Jean Baptiste Pointe du Sable

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Jean Baptiste Pointe du Sable

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Portrait de Jean Baptiste Pointe du Sable (1884)

Nom de naissance Jean Baptiste
Alias
Fondateur de Chicago
Naissance vers 1745
Saint-Marc, Saint-Domingue
Décès 28 août 1818
Saint Charles, Missouri
Drapeau des États-Unis États-Unis

Jean Baptiste Pointe du Sable, né vers 1745 à Saint-Marc (dans l'île française de Saint-Domingue) et décédé le 28 août 1818 à Saint Charles (Missouri) (États-Unis)[1], est le fondateur et premier habitant de la ville de Chicago.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du Sable est un mulâtre, né homme libre[réf. nécessaire] à Saint-Marc dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est le fils d'un marin[réf. nécessaire] français et d'une mère africaine esclave. Son père l'emmena en France où il reçut son éducation.[réf. nécessaire]

En 1765[1], il arrive à La Nouvelle-Orléans, qui était alors sous le contrôle espagnol, vingt ans avant l'arrivée des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique. Il remonte le Mississippi jusque dans l'État actuel de l'Illinois. Il construit une première maison à Peoria[N 1] et épouse une Amérindienne[1], la fille d'un chef local Potawatomi avec qui il eut un fils, Jean, et une fille, Suzanne.

Puis il s'installe à l'emplacement actuel de Chicago (Illinois), où il construit sa deuxième maison vers 1779, trente ans avant la construction de Fort Dearborn. Il y établit un comptoir commercial sur la rive nord de l'embouchure de la rivière Chicago. Il s'agit d'un poste de ravitaillement pour les trappeurs, les marchands, les coureurs des bois et les autochtones. Son commerce devient rapidement prospère en raison de sa situation et se trouve à l'origine de la colonie permanente.

Pendant la Guerre d'indépendance, il est brièvement emprisonné à Détroit (Michigan), par les Anglais qui le suspectent d'être un espion à la solde des Américains[2]. Il ne retrouve sa maison qu'en 1784[1].

Du Sable fait plusieurs voyages au Canada pour acquérir des fourrures et on raconte qu'il était très étroitement associé aux Canadiens français.

En 1800, Du Sable vend sa propriété au trappeur canadien-français Jean La Lime, qui la céda quatre ans plus tard à John Kinzie, un marchand de New York[1]. Il retourne un temps à Peoria avant de s'installer à Saint-Charles (Missouri). La raison pour laquelle il quitte Chicago est inconnue. On pense qu'il fut déçu que la tribu locale des Potawatomi ne fasse pas de lui son chef.

Une reconnaissance tardive par les historiens[modifier | modifier le code]

Bien que « fondateur de Chicago », il fut longtemps ignoré par les historiens d'une part en raison de ses origines (il était mulâtre) et d'autre part, car les premiers récits historiques furent écrits par des amis ou des descendants de John Kinzie, à qui du Sable vendit sa maison en 1800. Ce n'est qu'en 1968, qu'il fut finalement reconnu comme fondateur de Chicago. Le 19 octobre 2009 a été dévoilé un buste en bronze installé le 17 octobre 2009 sur le côté est de Michigan Avenue, juste au nord de la rivière Chicago. La sculpture est un don des membres de la communauté haïtiano-américaine de Chicago[3].

Hommages[modifier | modifier le code]

Le musée afro-américain d'histoire de Chicago, ouvert en 1961, fut renommé DuSable Museum of African American History en 1968, après la proclamation officielle, par l'État de l'Illinois et la ville de Chicago, de Jean Baptiste Pointe Du Sable comme « fondateur de Chicago ».

En 1987, l'US Postal Service émet un timbre poste commémorarif de Jean Baptiste Pointe Du Sable dans la série Black Heritage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Peoria se trouve dans le sud-ouest de l'agglomération de Chicago

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) « History of Jean-Baptiste Pointe DuSable », DuSable Heritage Association (consulté le 03-07-2009)
  2. Charles Balesi. The Time of the French in the Heart of North America, 1673-1818. Alliance Française
  3. Haiti Press Network, « Haiti-USA: La ville de Chicago honore son fondateur, l'Haïtien Jean-Baptiste Pointe DuSable », sur http://haitipressnetwork.com/index.cfm, Haiti Press Network,‎ 19 octobre 2009 (consulté le 23 octobre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Haiti et Chicago, de Saint-Marc à Saint-Charles, Missouri. ; Jérémie; Port-au-Prince, Impr. La Phalange, 1953. (OCLC 1865414)
  • LaVerne C. Johnson et Craig Rex Perry, Jean Baptiste DuSable, Chicago, Empak Enterprises, 1992. (OCLC 27108403)
  • Carole Marsh, Jean Baptiste Pointe du Sable : father of Chicago, Gallopade International, 2003. (OCLC 54508324)
  • Milo Milton Quaife, Checagou; from Indian wigwam to modern city, 1673-1835, Chicago, University of Chicago Press, 1933. (OCLC 1865758)
  • Shirley Graham Du Bois, Jean Baptiste Pointe de Sable: founder of Chicago, J. Messner, 1953, 180 p.
  • Susan Sleeper-Smith, Indian women and French men: rethinking cultural encounter in the Western Great Lakes, University of Massachusetts Press, 2001, 234 p. (ISBN 1558493107) (ISBN 9781558493100)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]