Jean Charles de Menezes

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Mosaïque à l'effigie de Jean Charles de Menezes à la station Stockwell.

Jean Charles de Menezes () est un électricien brésilien qui vivait à Tulse Hill dans le sud de Londres. Il a été abattu par erreur par Scotland Yard à la station de métro Stockwell – de 7 balles dans la tête – le lendemain des attentats du 21 juillet, alors que la police recherchait activement leurs auteurs.

Description des événements[modifier | modifier le code]

Le 22 juillet 2005, la police londonienne recherche les suspects dans les attentats ratés de la veille. Londres a déjà subi 15 jours auparavant des attentats meurtriers dans le métro et dans un bus (Attentats du 7 juillet 2005 à Londres). Une carte de membre d'un club de gym, trouvée dans l'un des sacs contenant la bombe qui n'a pas explosé la veille, conduit les enquêteurs à un immeuble de neuf appartements sur Scotia Road à Tulse Hill, dans le district de Lambeth.

Vers 9 h 30, des officiers de police qui surveillent l'immeuble voient Menezes en sortir. Jean Charles Menezes, un électricien, vit dans l'un des appartements avec deux de ses cousins. Il vient juste de recevoir un appel pour aller réparer une alarme à Kilburn.

Les policiers le prennent alors en filature. Menezes prend le bus pour se rendre à la station de métro Stockwell. Alors qu'il monte dans la rame à quai, il est abattu par un ou plusieurs officiers de police.

Il aurait été confondu avec le suspect Osman Hussain, alias Hamdi Issac, susceptible de commettre un attentat suicide dans le métro londonien. Or, ce dernier est noir, alors que la victime était blanche. Contrairement aux affirmations de Scotland Yard, De Menezes était habillé d'une simple veste en jean et non d'un « large pardessus noir ».

Scotland Yard a menti en prétendant qu'il aurait sauté le portillon, puis pris la fuite. Les caméras de surveillance montrent qu'il était tout à fait calme et qu'il a passé normalement le portillon, prenant même le temps de se saisir d'un exemplaire d'un quotidien gratuit. Il a emprunté calmement l'escalier mécanique. S'apercevant que la rame était à l'arrêt, il a couru pour l'attraper. Il a été ensuite atteint par les coups de feux alors qu'un agent de police l'avait déjà maîtrisé et ceinturé. Il a reçu au total 8 balles dans la tête et l'épaule, il apparaît donc qu'il a été assassiné.

Les policiers pourraient être jugés pour homicide. La personne qui a permis les fuites d'informations mettant à mal les déclarations de Scotland Yard appartient à la commission d'enquête indépendante de la police. L'auteur des fuites aurait été démis de ses fonctions.[Quand ?]

Le 20 août, Scotland Yard annonce avoir modifié sa procédure d'« autorisation de tuer » ; les détails ne sont pas révélés. Scotland Yard a démenti avoir proposé un millions de dollars à la famille de la victime, publiée par le Daily Mail avant de reconnaître avoir proposé la somme de 15 000 livres (22 157 euros).

L'IPCC (Independent Police Complaints Commission) rendra ses conclusions dans un délai de trois à six mois.[Quand ?]

Extérieur de la station Stockwell en décembre 2008 : à gauche, autel improvisé à la mémoire de Jean Charles de Menezes.

Le 30 septembre, le ministère de l'Intérieur britannique publie une lettre que lui avait adressée le chef de la police londonienne deux heures après la mort de Jean Charles de Menezes. Il y apparaît que Sir Ian Blair a voulu bloquer l'enquête indépendante sur la bavure commise par ses hommes. Il réclame en effet une modification de la loi pour éviter d'avoir à témoigner devant la Commission indépendante enquêtant sur les plaintes portées contre la police.

Blair affirme qu'une enquête risque de mettre en péril la vie de policiers en l'obligeant à fournir des informations sur les tactiques de la police et ses sources de renseignements et qu'il était persuadé que l'homme abattu était l'un des auteurs présumés des attentats.

Le premier novembre 2007, un jugement du tribunal de l'Old Bailey a condamné la police à une réparation de 175 000 £ plus 385 000 £ pour les frais, mais aucun officier n'est reconnu personnellement responsable.

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