Jean-Jacques Rousseau

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Jean-Jacques Rousseau

Philosophe occidental

Époque moderne des Lumières

Description de cette image, également commentée ci-après

Pastel de Maurice Quentin de La Tour, Jean-Jacques Rousseau, en 1753, (alors âgé de 41 ans)

Naissance 28 juin 1712
Flag of Canton of Geneva.svg République de Genève
Décès 2 juillet 1778 (à 66 ans)
Ermenonville,
Royaume de France Royaume de France
École/tradition Contractualisme, précurseur du romantisme
Principaux intérêts Politique, éducation, éthique, religion, musique, botanique
Idées remarquables État de nature, contrat social, perfectibilité
Influencé par Plutarque, Machiavel, Hobbes, Descartes, Locke, Malebranche
A influencé Kant, Maistre, Robespierre, Wollstonecraft, Schiller, Fichte, Hegel, George Sand, Lévi-Strauss, Rawls, Émile Durkheim
Adjectifs dérivés rousseauiste

Jean-Jacques Rousseau, né le 28 juin 1712 à Genève et mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville, est un écrivain, philosophe et musicien genevois de langue française.

La vie de Jean-Jacques Rousseau est une vie d'indépendance et même d'instabilité. Il quitte d'abord Genève à seize ans pour la Savoie où il se forme en autodidacte chez Mme de Warrens avant de gagner Paris en 1742 pensant faire carrière dans la musique. Il a alors une existence difficile, cherchant divers protecteurs et vivant avec Thérèse Levasseur qui lui donnera cinq enfants, abandonnés à l'Assistance Publique. Dans le même temps il rencontre Diderot et écrit des articles sur la musique pour l'Encyclopédie, cependant s'il participe à l'esprit des Lumières par son rejet des régimes autocratiques, il s'en sépare sur l'idée d'un « heureux siècle de fer » et de progrès cher à Voltaire. Entretenant de façon générale des relation interpersonnelles difficiles, il se réfugie plusieurs fois dans la solitude séjournant de nouveau en Suisse en 1762 après la condamnation de ses ouvrages par le Parlement de Paris. Il entreprend alors d'écrire son autobiographie pour se justifier et multiplie les lieux de résidence pour finalement retourner à Paris en 1770 et vivre en copiant de la musique. Il meurt à 66 ans en 1778 et sa dépouille sera transférée au Panthéon par la Convention au moment de la Révolution française en 1794.

Rousseau entre dans l'histoire des idées avec ses brefs essais Discours sur les sciences et les arts (1750) et De l'Inégalité parmi les hommes (1755) en opposant l'état de nature qui faisait le bonheur de l'humanité, à l'état social, source des insatisfactions générales. Ayant pris le contrepied de la philosophie de Hobbes, il sait néanmoins un retour à l'origine impossible et il poursuit une réflexion sur le fonctionnement d'une société démocratique basée sur le Contrat social (1762) dans lequel le peuple souverain organise la vie collective. Rousseau propose aussi avec Émile, ou De l'éducation (1762) une réflexion sur l'éducation qui doit s'appuyer sur la préservation des qualités naturelles de l'enfant et assurer plutôt des savoir-faire concrets que des savoirs livresques.

Dans le domaine littéraire, l'apport de Jean-Jacques Rousseau est également déterminant avec Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), roman par lettres sur le modèle anglais du Pamela de Richardson, qui sera un des plus gros tirages du siècle en séduisant par sa peinture préromantique du sentiment amoureux et de la nature, et avec Les Confessions (rédigées entre 1765 et 1770 mais publication posthume en 1782 et 1789) et Les Rêveries du promeneur solitaire (écrites en 1776-1778, publiées en 1782) qui fondent l’autobiographie moderne dans lesquelles l'auteur se livre à une observation approfondie de son « moi » intime.

Ainsi, l'influence de Jean-Jacques Rousseau sera majeure aussi bien dans le domaine de la philosophie politique en nourrissant la réflexion sur la démocratie que dans le domaine de la littérature, et au-delà dans les comportements, avec la place nouvelle faite à la sensibilité qui s'épanouira au début du siècle suivant avec le romantisme.

