Jean Agélou

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Jean Agélou, né à Alexandrie (Égypte) le 16 octobre 1878 et mort à Gien (Loiret)[citation nécessaire] en 1921, est un photographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Il est surtout connu pour les photos de nu qu'il réalisa au début du XXe siècle. Ses photos étaient signées « JA » et l'un de ses modèles favoris était connu sous le nom de « Fernande ». Nous parlerions aujourd'hui de « photographe de charme », catégorie au demeurant fort mal définie et non dénuée d'ambiguïté.

Les années 1900 marquent un certain âge d'or de la photographie érotique, mais les images circulent sous le manteau et les photographes sont contraints à une certaine discrétion. D'où, évidemment, la signature « JA » bien connue des amateurs mais derrière laquelle s'est longtemps caché Agélou. Il a fallu longtemps pour que l'on découvre le véritable auteur, né en octobre 1878 de parents vivant à Alexandrie.[citation nécessaire] Après avoir publié ses clichés dans la revue L'Étude académique, publication théoriquement réservée aux artistes et qui comptera jusqu'à 20 000 abonnés, il devint son propre éditeur de cartes postales. Ses œuvres, susceptibles de remonter le moral des troupes, auraient facilement traversé la censure pour circuler dans les tranchées, lors de la Première Guerre mondiale.

Les mœurs ont bien changé au fil des années. Curieusement, l'âge des modèles, de 20 à 24 ans, est toujours mentionné. L'une des modèles n'a que 14 ans, ce qui sans doute choquerait à notre époque « moderne » et vaudrait à l'auteur les foudres de la justice. À cette époque, pour respecter la loi du 16 mars 1899 et celle, plus contraignante, du 7 avril 1908 (les ligues de vertu ont frappé), les revues érotiques sont vendues ou expédiées sous enveloppes cachetées. Elles cachent en réalité la vente par correspondance de cartes postales « coquines » qui souvent témoignent d'une grande complicité entre les modèles, probablement très intéressés par les bénéfices, et les photographes.

Par le jeu de l'autocensure, le nu intégral disparaît au milieu de l'année 1908 de toutes les revues ; les images en stock sont retouchées, un voile pudique ou une petite culotte providentielle sont ajoutés et le pinceau des retoucheurs fait disparaître les poils pubiens. On ne les reverra qu'au début des années 1970, sauf au Japon où ils sont toujours interdits et dans les pays soumis à l'obscurantisme religieux.

Jean Agélou est mort dans un accident de voiture avec son frère Georges, à l'âge de 43 ans. Georges s'occupait des aspects commerciaux et Jean, de la recherche des modèles et des prises de vues. Les photographies étaient faites en studio et en lumière naturelle, les toiles de fond étaient dues à des peintres qui réalisaient, sur demande, tous types de décors.

Christian Bourdon et Jean-Pierre Bourgeron, grands collectionneurs de cartes postales, se sont efforcés de constituer une monographie aussi complète que possible sur cet auteur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Christian Bourdon, De l'académisme à la photo de charme, Paris, Marval,‎ mai 2006 (ISBN 978-2862343945)