Jean Daujat

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Jean Daujat (Paris, 27 octobre 1906 - 31 mai 1998) est un philosophe français néothomiste, disciple de Jacques Maritain, fondateur du Centre d'études religieuses, spécialisé dans l'enseignement de la doctrine chrétienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Daujat

Jean Daujat est né le 27 octobre 1906, à Paris de parents croyants non pratiquants. Instruit par sa mère jusqu’au niveau de la cinquième, il entre au lycée Pasteur en 1918, en classe de quatrième. Il obtient le baccalauréat en philosophie, avec mention bien et en mathématiques élémentaires avec mention assez bien.

À la rentrée 1923, il entre en mathématiques supérieures au Lycée Janson-de-Sailly où il fait une première taupe, il en fera une seconde au lycée Saint Louis qui lui permettra d'entrer à l'École normale supérieure, dans la section des sciences. En même temps, son ancien professeur de biologie du lycée Pasteur Jules Lefèvre l’oriente vers la philosophie de Saint Thomas d'Aquin qu’il découvrit par l’étude de Jacques Maritain ; Jules Lefêvre lui fait alors connaître Amédée d'Yvignac qui venait de fonder la Gazette française, qui portait comme sous-titre « organe de la politique chrétienne ». Jean Daujat collabora à cette revue dont les ténors étaient Maritain, Henri Massis et Henri Ghéon. C’est ainsi qu'Amédée d’Yvignac lui fit rencontrer Jacques Maritain qui lui fit comprendre qu'avant de se lancer dans la grande action dans laquelle il voulait entraîner la jeunesse pour réformer le monde, il fallait humblement commencer par une formation intellectuelle et spirituelle.

Poussé par Amédée d’Yvignac, il prend le père Garnier comme conseiller spirituel. Il décide de grouper des jeunes gens pour un travail de formation spirituelle et doctrinale ; mais, alors que des centaines étaient intéressés lorsqu'il avait été question d’action politique, il n’en resta que sept, pour entreprendre ce travail de fond à l’automne de 1925 qui marque ainsi le début modeste de ce qui sera l’œuvre de sa vie : Centre d'études religieuses (CER).

En 1926, Jean Daujat entre à l’École normale supérieure, dans la section des sciences. Dans la même promotion, nous trouvons notamment Étienne Borne et Merleau-Ponty chez les littéraires, le mathématicien Chevalley, l’un des fondateurs de Bourbaki, le physicien Rosenfeld et le généticien L’Héritier chez les scientifiques. Il côtoie les normaliens des promotions voisines parmi lesquels Raymond Aron, Paul Nizan, Jean-Paul Sartre, Henri Cartan et Jean Dieudonné, deux autres des fondateurs du groupe Bourbaki, Louis Néel, prix Nobel de physique, Olivier Lacombe, lui aussi disciple de Jacques Maritain et spécialiste des langues orientales, Henri-Irénée Marrou, Maurice Bardèche, Robert Brasillach, Thierry Maulnier et Simone Weil.

Pendant cette période, Jean Daujat poursuit sa formation philosophique et spirituelle. Grâce à Maritain, il fait la connaissance de Mgr Ghika, prince roumain devenu prêtre catholique auquel il consacrera un livre quelque cinquante ans plus tard, et du père Garrigou-Lagrange. Pendant quelques années il a collaboré au CER avec l’écrivain Yvonne Estienne, puis leurs chemins se sont séparés.

Jean Daujat épouse en 1930 le peintre danois Sonia Hansen, artiste de talent comme portraitiste et paysagiste.

En 1931, Jean Daujat commence à enseigner lui-même le cours du Centre d'études religieuses, soutenu par le cardinal Verdier. Il se met alors à rédiger un traité de théologie et de spiritualité, la vie surnaturelle, qui paraît en 1938 avec une préface de Monseigneur Beaussart et du père Garrigou-Lagrange. Il fonde en 1933 la revue mensuelle Orientations qui paraîtra jusqu’en 1939. Outre ses propres articles ainsi que ceux d’Yvonne Estienne, il y en eut d’auteurs prestigieux : le père Garrigou-Lagrange, Mgt Ghika, l’abbé Lallement, Maritain, Henri Ghéon, Charles Du Bos, Stanislas Fumet, Robert d’Harcourt, Gustave Thibon, Henriette Charasson, Olivier Lacombe, Merleau-Ponty ou Jacques Madaule. Le cours de philosophie de première année a été publié en 1974 sous le titre Y a-t-il une vérité ? et celui de seconde année en 1970 avec le titre L’ordre social chrétien. Après la guerre, son enseignement devait toucher des milliers d’élèves. Il écrit dans plusieurs revues comme L’homme nouveau ou La France catholique. Il publie plus de trente livres dont certains seront traduits en plusieurs langues, comme La grâce et nous chrétiens demandée par Daniel-Rops, alors directeur de collection chez Fayard et traduite en sept langues dont le japonais.

Il poursuit parallèlement une œuvre d’histoire et de philosophie des sciences. En décembre 1946, il soutient une thèse d’histoire des sciences sur la théorie des phénomènes électriques et magnétiques devant un jury où figurent notamment Gaston Bachelard et Louis de Broglie. Il publie deux ouvrages sur la philosophie des sciences : Physique moderne et philosophie traditionnelle, L’œuvre de l’intelligence en physique.

Face au danger communiste de l’après guerre il publie un fascicule lumineux démontrant la perversion de celui-ci, connaître le communisme, qui sera vendu à des centaines de milliers d’exemplaires ; on lui demandera de nombreuses conférences sur ce sujet. Il a publié son dernier livre en 1996, à quatre-vingt-dix ans, La face interne de l’histoire, de ses origines à nos jours, dans lequel il développe une pensée profonde et originale.

Il meurt le 31 mai 1998.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Origines et formation de la théorie des phénomènes électriques et magnétiques, Hermann
  • L’œuvre de l’intelligence en physique, Téqui
  • Physique moderne et philosophie traditionnelle, Desclée
  • Psychologie contemporaine et pensée chrétienne, Téqui
  • Idées modernes, réponses chrétiennes, Téqui
  • Le christianisme et l’homme contemporain
  • L’Église et le monde moderne.
  • Connaître le communisme, Fayard
  • L’Église et le socialisme, Téqui
  • La nécessaire conversion
  • Connaître le christianisme, Téqui
  • Vivre le christianisme, Téqui
  • La grâce et nous chrétiens, Fayard
  • Maritain, un maître pour notre temps, Téqui
  • Monseigneur Ghika, Nouvelles Éditions Latines
  • Thérèse de Lisieux, la grande amoureuse, Téqui
  • Pie XI, le pape de l’action catholique, Téqui
  • La vie surnaturelle, Fayard
  • Y a-t-il une vérité ?, Téqui
  • L’ordre social chrétien, Beauchesne
  • Doctrine et vie chrétienne, Téqui
  • La face interne de l’histoire, Téqui
  • Mémoires : tome 1, Téqui

Titres et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Docteur ès lettres : thèse d’histoire des sciences (1946)
  • Ouvrage couronné par l’Académie des sciences : L’œuvre de l’intelligence en physique
  • Ouvrage couronné par l’Académie française : Maritain, un maître pour notre temps
  • Grand Prix Catholique de Littérature en 1987 pour l'ensemble de son œuvre.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]