Sommaire

Biographie

Jean-Jacques Rousseau est le fils d'Isaac Rousseau (Genève, 1672 - Nyon, 1747), horloger comme son père et son grand-père, et de Suzanne Bernard (Genève, 1673 - Genève, 1712), décédée le 7 juillet 1712, neuf jours après la naissance de Jean-Jacques. Elle-même était fille d'un horloger nommé Jacques Bernard. À partir de dix ans, Jean-Jacques est élevé par son oncle Gabriel Bernard[1], pasteur protestant, qu'il prend pour son grand-père. Sa famille, d'origine française, s'était installée à Genève en 1549 pour fuir la persécution religieuse[2]. Son père ayant dû fuir Genève à la suite d'une querelle, Jean-Jacques est confié au pasteur Lambercier à Bossey (au pied du Salève, au sud de Genève), où il passe deux ans (1722 - 1724). Son oncle le place ensuite comme apprenti chez un greffier, puis en 1725 chez un maître graveur. Jean-Jacques avait un frère, prénommé François, né le 15 mars 1705, dont il perd la trace assez tôt en Allemagne, dans la région de Fribourg-en-Brisgau[3].

Jeunesse

Jean-Jacques quitte Genève, ville calviniste, à seize ans en 1728. C'est le curé de Confignon, Benoît de Pontverre, qui l'adresse à une Vaudoise de Vevey, la baronne Françoise-Louise de Warens, récemment convertie au catholicisme, dont il s'éprend et qui sera plus tard sa tutrice et sa maîtresse. Dans les Confessions, Rousseau souhaite que leur rencontre, le 21 mars 1728, soit matérialisée par un balustre d'or. Aussi peut-on observer à Annecy une statue du philosophe entourée d'un balustre doré sur lequel est écrit « un matin de Pâques fleuries, Rousseau rencontra ici madame de Warens ». La baronne l'envoie à Turin où il se convertit au catholicisme le 23 avril. L'année suivante, il retourne chez celle qu'il appelait « Maman » alors que cette dernière n'était que de 13 ans plus âgée que lui, dans « une petite maison au penchant d'un vallon », près de Chambéry, que Les Confessions ont rendue célèbre : « les Charmettes[4] ». Mme de Warens est à l'origine d'une grande partie de son éducation sentimentale et amoureuse[5].

En 1730, il voyage à pied jusqu'à Neuchâtel, où il enseigne la musique. Il décide ensuite d'aller en Savoie, à Chambéry, en passant par Thônes.

En 1732, il revient à Chambéry, où il travaille aux services administratifs du duché de Savoie, puis comme maître de musique auprès des jeunes filles de la bourgeoisie et de la noblesse chambériennes. Il séjourne près de dix ans dans la capitale de la Savoie.

En 1734, il devient l'intendant de Mme de Warens. C'est chez elle qu'il écrit, en 1739, son premier livre, Le Verger de Madame la baronne de Warens. Il apprécie la ville : « S'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéry. »

Mais celle qui lui fit écrire, je lui dois « de ne pas mourir sans avoir connu le plaisir[6] » fut Madame de Larnage, âgée de vingt ans de plus que lui, mère de dix enfants, qu'il allait voir à Bourg-Saint-Andéol en présence de son mari, lieutenant-général des armées du roi et en se faisant passer pour « Dudding », un citoyen anglais.

Débuts philosophiques

  • À Paris, en 1742 et 1743, il essaie d'exploiter l'invention d'un système de notation musicale en publiant successivement le Projet concernant de nouveaux signes pour la musique et la Dissertation sur la musique moderne. Il se lie avec Denis Diderot et Madame d'Épinay.
  • en 1743 et 1744, Rousseau est secrétaire du comte de Montaigu, ambassadeur de France à Venise.
  • En 1745, à Paris, il rencontre Thérèse Levasseur, modeste servante d'auberge, avec qui il se met en ménage[7]. Les cinq enfants qui naissent successivement seront confiés aux Enfants-Trouvés, l'assistance publique de l'époque. Il expliquera d'abord qu'il n'avait pas les moyens d'entretenir une famille[8], puis dans le livre 9 des Confessions qu'il fit ce choix principalement pour soustraire ses enfants à l'emprise de sa belle-famille qu'il jugeait néfaste. Cette décision lui sera reprochée plus tard[9].
Pierre-Alexandre Du Peyrou, habitant riche de Neufchâtel et son ami, qui a publié une partie de son œuvre.

Célébrité et polémiques

Rousseau, qui vit alors dans la hantise d'un complot dirigé contre lui, commence son œuvre autobiographique.

