Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier

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Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier
Image illustrative de l'article Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier

Naissance 18 janvier 1733
Divonne-les-Bains
Décès 6 juillet 1803 (à 70 ans)
Ornex
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Grade Général de division
Lieutenant-général
Années de service 17451796
Conflits Guerre de l’indépendance américaine
Guerres de la Révolution
Commandement Armée du Centre (1791)
Armée du Rhin (1792)
Armée des Pyrénées occidentales (1793)
Faits d'armes Bataille de Valmy (1792)
Distinctions Croix de Saint-Louis

Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier (né à Divonne-les-Bains le 18 janvier 1733 et mort à Ornex le 6 juillet 1803), dénommé sous la Révolution Étienne Deprez-Crassier, est un militaire français devenu député de la noblesse de l'Assemblée constituante de 1789 puis général de l'Armée révolutionnaire française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier est le fils de Jean Baptiste de Prez, seigneur de Crassier, et de Marie Anne de Foras. Il naît le 18 janvier 1733[1] au château de Crassier, localité dépendant de la paroisse de Divonne. Il n'a que 12 ans lorsque son père décède en 1745, laissant sa veuve et ses six enfants criblés de dettes[2]. Celle-ci n'a d'autre solution que d'envoyer ses enfants s'enrôler dans l'armée. Étienne devient donc cadet dans le régiment suisse de Vigier[3]. Ainsi commence alors une brillante carrière militaire qui le mènera jusqu'au grade de général puis de lieutenant-général.

En 1760, il fait la connaissance de Voltaire qui venait de s'installer en voisin comme seigneur de Ferney. Alors que les jésuites tentent de s'approprier les biens fonciers de la famille de Prez, il obtient un prêt important de l'écrivain, bien content de jouer un tour au clergé, permettant ainsi à la famille de récupérer ses biens en 1765[2].

Lorsque Louis XVI convoque les États généraux à Versailles, Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier est élu député de la noblesse du bailliage de Gex le 5 avril 1789[4]. Il fait partie des 47 députés de la noblesse ralliés au tiers état pour constituer la première Assemblée nationale, où il siège jusqu'au 30 septembre 1791.

Après avoir participé comme général de division aux guerres de la Révolution française, il est nommé commandant en chef de l'Armée du Rhin puis de l'Armée des Pyrénées occidentales. Il arrêté le 4 octobre 1793 et emprisonné à la citadelle de Bayonne ; de nombreux généraux issus de la noblesse ont été suspendus par les réprésentants du peuple et internés en cette époque de Terreur révolutionnaire, puis réintégrés entre 1795 et 1796. Un des motifs invoqués pour maintenir Deprez-Crassier incarcé sans jugement était qu'il n'avait pas restitué sa Croix de Saint-Louis obtenue sous l'Ancien Régime, tandis qu'il expliquait qu'elle était restée chez lui dans le pays de Gex.

Il est finalement libéré au bout de 16 mois de détention[note 1] et réintégré dans l'armée. Sa retraite est prononcée le 17 juin 1796. Il se retire alors dans son pays de Gex natal, et décède le 6 juillet 1803 dans sa demeure d'Ornex[3].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Après avoir servi dans le régiment de Vigier en Italie, il est nommé enseigne en 1748 puis sous-lieutenant en 1754[3]. Il devient ensuite capitaine au régiment Royal-Deux Ponts en 1757, et participe jusqu'en 1763, aux campagnes l'Allemagne de la Guerre de Sept Ans, durant lesquelles il est blessé à deux reprises[5], le 5 novembre 1757 à la bataille de Rossbach (défaite française) et le 23 juillet 1758 à la bataille de Sondershausen (victoire française).

Son parcours de 1764 à 1784 est mal connu[note 2] ; on sait uniquement qu'il est nommé lieutenant-colonel en 1773. En 1785, il sert d'abord comme colonel puis comme adjudant-général dans la légion française du comte de Maillebois[5] intervenue en Hollande pour soutenir le parti démocratique contre la Prusse. Lorsque cette légion est licenciée en 1787, il prend sa retraite de militaire[3].

Après la survenue de la Révolution française puis du soulévement des 5 et 6 octobre 1789, et devenu député de la noblesse, il décide de reprendre du service. Nommé d'abord commissaire pour les départements de l'Ain, de la Haute-Saône et du Doubs, il est ensuite affecté comme général de division à l'Armée du Centre créée le 14 décembre 1791. Le 20 septembre 1792, il participe à la bataille de Valmy[6] lors de laquelle il commande l'avant-garde des troupes de l'armée du général Kellermann.

Le 26 décembre 1792, il est nommé lieutenant-général, commandant en chef par intérim de l'Armée du Rhin à Strasbourg. Il est destitué une première fois de ses fonctions le 3 avril 1793 sur ordre du général Custine, avec lequel il était en désaccord, et il est rappelé le 6 juin[5] sur instructions du ministre de la guerre[note 3]. Le 28 août 1793, il est nommé commandant en chef de l'Armée des Pyrénées occidentales à Saint-Jean-de-Luz. Enfin, après avoir été suspendu de ses fonctions le 4 octobre 1793 et incarcéré pendant 16 mois durant la Terreur, il est réintégré comme commandant de la 5e division militaire, à Strasbourg, poste qu'il occupe jusqu'à sa mise à la retraite en 1796[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est durant sa captivité à Bayonne qu'il a écrit, pour plaider sa cause, son mémoire à l'attention de la Convention nationale qui fut ensuite publié et qui a permis aux historiens de reconstituer la biographie de Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier.
  2. Une biographie indique qu'il aurait fait partie du corps expéditionnaire français ayant participé à la Guerre d'indépendance des États-Unis de 1780 à 1783, mais il n'y fait nullement allusion dans son plaidoyer de 1794 ; il s'agit probablement d'un confusion avec son frère Louis Aimable de Prez de Crassier, dont il est avéré qu'il a participé à cette expédition.
  3. Custine sera arrêté le 22 juillet 1793, traduit devant le Tribunal révolutionnaire, condamné à mort et guillotiné le 28 août 1793.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême, registre des B.M.S. de Divonne-les-Bains pour 1732-1736, vue no 20 consultable en ligne sur le site des archives départementales de l'Ain.
  2. a et b Henri Buathier et Raymond Grosgurin, Ferney-Voltaire : Pages d'histoire, Annecy, Gardet, coll. « Cercle d'études ferneysiennes »,‎ 1990 (2e édition), p. 156-158
  3. a, b, c, d et e « Jean Etienne Philibert de Prez-de-Crassier », sur site de la mairie d'Ornex (consulté le 5 juillet 2013)
  4. « Jean, Étienne, Philibert de Prez de Crassier », sur site de l'Assemblée nationale (consulté le 5 juillet 2013)
  5. a, b et c Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier, Deprez-Crassier, général de division en arrestation à Bayonne, à la Convention nationale, Guérin,‎ 1795
  6. [PDF] « Le général gessien Deprez-Crassier s’était distingué à Valmy », sur Association des Mémoires Ornésiennes (consulté le 5 juillet 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Lire sur gallica.bnf.fr Deprez-Crassier, général de division en arrestation à Bayonne, à la Convention nationale écrit par Deprez-Crassier lui-même pour sa défense en 1794.