Jean Bricaud

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Jean Bricaud (ou Joanny Bricaud), est un occultiste français, né le 11 février 1881 à Neuville-sur-Ain (Ain) et mort le 21 février 1934.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Bricaud est issu d’une famille paysanne, et il entre au petit séminaire de Meximieux. Durant son adolescence, il découvre des livres d’occultisme, ce qui le conduit à refuser de poursuivre ses études au grand séminaire. Il se fixe alors à Lyon et entre au Crédit lyonnais (en 1897), société dans laquelle il travaillera toute sa vie. Il est mobilisé durant la première guerre mondiale. Il épouse le 7 octobre 1905 Marie-Anne Neysson (1884-1958), dont il divorce (1911), pour épouser (2 décembre 1929) Eugénie-Antoinette Allemand (1884-1958), qui le secondera et l'aidera dans sa carrière occultiste.

À Lyon, il rencontre de nombreux occultistes: Auguste Vandekerkhove, alias S.U. Zanne (1838-1923), Gervais-Annet Bouchet (1863-1927), alias Elie Alta, ou Elie Steel, qui l’introduit auprès du Dr Emmanuel Lalande (1868-1926), intime de Gérard Encausse Papus, qui le présente à son beau-père, Nizier Anthelme Philippe (1849-1905) thaumaturge connu sous le nom de "Maître Philippe". Celui-ci dirige à Lyon l’Ecole pratique de magnétisme dans laquelle Bricaud s’inscrit le 6 décembre 1897. Il rédige une brochure "Le Maître Philippe" (en 1927). S'ensuivent d'autres fréquentations lyonnaises : le philosophe Pierre-Camille Revel (1853-1932), le magnétiseur spirite Alphonse Bouvier (1851-1931), et Jacques Charrot (1831-1911), élève d'Eliphas Lévi, qui devient son maître de kabbale et de magie.

En 1901, Léonce-Eugène Fabre des Essarts (1848-1917) consacre Bricaud évêque de Lyon, dans l'Eglise Gnostique (ou Eglise Gnostique Valentinienne) fondée par Jules Doinel en 1890, sous le nom de "Tau Johannes".

"En 1907, Bricaud rompit avec Fabre des Essarts pour fonder sa propre branche de l'Église Gnostique. Bricaud, Fugairon et Encausse [Papus], dans une première tentative, nommèrent leur branche de l'Église : l'Église Catholique Gnostique. Après 1907, afin de clairement distinguer les deux branches de l'Église Gnostique, celle de Fabre des Essarts fut connue sous le nom d'Église Gnostique de France. En février 1908, le synode épiscopal de l'Église Catholique Gnostique se réunit et élit Bricaud comme Patriarche sous le nom de "Jean II". En 1908 l'Église Catholique Gnostique voit son nom changer en Église Gnostique Universelle." En 1911, Papus fait de cette Église l'Église officielle du Martinisme. En 1960, Robert Ambelain change le nom d’« Église Gnostique Universelle » en « Église Gnostique Apostolique ».

Jean Bricaud devient aussi franc-maçon du rite de Memphis Misraïm. Il est, un temps, le disciple du Maître Philippe de Lyon. Il est ordonné prêtre le [25 juillet]] 1912 par Monseigneur Louis-Marie Giraud, évêque de l'Église gallicane, et obtient, le 21 juillet 1913, la "consécration épiscopale" du même évêque, à la mine Saint-Amand, près d'Ambert (Puy-de-Dôme). Dès lors le renouveau gnostique dit relever d'une "succession apostolique", selon une mode en cours dans certains milieux occultistes de cette époque: mais, bien évidemment l'Église gallicane n'étant point celle de Rome (et étant au moins partiellement reliée au mouvement théosophiste), la validité de cette "succession apostolique" est nulle au regard du catholicisme romain.

Bricaud était intimement lié aux occultistes qui gravitaient dans l'entourage de Vintras: il possédait en particulier un exemplaire des "hosties sanglantes" transmises au sataniste excommunié (et ex-abbé) Joseph-Antoine Boullan et avait rédigé un opuscule de sorcellerie intitulé "Méthode pratique pour l'incubat et le succubat". Ce milieu a eu une influence sur le mouvement "traditionaliste" du début du XXe siècle (Barrès,Léon Bloy etc.), lequel était fortement influencé par le soi-disant "secret de la Salette".

En 1914, Jean Bricaud reprend, à Lyon, et à la suite de Teder (Charles Détré), le mouvement martiniste sur la base des accords de 1911, et les règles de recrutement de Willermoz. Jean Bricaud est nommé légat de l'Ordre Martiniste pour la province de Lyon. Il devient également Grand Maître de Memphis, patriarche de l'Église gnostique universelle, et président de la société occultiste internationale. Il désigne Constant Chevillon comme son successeur martiniste en septembre 1932.

Jean Bricaud meurt le 21 février 1934. Il est enterré le 24 février à Francheville, près de Lyon. C'est au domicile de l'épouse de Jean Bricaud, en 1944, que Constant Chevillon sera arrêté puis assassiné par la Gestapo, selon des modalités qui restent énigmatiques.

Son successeur direct dans l'épiscopat fut Victor Blanchard, "Targelius", consacré le 5 mai 1918 selon le "pontificat vieux-catholique".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Jean Bricaud[modifier | modifier le code]

  • Catéchisme gnostique à l'usage des fidèles de l'Eglise catholique gnostique, Edition du Réveil gnostique, Lyon, 1907, 47 p. Comprend un Symbole de l'Eglise Gnostique [1]
  • Exposition de la religion chrétienne, moderne, scientifique et philosophique, écrit avec Louis-Sophrone Fugairon, 2° éd., Chacornac, 1909, XIV-384 p.
  • Huysmans, occultiste et magicien ; avec une Notice sur les hosties magiques qui servirent à Huysmans pour combattre les envoûtements, Chacornac, 1913, 43 p. Sur Joris-Karl Huysmans
  • J.-K. Huysmans et le satanisme : d'après des documents inédits, Chacornac, 1913, 77 p.
  • La messe noire ancienne et moderne, Chacornac, 1924, 68 p.
  • Les Illuminés d'Avignon, 1927, 114 p. [2]
  • Notes historiques sur le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, Lyon, 1933, 15 p.
  • Notice historique sur le martinisme, Lyon, Edition des Annales initiatiques, 1935, 16 p.
  • Méthode pratique pour l'incubat et le succubat, brochure anonyme de sorcellerie dont Bricaud était l'auteur.

Études sur Jean Bricaud[modifier | modifier le code]

  • Philippe Encausse, Sciences occultes. Papus, sa vie, son œuvre, OCIA, 1949.
  • Robert Amadou, « L'Église Gnostique - histoire, doctrine, rites », in L'Autre Monde, mai 1982
  • René Le Forestier, L'occultisme en France au XIXème et XXème siècle : l'Église Gnostique, 1990 - Archè, Milan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]