Œuvre autobiographique

Tombeau au Panthéon de Paris
  • En 1778, le marquis de Girardin lui offre l'hospitalité, dans un pavillon de son domaine d'Ermenonville, près de Paris ; c'est là que l'écrivain philosophe meurt subitement le 2 juillet 1778, de ce qui semble avoir été un accident vasculaire cérébral[10]
  • Le lendemain de sa mort, le sculpteur Jean-Antoine Houdon prend le moulage de son masque mortuaire. Le 4 juillet, le marquis de Girardin fait inhumer le corps dans l'île des Peupliers dans la propriété où, en 1780, s'élèvera le monument funéraire dessiné par Hubert Robert, exécuté par J.-P. Lesueur. Le philosophe est rapidement l'objet d'un culte, et sa tombe est assidûment visitée.
  • Les révolutionnaires le porteront aux nues et la Convention demandera son transfert au Panthéon. L'hommage solennel de la nation française a lieu le 11 octobre 1794 : au cours d'une grandiose cérémonie, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées d'Ermenonville au Panthéon où le hasard fait qu'il repose en face de Voltaire, qu'il n'appréciait guère. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement l'une des gloires de la nation française.

Grands principes de la philosophie rousseauiste

Il est l'un des plus illustres philosophes du siècle des Lumières et l'une des influences intellectuelles connues de la Révolution française. Tous se réclament de lui. Les révolutionnaires, d'un extrême à l'autre, prétendent « ne marcher que le Contrat social à la main ». Mais paradoxalement, des théoriciens de la contre-révolution (Joseph de Maistre, Louis-Gabriel de Bonald) se réclament eux aussi de Rousseau. Il était considéré par Arthur Schopenhauer comme le « plus grand des moralistes modernes ». Schopenhauer disait : « Ma théorie a pour elle l'autorité du plus grand des moralistes modernes : car tel est assurément le rang qui revient à J.-J. Rousseau, à celui qui a connu si à fond le cœur humain, à celui qui puisa sa sagesse, non dans des livres, mais dans la vie ; qui produisit sa doctrine non pour la Chaire, mais pour l'humanité ; à cet ennemi des préjugés, à ce nourrisson de la nature, qui tient de sa mère le don de moraliser sans ennuyer, parce qu'il possède la vérité, et qu'il émeut les cœurs[11] ». Ses travaux ont influencé grandement l'esprit révolutionnaire français. Il est particulièrement célèbre pour ses travaux sur l'homme, la société ainsi que sur l'éducation. La philosophie politique de Rousseau se situe dans la perspective dite contractualiste des philosophes britanniques des XVIIe et XVIIIe siècles, et son fameux Discours sur l'inégalité se conçoit aisément dans la perspective d'un dialogue avec l'œuvre de Thomas Hobbes. Rousseau était d'une grande sensibilité. David Hume disait de lui[12] : « Toute sa vie il n'a fait que ressentir, et à cet égard sa sensibilité atteint des sommets allant au-delà de ce que j'ai vu par ailleurs ; mais cela lui donne un sentiment plus aigu de la souffrance que du plaisir. Il est comme un homme qui aurait été dépouillé non seulement de ses vêtements, mais de sa peau, et s'est retrouvé dans cet état pour combattre avec les éléments grossiers et tumultueux[trad 1]. ». Et Bertrand Russell d'ajouter[13] : « C'est le résumé le plus sympathique de son caractère qui est en quelque forme compatible avec la vérité[trad 2] ».

Religion

Rousseau se méfie beaucoup de la religion telle que révélée par les témoignages des hommes (l'Église) et les livres sacrés (tous traduits).

Cependant, pour avoir une vue assez précise du rapport que le Citoyen de Genève entretient avec la religion chrétienne, un certain nombre d'indications doivent être conservées à l'esprit.

