Jean Charles Abbatucci

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Jean Charles Abbatucci
Image illustrative de l'article Jean Charles Abbatucci

Naissance 15 novembre 1770
Zicavo (Corse-du-Sud)
Décès 2 décembre 1796 (à 26 ans)
Huningue (Haut-Rhin)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade général de brigade
Années de service 17871796
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe, 17e colonne.

Jean Charles Abbatucci (on trouve très fréquemment Abatucci), né à Zicavo (Corse) le 15 novembre 1770 et mort à Huningue (Haut-Rhin) le 2 décembre 1796, général de la Révolution française et fils du général Jacques Pierre Abbatucci.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève à l'École d'application de l'artillerie et du génie, il en sort en 1787, à l'âge de 16 ans, pour entrer dans le 2e régiment d’artillerie à pied comme sous-lieutenant. En 1793, il passe dans l'artillerie à cheval, que l'on vient d'organiser.

Au commencement de la campagne de 1792, il n’est encore que capitaine d'artillerie ; mais sa brillante conduite le fait arriver, avant la fin de cette année, au grade de lieutenant-colonel. En 1794, Jean-Charles Pichegru le choisit pour capitaine premier aide de camp du général. Il fait avec Pichegru la campagne de Hollande.

Chargé plus tard par Jean Victor Marie Moreau de préparer, avec les généraux Bellavène, Decaen et Montrichard le passage du Rhin à Kehl effectué le 26 juin 1796 ; combat sur la rivière Kitzing le 27 juin 1796 et soutient un combat opiniâtre à Schweighausen le 14 juillet, contre le corps de Condé.

Ces succès lui valent les épaulettes de général de brigade le 10 juillet 1796, et le 12 août, il combat l'arrière garde des Emigrés à Wertheim qu'il poursuit jusque Erkheim. Le 13 août, il est défait à Kammlach par le duc d'Enghein et manque de succomber avec toutes ses troupes. Secouru in extremis par la 89e demi-brigade, il reprend l'offensive et repousse les Émigrés jusqu'à Mindelheim où il fait 1 000 prisonniers. Il traverse le Lech en Bavière, le 24 août 1796, et signale de nouveau son intrépidité à cette occasion[1], il s'empare de Kissing et marche sur Ratisbonne pour couper la retraite de l'ennemi. Son intrépidité et ses talents lui valent, alors, d'être nommé général de brigade. Le 30 août, il repousse l'attaque sur l'Isar du général autrichien Deway.

Pendant la retraite de l'Armée Rhin et Moselle, il commande l'arrière garde et dirige, en septembre, une attaque contre la forteresse de Kehl et, en octobre, stoppe l'ennemi près de Neubourg.
Il est chargé du commandement de la place d’Huningue. Cette forteresse qui couvre la Haute-Alsace devient d'une grande importance lorsque Moreau repasse le Rhin, après les désastres de Jourdan en Franconie ; aussi en confie-t-il la défense à des mains habiles, et il place Abbatucci dans Huningue, que les Autrichiens viennent bientôt attaquer, en même temps qu'ils assiègent Kehl, cette autre porte de la France où Desaix et Lecourbe se sont enfermés. Abbatucci tient tête trois mois durant à 20 000 Autrichiens.

Moins heureux que ses jeunes frères d'armes, Abbatucci est tout à coup arrêté dans la carrière qui s'ouvre si brillante devant lui. Blessé mortellement dans une sortie vigoureuse qu'il dirige dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 1796, il meurt le 2 décembre. Il est alors âgé de 26 ans.

La perte de cet intrépide général hâte la reddition de la place que les Français évacuent le 5 février 1797.

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • Le général Jean Charles Abbatucci fait partie des 558 officiers d'Empire à avoir son nom gravé sous l'Arc de Triomphe.
  • Le général Moreau fait ériger, après la conclusion de la paix, en 1801 un monument en l'honneur de ce guerrier estimé et regretté de l’armée, sur le lieu même où il avait succombé avec gloire. Ce monument est détruit lors du siège de 1815 par les troupes coalisées européennes.
  • En 1819, le général Rapp ouvrit une souscription pour le rétablir. Ce n'est cependant que depuis la révolution de Juillet et à l’initiative du général Foy que le monument d'Abbatucci est reconstruit. Il est restauré en 1856 avec l’ajout de deux bas-reliefs de bronze par Philippe Grass. En 1904, le monument est déplacé de la route de Saint-Louis sur la place Abbatucci à Huningue.
  • Ce monument est construit en grès, marbre et bronze ; il représente le général Charles Abbatucci au combat et sa mort.
  • Une statue par le sculpteur Vital-Dubray lui est élevée cours Napoléon, à Ajaccio, place Abbatucci.
Charles Abbatucci par Vital-Dubray

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. La biographie Mullié indique « qu'il fallait franchir devant l'ennemi ce fleuve large et rapide : un premier bataillon qu'il envoya fut englouti dans les eaux du fleuve. Aussitôt, se précipitant à la tête d'un second bataillon, il anime les siens de son exemple et de ses paroles, soutient ceux qui chancellent, sauve ceux que le courant entraîne et les conduit enfin sur les bords opposés où il culbute les Autrichiens qu'il avait déjà vaincus une première fois dans cette journée ».