollfus à l'annexion prussienne de l'Alsace s'était vivement manifestée dès la guerre franco-allemande : menant une délégation envoyée auprès de l'occupant, le 11 octobre 1870, à Dornach (quartier de Mulhouse), il fut scandalisé par le ton menaçant d'un officier prussien, qui évoquait des représailles contre les Mulhousiens. Jean Dollfus jeta alors devant l'officier sa croix de l'ordre royal de Prusse, déclarant qu'il ne voulait plus de décoration venant d'un tel peuple.

Jean Dollfus est le père de l'essayiste Charles Dollfus et le grand-père maternel du compositeur Charles Koechlin, de Gabrielle Koechlin, femme du préfet Gabriel Bouffet et le grand-père paternel de l'entomologiste français Adrien Dollfus. Sa descendance est nombreuse, puisqu'il eut dix enfants, dont neuf atteignirent l'âge adulte (Jean, Julie, qui se maria avec le saint-simonien Frédéric Engel-Dollfus, député du gouvernement de la Défense nationale en 1870, Camille - la mère de Charles Koechlin -, Charles - philosophe et essayiste-, Caroline, Émilie, Emma, Fanny et Jules). Une rue de Paris porte son nom.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Notice de Raymond Oberlé in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, éd. Jean-Marie Mayeur, Éditions Beauchesne, 1993, ISBN 9782701012612
  2. Selon d'autres sources généalogiques, cf. http://gw5.geneanet.org
  3. Dossier Léonore : deux fiches, officier et commandeur
  4. Saint-Simon, L'industrie, t. II, p. 36, cité in Jérôme Blanc, Frédéric Engel-Dollfus, un industriel saint-simonien, éd. Christian, Paris, 2008
  5. a et b Voir sur le site du LERIS la fiche composée par le sociologue Olivier Douard sur l'éducation populaire : [1], p. 24
  6. Florence Bourillon Les villes en France au XIXe siècle, p.89 ISBN 2-7080-0657-6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]