Jean Bellette

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Jean Bellette (appelée parfois Jean Haefliger, du nom de son époux), née en 1908 et décédée le 16 mars 1991, est une artiste australienne. Née en Tasmanie, Bellette a fait ses études à Hobart, puis à l'école d'art de Julian Ashton à Sydney, où un de ses professeurs était Thea Proctor. À Londres, elle a eu comme enseignant Bernard Meninsky et Mark Gertler.

Peintre moderniste, elle a exercée une influence dans les cercles artistiques de Sydney au milieu du XXe siècle. Jean Bellette a peint régulièrement des scènes par les tragédies grecques d'Euripide, Sophocle et Homère. Elle a été deux fois lauréat du prix Sulman, en 1942, et 1944. Mariée à l'artiste et critique Paul Haefliger, Jean Bellette s'est installé à Majorque en 1957. Même si elle est régulièrement revenue et a exposé en Australie par la suite, elle n'était plus que de passage en Australie, et ne participait plus aux mouvements artistiques en cours dans ce pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une peinture de George W. Lambert représentant Théa Proctor

Bellette est né à Hobart et a grandi en Tasmanie rurale. Sa mère était artiste et son père postier. Elle n'avait pas de frères et sœurs[1]. Elle a fait ses études dans une école de la Société religieuse des Amis (Quakers), puis au collège technique de Hobart[2],[1]. Elle a ensuite été étudiante à l'art de l'école des Beaux-Arts créée par Julian Ashton à Sydney, avec, parmi ses professeurs Thea Proctor, puis à l'école des Beaux-Arts de Westminster, où elle a été étudiante auprès des peintres figuratifs Bernard Meninsky et Mark Gertler[3],[notes 1].

En 1935, Bellette épouse un autre artiste australien, Paul Haefliger. Ils voyagent en Europe, où Jean Bellette a étudié, et sont de retour juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale[1],[3]. Revenus à Sydney, le couple devient un membre influent de l'Art Group Sydney, un réseau de peintres modernes «à la mode», avec parmi les autres membres William Dobell et Russell Drysdale[4]. Le couple partage son temps entre la communauté artistique de Sydney, et un autre groupe d'artistes à Hill End dans le centre de la Nouvelle-Galles du Sud[5].

Bellette peint et participe à des spectacles et performances, tandis que son mari est critique d'art pour le Sydney Morning Herald[1].

En 1942, Bellette remporte le Prix Sir John Sulman, avec son travail Pour qui sonne le glas. Ce même prix lui est à nouveau attribué en 1944, grâce à sa peinture Iphigénie en Tauride[6]. La composition est située dans un paysage ouvert et aride, avec plusieurs cavaliers sur des chevaux dont l'apparence suggère «le présent australien, plutôt que l'antiquité grecque»[7]. Dans les faits, le jury aurait préféré couronner une autre œuvre de Jean Bellette, Electra, mais elle ne répondait pas aux exigences de taille[8]. Les deux peintures, Iphigénie en Tauride et Electra sont parmi les nombreuses œuvres créées par Jean Bellette dans les années 1940 inspirés par les tragédies d'Euripide, Sophocle et Homère[8]. Le choix de ces sujets, et l'approche adoptée, l'a place en contradiction avec le modernisme dominant[8]. Quelques critiques ont identifié l'influence de peintres européens contemporains tels qu'Aristide Maillol et Giorgio de Chirico, ainsi que celle des peintres italiens du Quattrocento, tels Masaccio et Piero della Francesca, sachant que Jean Bellette avait publié des écrits [8],[5] dans la revue Art in Australia sur certains de ces artistes[9].

Bellette a continué à peindre des scènes néo-classiques, et vers 1950 a produit l’œuvre Chorus without Iphigenia. Acheté par la National Gallery of Australia en 1976, cette peinture à l'huile montre cinq personnages posés comme des statues dans un tableau vivant, et qui possèdent une certaine énergie érotique[5].

