Jean Coustos

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Jean Coustos est né à Berne en Suisse de parents huguenots en 1680 ou 1685 selon les uns ou en 1703 selon les autres. Son père, chirurgien, s’est installé à Londres vers 1714. Devenu lapidaire, Jean Coustos y a été reçu maçon en 1730. C’est au cours de son initiation qu’on remet pour la première fois des gants blancs au récipiendaire. En 1736, à la demande de son ami le peintre Louis Colins, futur Vénérable de la Loge Bussy-Aumont, il installe son commerce à Paris.

L’année de son arrivée, il fonde une des premières loges parisiennes, « la loge du Vénérable Maître Jean Coustos ». Véritable creuset de la future Europe, cette loge groupe, outre une douzaine de Français, 41 maçons étrangers. À la demande de Louis XV il y reçoit le Duc de Villeroy, pair de France et confident du roi. La loge porte alors le double nom de Coustos-Villeroy qui est fermée en 1737 à la suite des répressions instaurées par le cardinal Fleury contre la Franc-maçonnerie.

En 1741 Jean Coustos quitte la France pour le Portugal, où, il fonde de nouvelles loges, alors que la Franc-maçonnerie y est interdite depuis la bulle fulminée en 1738 par le pape Clément XII. Il est arrêté en 1743 par l’Inquisition, torturé, sommé de révéler les secrets de la maçonnerie et d’abjurer sa foi de protestant en même temps qu’on lui reproche ses origines juives. Il est jugé et, tandis que ses frères de loge sont pendus, Jean Coustos est condamné au bagne. Soutenu par ses frères Français et Anglais, il sort de prison en 1744 grâce à l’intervention du roi George II. Il repart immédiatement pour Londres où il publie ses mémoires en 1746. À partir de cette date on perd sa trace.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Jean Coustos est une personnalité qui reste un exemple d’intégrité pour tous les Francs-maçons. Par ses souffrances et son dévouement à la cause maçonnique il en est un vivant martyr. Il a été un véritable missionnaire de la maçonnerie hanovrienne sur le continent. Son cosmopolitisme et l’internationalisme de ses relations en font l’archétype du franc-maçon du XVIIIe siècle.

En face de maçons écossais, catholiques et partisans des Stuart, il s’est comporté comme un chargé de mission de la maçonnerie londonienne, soutenant la nouvelle dynastie protestante des Hanovre et codifiée par le Pasteur James Anderson. Les membres de la Loge Coustos-Villeroy ont essaimé l’esprit de la maçonnerie anglaise sur tout le continent.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Daniel Ligou : dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, PUF 1991
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L'Autre et le Frère, Honoré Champion, 1998

Liens externes[modifier | modifier le code]