Jean Burger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Burger.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Jean Burgers.

Jean Burger ( à Metz - à Nordhausen), alias « Mario », est un résistant français. Militant communiste, il créa le groupe de résistance « Mario » en Lorraine annexée, avant d'être arrêté et déporté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et engagement[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille assez aisée de commerçants grainetiers, Jean Burger naît le 16 février 1907, à Metz, une ville animée du Reichsland Elsaß-Lothringen[1]. En 1919, la Moselle est rétrocédée à la France. Attiré par les études, Jean Burger devient instituteur et enseigne dans le bassin industriel lorrain[2]. Il milite rapidement au Parti communiste français, et devient secrétaire départemental pour la Moselle du mouvement antifasciste " Paix et Liberté "[3]

En septembre 1939, Jean Burger est mobilisé au 460e régiment de pionniers. Il reste cantonné sur la ligne Maginot, où il est fait prisonnier le 17 juin 1940. Alors que la Moselle est annexée au Reich allemand, son frère réussit à le faire évader, à la Pentecôte 1941[2].

Charles Hoeffel, militant du PC et des cheminots CGT, le met en contact avec Georges Wodli, membre du comité central du Parti communiste, qui lui demande d’organiser la résistance communiste en Moselle[4]. Jean Burger crée ainsi le groupe de résistance « Mario », dont l’activité revêt des aspects multiples : impression et diffusion de tracts, récupération d'armes, aide aux prisonniers et aux réfractaires, mais aussi sabotages[4]. 3 000 hommes et femmes auraient participé aux activités du groupe Mario, et parmi les 752 « membres potentiels » de Mario, on compte 22 % d'étrangers[4].

Arrestation et déportation[modifier | modifier le code]

Les arrestations massives en Moselle commencent en août 1943. Elles sont facilitées par le fait que la Gestapo a pu s'emparer, en juin 1940, des dossiers des Renseignements généraux. Le 21 septembre 1943, Jean Burger est arrêté par les Allemands à Metz. Ces derniers mettent en place une souricière leur permettant d’arrêter plusieurs résistants, qui n’avaient pu être prévenus à temps de l’arrestation de « Mario »[4]. À l'arrivée des troupes américaines, fin 1944, le groupe Mario a pratiquement cessé d'exister[4].

Après son arrestation, Jean Burger est torturé par la Gestapo messine. Il est transféré à la prison militaire de Metz, puis au camp d'internement du fort de Queuleu, avant d'être transféré, en novembre 1944, au camp de Dachau[2], d'où il ne tarde pas à être dirigé vers Auschwitz-Monowitz. Finalement, le 3 avril 1945, atteint d'une pneumonie, Jean Burger est mortellement blessé par des bombes américaines dans une caserne de chars désaffectée, dans une annexe du camp de Dora.

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

En hommage à Jean Burger, plusieurs rues et bâtiments de Moselle portent son nom. À Metz, la rue menant au Fort de Queuleu est nommée « Allée Jean-Burger ». On trouve aussi une « rue Jean-Burger » à Fontoy, ainsi qu'à Algrange. Depuis 2012, une école primaire du quartier de Plantières Queuleu porte également son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Le Marrec ; Gérard Le Marrec : Les années noires, la Moselle annexée par Hitler, Éditions Serpenoises, 1990 (pp. 252-253) (ISBN 2-87692-062[à vérifier : ISBN invalide]).
  • Léon Burger : Le groupe Mario, une page de la Résistance lorraine, Hellenbrand, 1965. (Léon est le frère de Jean)
  • Eugène Heiser : La Tragédie lorraine, Tome I, Pierron, 1984.
  • Marcel Neigert : Internements et déportations en Lorraine, Université de Metz, 1978.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, article Jean Burger, CDROM, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’Express, no 2937, du 18 au 24 octobre 2007, dossier « Metz en 1900 ».
  2. a, b et c Pierre Schill, tribune libre, l'Humanité, 15 février 2007.
  3. Article Jean Burger, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CDROM, 2000
  4. a, b, c, d et e Bernard Le Marrec, Gérard Le Marrec : Les années noires, la Moselle annexée par Hitler, Éditions Serpenoises, 1990 (p.252-253) (ISBN 2-87692-062[à vérifier : ISBN invalide]).

Liens externes[modifier | modifier le code]