  • En premier lieu, les données biographiques : Rousseau, élevé à Genève dans la foi protestante du calvinisme genevois, se laisse convertir au catholicisme romain lors de son passage à Turin à l'âge de 17 ans, puis abjure le catholicisme à l'âge de 42 ans, pour renouer avec les autorités genevoises. Au final, en 1768, il épouse civilement Thérèse Levasseur à Bourgoin en France, sans pour autant consacrer religieusement cette union (ce qui, à l'époque, rend le mariage invalide).
  • Ensuite, il faut tenir compte des différents écrits publiés de son vivant, qui tous occupent une fonction stratégique et sont proposés sous une forme rhétorique différente. Trois groupes de textes sont ainsi à prendre en compte :
    • Les écrits « théoriques », ou « dogmatiques », comme par exemple la Lettre à Voltaire sur la Providence; le livre IV de l'Émile, Profession de foi du vicaire savoyard, ajouté in extremis à l'ouvrage, peu avant l'impression ; le 8e et dernier chapitre du Contrat social, lui aussi ajouté au dernier moment à la fin du livre (ce chapitre 8 est le plus long de l'ensemble de l'ouvrage) ; enfin, la Nouvelle Héloïse. On remarquera que ces trois derniers ouvrages ont été publiés à la même période (1762-1763).
    • Les écrits de justification ou de polémique : la Lettre à Christophe de Beaumont, les Lettres écrites de la montagne et les Dialogues (Rousseau juge de Jean-Jacques).
    • La correspondance privée, notamment les lettres à Paul Moultou et la lettre à Franquières de 1769[14].

Ce qui ressort de manière frappante dans l'ensemble des textes publics et privés peut être résumé dans la formule que Rousseau adresse à C. de Beaumont :

« Monseigneur, je suis chrétien, et sincèrement chrétien, selon la doctrine de l'Évangile. Je suis chrétien, non comme un disciple des prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ »

Cette formule révèle un christianisme singulier, débarrassé de toute théologie ; Jean-Jacques Rousseau nie la nécessité des médiations : ni prêtres, ni pasteurs, ni théologiens, il ne croit pas en la foi nécessaire et non plus qu'aux miracles, ou à la doctrine du péché originel. Sa foi chrétienne est une sorte de déisme rationaliste, héritée de Bernard Lamy et de Nicolas Malebranche[15] : il y a un dieu parce que la nature et l'univers sont ordonnés. Rousseau n'est pas matérialiste (voir la Lettre à Franquières), mais il n'est ni un protestant orthodoxe, ni un catholique romain. Pourtant, il se dit croyant, y compris dans sa lettre du 14 février 1769 à Paul Moultou, lequel semble désireux de renoncer à sa foi, qu'il exhorte à ne pas « suivre la mode »[16].

Politique

Les sources de la pensée politique de Rousseau sont nombreuses et se construisent en critiquant et en s'inspirant de Lucrèce, de Hobbes, de Locke, des théoriciens du droit naturel (Hugo Grotius, Pufendorf), de Montesquieu. Il s'est aussi opposé aux Physiocrates, les premiers économistes français, pour qui la création de richesse ne pouvait provenir que de l'exploitation de la terre (physio-cratie = « pouvoir de la terre »). On garde de lui quelques lettres échangées avec Mirabeau père, l'auteur de l'Ami des Hommes. Dès le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau affirme son originalité en réfutant la thèse de la sociabilité naturelle de l'homme et en affirmant sa bonté naturelle.

Du contrat social, édition de 1772

La nature et «l'état de nature» chez Rousseau

La conception de la nature chez Rousseau est peu dissociable de ces positions concernant la société et la politique, puisque c'est en partant de l'idée d'une nature idéalisée dont «les premiers mouvements sont toujours droits »[17] qu'il aborde une problématique courante à son époque : comment était l'Homme lorsqu'il vivait à l'état de nature, comment s'est déroulé le passage de l'état de nature à la réunion des Hommes en société, et enfin, quelles en ont été les conséquences. Ainsi, puisque « Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses »[18], Rousseau affirme que l'humanité dans sa condition primitive est exempt de perversité ou de vice[19].

Si l'opposition de Rousseau envers la thèse de la socialité naturelle le rapproche de Hobbes, qui voyait dans l'homme naturel un être isolé et cherchant avant tout à contenter ses besoins, il se détache cependant clairement du penseur anglais au sujet de la nature bonne ou mauvaise de l'humain à l'état de nature. En effet, au contraire de Rousseau, Hobbes affirmait, reprenant Plaute, que l'« homme est un loup pour l'homme » (homo homini lupus est). Et cela n'est pas sans conséquence sur leur idéal politique : considérant l'agressivité naturelle de l'homme, Hobbes, profondément choqué par la guerre civile et les troubles religieux anglais du XVIIe siècle, réclamait un pouvoir royal absolu confisquant la violence individuelle au profit de l'État ; enthousiasmé par la bonté naturelle, Rousseau, lui, considère que le pouvoir doit venir des individus eux-mêmes.

