Jean Burger

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Jean Burger, alias « Mario », est un militant communiste français résistant, né à Metz le 16 février 1907 et mort le 3 avril 1945 à Nordhausen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et engagement politique[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de commerçants grainetiers assez aisée, Jean Burger devient instituteur et enseigne dans les bassins industriels du département[1]. Il milite rapidement au Parti communiste français, et devient secrétaire départemental pour la Moselle du mouvement antifasciste " Paix et Liberté "[2]

En septembre 1939, Jean Burger est mobilisé au 460e régiment de pionniers. Il reste cantonné sur la ligne Maginot, où il est fait prisonnier le 17 juin 1940. Alors que la Moselle est annexée au Reich allemand, son frère réussit à le faire évader à la Pentecôte 1941[1].

Charles Hoeffel, militant du PC et des cheminots CGT, le met en contact avec Georges Wodli, membre du comité central du Parti communiste, qui lui demande d’organiser la résistance communiste en Moselle[3]. Jean Burger crée ainsi le groupe de résistance « Mario », dont l’activité revêt des aspects multiples: impression et diffusion de tracts, récupération d'armes, aide aux prisonniers et aux réfractaires, sabotages[3]. 3000 hommes et femmes auraient participé aux activités du groupe Mario, et parmi les 752 « membres potentiels » de Mario, on compte 22 % d'étrangers[3].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Les arrestations massives commencent en août 1943. Elles sont facilitées par le fait que la Gestapo a pu s'emparer, en juin 1940, des dossiers des Renseignements généraux. Le 21 septembre 1943, Jean Burger est arrêté à Metz par les Allemands. Ces derniers mettent en place une souricière leur permettant d’arrêter plusieurs résistants, qui n’avaient pu être prévenus à temps de l’arrestation de « Mario »[3]. À l'arrivée des troupes américaines, fin 1944, le groupe Mario a pratiquement cessé d'exister[3].

Après son arrestation, Jean Burger est torturé par la Gestapo messine. Il est transféré à la prison militaire de Metz, au fort de Queuleu, puis, en novembre 1944, au camp de Dachau[1], d'où il ne tarde pas à être dirigé vers Auschwitz-Monowitz. Finalement, le 3 avril 1945, atteint d'une pneumonie, Burger est mortellement blessé par des bombes américaines dans une caserne de chars désaffectée dans une annexe du camp de Dora.

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

En hommage à la personne de Jean Burger, plusieurs rues et bâtiments de la Moselle portent son nom. Par exemple, à Metz, la rue menant au fort de Plantières Queuleu est nommée Allée Jean-Burger, Rue Jean Burger à Fontoy ainsi qu'à Algrange, de plus depuis 2012 une école primaire de ce même quartier porte son nom

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Le Marrec, Gérard Le Marrec, Les années noires, la Moselle annexée par Hitler, Éditions Serpenoises, 1990, (ISBN 2-87692-062[à vérifier : isbn invalide])

Les auteurs de ce livre consacrent 2 pages (252-253) au groupe Mario qui n'a été reconnu « Mouvement de la résistance » qu'en juin 1985. Ils citent

  • Léon Burger, Le groupe Mario, une page de la Résistance lorraine, Hellenbrand, 1965 (Léon est le frère de Jean)
  • Eugène Heiser, La Tragédie lorraine, Tome I, Pierron, 1984
  • Marcel Neigert, Internements et déportations en LorraineUniversité de Metz, 1978

Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CDROM, 2000 comprend bien un article Jean Burger, mais il ne fait que 4 lignes et s'arrête en 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pierre Schill, tribune libre, l'Humanité, 15 février 2007
  2. Article Jean Burger, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CDROM, 2000
  3. a, b, c, d et e Bernard Le Marrec, Gérard Le Marrec, Les années noires, la Moselle annexée par Hitler, Éditions Serpenoises, 1990, (ISBN 2-87692-062[à vérifier : isbn invalide]), p.252-253

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • [1] L’itinéraire de Jean Burger, alias « Mario », article de Pierre Schill, professeur d'histoire-géographie de Montpellier, tribune libre, l'Humanité, 15 février 2007.