Jean Calmette

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Jean Calmette (5 avril 1692[1], Rodez, Aveyron, France - février 1740, Chikballadur, Karnataka, Inde) était un jésuite français, missionnaire en Inde du Sud et indianiste.

Premières années en Inde[modifier | modifier le code]

Entré chez les jésuites à 17 ans, en 1709, il enseigne quelque temps en France avant de partir pour l’Inde en 1725 et arrive à Pondicherry le 21 août 1726. Durant quelques années il est missionnaire dans la région de langue tamoule autour de Vellore.

Initiation au brahmanisme[modifier | modifier le code]

De 1730 à sa mort il sera dans la région de langue télougou, (maintenant Andhra Pradesh). A Ballapuram Calmette fréquente les écoles brahmaniques où s’enseigne le sanskrit et les autres disciplines hindoues (y compris l’astronomie et les sciences naturelles). Il y atteint un tel niveau de connaissance de la langue que les brahmanes acceptent de l’initier à la science des textess sacrés, les Védas. Cette faveur peut être considérée comme une véritable initiation religieuse à l’hindouisme. Max Müller a écrit que le Père Calmette est le premier à obtenir le texte complet des quatre Védas. Dans ces Védas, aux dires même de Calmette, se trouvent des trésors de littérature, des traités de grammaire, de philosophie et d’astronomie.

L'étude détaillée de Ludo Rocher sur le « faux Véda » Ezour vedam mentionne Jean Calmette parmi les auteurs potentiels de ce fameux texte[2]. La nouvelle preuve présentée par Urs App en 2010 indique que l'auteur de l’Ezour vedam était en fait Jean Calmette ; ce texte, publié en 1778 par Guillaume de Sainte-Croix, fut une source importante de l'orientalisme naissant ainsi que du début des études européennes sur les Védas et la littérature religieuse et philosophique de l'Inde ancienne[3]. Il a joué un rôle important dans la pensée de Voltaire à partir de 1760.

Écrivain en langue sanskrite[modifier | modifier le code]

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Calmette est passionné de sanskrit et d’orientalisme. Avec l’aide d’amis brahmanes il tire des Védas des vérités religieuses fondamentales communes à toutes les religions comme l’unicité de Dieu, les attributs divins, etc. Il compose des ‘slokas’ (textes versifiés en sanskrit) contenant les vérités de la foi chrétienne (son ouvrage Satyaveda sara Sangraham en contient 172) et traduit les œuvres de Roberto de Nobili en sanscrit: Le grand catéchisme de la foi et la Réfutation de la transmigration des âmes. Il encourage également ses chrétiens à écrire dans la langue sacrée. La bibliothèque royale de Paris fut enrichie de nombreux manuscrits telougous et sanscrits qu’il envoya. Malheureusement la collection que lui-même et ses compagnons (Jean-François Pons, Nicolas Possevin, Gaston-Laurent Cœurdoux) avait rassemblée à Pondicherry fut perdue lors de la suppression de la Compagnie de Jésus (1773). Certains affirment qu'il fut le véritable auteur de l'Ezour Veidam, un faux inspiré des recueils de poésie épique en sanscrit, dans le but de ridiculiser les croyances populaires hindoues à la cour de France. L'oeuvre pourrait en revanche bien être produite par d'autres missionnaires jésuites.

Ce travail prometteur fut interrompu par la mort prématurée de Jean Calmette en 1740 ; il avait à peine 48 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (en sanskrit) Satyaveda sara Sangraham

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Bach, Le P. Calmette et les missionnaires indianistes, Paris, 1868
  • Joseph Dahlmann, "Missionary pioneers and Indian languages." Trichinopoly: Catholic Truth Society of India, 1940 (cf. Rays Supplement, November 1941).
  • G. Dharampal, La religion des Malabars: : Tessier de Quéralay et la contribution des missionnaires européens à la naissance de l'indianisme, Immensee: Nouvelle Revue de science missionnaire, 1982
  • Inès G. Zupanov, Marie Fourcade, François Pouillon (éd.), Dictionnaire des orientalistes de langue française (ISBN 978-2-84586-802-1) Editions IISMM-Karthala, 2008 (voir la fiche biographique)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Si cette date est donnée traditionnellement, on remarquera qu’aucun baptême au nom de Jean Calmette ne peut être relevé dans les registres paroissiaux de Rodez (Notre-Dame ou Saint-Amans). En revanche un Jean Calmette est baptisé le 4 mai 1693. Une seule famille semblant porter ce patronyme à cette époque, dans cette ville, on peut imaginer qu’il s’agit de la même personne. Si c’est le cas, Jean Calmette était fils de François Calmette, docteur en médecine, auteur d’un Abrégé de médecine thérapeutique édité en 1690 à Lyon, et de Marie-Jeanne de Jouery.
  2. Ludo Rocher (1984).Ezourvedam: a French Veda of the eighteenth century [1]. University of Pennsylvania Studies on South Asia 1. Amsterdam/Philadelphia: J. Benjamins, 1984. ISBN 978-0-915027-06-4
  3. (en) Urs App (2010). The Birth of Orientalism. Philadelphia: University of Pennsylvania Press, pp. 372-407. ISBN 978-0-8122-4261-4