Dans son Discours sur l'origine de l'inégalité entre les Hommes publié en 1755, Rousseau présente déjà l'état de nature comme une situation heureuse, où les Hommes d'une part vivent dans l'abondance, d'autre part sont libres et égaux, bien qu'étant proche d'une condition animale. En effet, Rousseau estime qu'il ne peut y avoir ni domination ni droit fondée sur la nature, et donc qu'il ne peut y avoir d'inégalité de droit à l'état de nature. L'amour de soi, l'amour d'autrui (pitié) et le désir de conservation sont les seules passions naturelles que Rousseau attribue à l'Homme, dans Emile ou l'éducation, et ce en considérant l'amour de soi comme ni bon ni mauvais en lui-même[19].

Lorsque l'humanité sorti de cet état primitif, ce ne fut ni strictement le fait de sa volonté (l'homme étant alors satisfait de son état), ni celui d'une nécessité absolue (à l'exemple de "la guerre de tous contre tous" qu'invoque Hobbes). Elle est plutôt le fruit du hasard, puisque c'est la nature, qui « subitement est devenu inhospitalière [et] a poussé les hommes à s'unir pour lutter contre les dangers »[20]. Cependant, c'est aussi la nature elle-même qui paradoxalement rendait possible cette sortie de l'état de nature, car Rousseau considère que l'Homme, à la différence des autres animaux, a naturellement en lui le potentiel de développer des passions et des désirs qu'il ne possède pas primitivement, tout comme de développer sa capacité de raisonner - possibilité qu'il appelle la « perfectibilité » de l'Homme.

Société, liberté et égalité

Selon Rousseau, ce n'est qu'une fois les Hommes regroupés en société, et plus précisément une fois que fut instauré la propriété, que surgissent les inégalités et l'état de guerre. Et c'est de de là que s'imposa la nécessité d'établir des lois et celle de se soumettre à une autorité commune.

Ainsi, Rousseau soutient d'une part que le besoin de reconnaissance sociale fut le premier pas vers l'inégalité [21], d'autre part que le « vrai fondateur de la société civile » fut le premier qui parvint à s'approprier un terrain[22]. Ainsi, société, inégalité et vices sont pour Rousseau associées : « l'égalité rompue fut suivie du plus affreux désordre : c'est ainsi que les usurpations des riches, les brigandages des pauvres, les passions effrénées de tous étouffant la pitié naturelle, et la voix encore faible de la justice, rendirent les hommes avares, ambitieux, et méchants » [23].

Cependant, bien que Rousseau lie ensemble inégalités et organisation sociale, il affirme dans le Contrat Social « que le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation [...] se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et l'égalité. »[24]. Dans son discours sur l'inégalité, Rousseau affirmait d'ailleurs déjà qu'il est « incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donnés des chefs pour défendre leur liberté et non pour les asservir »[25], montrant par là qu'il n'estime pas comme inéluctable la corruption qu'engendre la société, mais qu'au contraire, « C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. »[24]. Plutôt que de défendre un retour à l'état de nature au nom de la liberté et le bonheur innocent auquel Rousseau l'associe, il entreprend d'imaginer une forme d'association politique qui permette la liberté et l'égalité au sein d'une société.

Le Contrat Social et l'idée de démocratie chez Rousseau

Le Contrat social a parfois été considéré comme le texte fondateur de la République française, non sans malentendus, ou à titre d'accusation de la part des opposants à la République. On s'est surtout attaché à sa théorie de la souveraineté : celle-ci appartient au peuple et non à un monarque ou à un corps particulier. Assurément, c'est chez Rousseau qu'il faut chercher les sources de la conception française de la volonté générale : contrairement aux théories politiques anglo-saxonnes, Rousseau ne considère pas la volonté générale comme la somme des volontés particulières — c'est-à-dire la volonté de tous -, mais comme ce qui procède de l'intérêt commun : « ôtez [des volontés particulières] les plus et les moins qui s'entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale ».

Dans le Contrat social, Rousseau cherche le fondement d'une autorité légitime parmi les hommes. Il s'agit pour lui de définir à quelles conditions l'homme peut se soumettre à une autorité, ici de nature politique, sans rien perdre de sa liberté. L'homme étant naturellement libre, ce fondement ne peut être qu'une convention. Comment les hommes peuvent-ils associer leurs forces, sans renoncer pour autant à la liberté ? Tel est le problème du contrat social, énoncé en ces termes : « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant ».