En 1951, Bellette est arrivé deuxième dans le Commonwealth Jubilee Art Competition, devancé par le jeune Jeffrey Smart[3]. Des œuvres de Jean Bellette ont été incluses en 1953 dans l'exposition londonienne Arts Council of Great Britain[3]. Jean Bellette et son mari ont quitté l'Australie en 1957 avec l'intention de divorcer tranquillement. Au lieu de cela, ils se sont réconciliés et, après un an à Paris, ils se sont installés définitivement à Majorque, où ils ont vécus et travaillés pour le reste de leur vie[1],[4]. Jean Bellette peignait des paysages et des natures mortes reflètant une influence espagnole, et ceux-ci ont été exposées régulièrement en Australie dans les années 1960[3]. Le couple a continué à se rendre en Australie assez souvent, mais Jean Bellette était devenu une spectatrice de la scène artistique locale[1]. Des amis tels que les artistes Jeffrey Smart et John Olsen leur ont rendus régulièrement visite en Europe[1]. Paul est mort en mars 1982. Jean Bellette le 16 mars 1991.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir ses travaux dans une exposition de 1934, avec des commentaires favorables dans le Sydney Morning Herald

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Hall, Kerr et Callaway 1995, p. 310.
  2. (en) Shirley Hodgson, « Jean Bellette », Centre for Tasmanian Historical Studies,‎ 2006
  3. a, b, c, d et e Germaine 1991, p. 31.
  4. a et b Grishin 2013, p. 312.
  5. a, b et c (en) Anne Gray, « Jean Bellette - Chorus without Iphigenia », National Gallery of Australia
  6. (en) « Sir John Sulman Prize », Art Gallery of New South Wales
  7. Hall 2013, p. 285.
  8. a, b, c et d Edwards, Kerr et Callaway 1995, p. 238.
  9. Burke 1980, p. 72.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date de parution.

  • (en) Sasha Grishin, Australian Art: A History, Carlton, The Miegunyah Press,‎ 2013 (ISBN 978-0-522-85652-1).
  • (en) Edith Hall, Adventures with Iphigenia in Tauris: A Cultural History of Euripides' Black Sea Tragedy, Oxford, Oxford University Press,‎ 2013 (ISBN 9780195392890).
  • (en) Christine France (dir.), Jean Bellette: Retrospective, New South Wales, National Trust of Australia,‎ 2004 (ISBN 0-9577657-5-4) :
    • Christine France, « Jean Bellette: Early life and times », dans Jean Bellette: Retrospective, 10–23 p..
    • Barbara Hall, « Expatriate years: 1957–1991 », dans Jean Bellette: Retrospective, 58–65 p..
    • Amanda Beresford, « Classicism and myth in Jean Bellette's work », dans Jean Bellette: Retrospective, 66–69 p..
    • Christine France, « Exhibition history », dans Jean Bellette: Retrospective, 74–77 p.
  • (en) Deborah Edwards, Joan Kerr (dir.) et Anita Callaway (dir.), Heritage: The National Women's Art Book, Roseville Chase, Nouvelle-Galles du Sud, Australie, G + B Arts International / Craftsman House,‎ 1995, 238–239 p. (ISBN 976-641-045-3), « Jean Bellette - Electra (1944) ».
  • (en) Barbara Hall, Joan Kerr (dir.) et Anita Callaway (dir.), Heritage: The National Women's Art Book, Roseville Chase, Nouvelle-Galles du Sud, Australie, G + B Arts International / Craftsman House,‎ 1995, 310–311 p. (ISBN 976-641-045-3), « Bellette, Jean ».
  • (en) Max Germaine, A Dictionary of Women Artists of Australia, Roseville Chase, Nouvelle-Galles du Sud, Australie, Craftsman House,‎ 1991 (ISBN 9768097132).
  • (en) Janine Burke, Australian Women Artists 1840–1940, Richmond, Greenhouse Publications,‎ 1980 (ISBN 0909104301).
  • (en) « Sydney Art School », The Sydney Morning Herald,‎ 25 septembre 1934, p. 5 (lire en ligne).