On oublie souvent que Rousseau destinait son Contrat social à de petits États. Il s'inspirait de deux modèles, l'un antique (la cité grecque, notamment Sparte alors tenue pour démocratique), l'autre moderne (la République de Genève). Rousseau s'opposait à l'opinion de la majeure partie des « Philosophes » qui admiraient souvent les institutions anglaises, modèle d'équilibre des pouvoirs loué par Montesquieu et Voltaire. Parmi ses écrits politiques (Livre de poche ISBN 978-2-253-05593-8) Rousseau a été mandaté par la république de Gênes afin de donner une Constitution à la Corse où le « small is beautiful » est souligné car il se base sur le fonctionnement institutionnel de la Confédération Helvétique de son époque, il a aussi étudié le fonctionnement du gouvernement de la Pologne. Rousseau s'opposait également avec force au principe de la démocratie représentative et lui préférait une forme de démocratie directe, calquée sur le modèle antique. Se borner à voter, c'était, selon lui, disposer d'une souveraineté qui n'était qu'intermittente. Il moque ainsi le système électoral alors en cours en Angleterre, en affirmant que le peuple n'y est libre que le jour des élections, et esclave sitôt que leurs représentants sont élus[26]. Sa critique envers l'idée de représentation de la volonté est donc sévère : « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement.», concluant que « Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi »[27]. En revanche, il s'oppose à la diffusion massive des savoirs, comme le montre son Discours sur les sciences et les arts qui y voit la cause de la décadence moderne. Le modèle de Rousseau est bien plus Sparte, cité martiale, dont le modèle entretenait déjà quelque rapport avec la cité de La République de Platon, qu'Athènes, cité démocratique, bavarde et cultivée. Certains critiques — comme l'universitaire Américain Lester G. Crocker —, particulièrement sensibles au modèle d'autarcie et d'unité nationales de Rousseau, lui ont reproché d'avoir favorisé le totalitarisme moderne. Cette opinion est devenue minoritaire depuis quelque temps, mais elle témoigne de la force polémique qu'ont encore de nos jours les écrits du « Citoyen de Genève » .

Jean-Jacques Rousseau et la musique

Compositeur et théoricien

Avril page 2

La musique fut la vocation contrariée de Rousseau ; loin d'être un compositeur aussi brillant que Rameau, il n'en demeure pas moins qu'il a su apporter de nouvelles innovations en musique telles que, par exemple, le Mélodrame (Pygmalion) inspirant notamment Berlioz (Lélio ou le Retour à la vie). Initié par Madame De Warens, il en vécut médiocrement durant son séjour à Paris, gagnant sa vie essentiellement en tant que copiste (« Je sens combien je vais me nuire à moi-même si l'on compare mon travail à mes règles : mais je n'ignore pas que celui qui cherche l'utilité publique doit avoir oublié la sienne. Homme de lettres, j'ai dit de mon état tout le mal que j'en pense ; je n'ai fait que de la musique française, et n'aime que l'italienne ; j'ai montré toutes les misères de la société quand j'étais heureux par elle: mauvais copiste, j'expose ici ce que font les bons. O vérité! mon intérêt ne fut jamais rien devant toi; qu'il ne souille en rien le culte que je t'ai voué. » Article Copiste, Dictionnaire de Musique p.125). Rousseau fut l'auteur et compositeur d'un intermède, Le Devin du village (1752), lequel fut célébré par le roi Louis XV. En conséquence, ce dernier proposa d'offrir une bourse à Jean-Jacques, mais celui-ci la refusa. Ce fut à cette occasion qu'éclata la première dispute entre Rousseau et Diderot, ce dernier le pressant d'accepter l'offre du roi.

En réalité, dans le deuxième Dialogue, Rousseau énumère un acte de Daphnis et Chloé, une seconde musique du Devin du Village, plus de cent morceaux de divers genres, six mille pages copiées de musique de harpe, de clavecin ou solo et concerto de violon, travail de copiste sur six ans, lequel lui permit de vivre. Sans oublier non plus le Dictionnaire de musique édité en 1767, approuvé par Alexis Claude Clairaut (le 15 avril 1765) et très prisé des musiciens européens de l'époque, dans lequel Rousseau reprenait et actualisait, à la demande de Diderot les dizaines d'articles écrits pour l'Encyclopédie. Très influencé d'abord par les écrits harmoniques de Rameau, il était devenu très critique, depuis la Querelle des Bouffons (voir sa Lettre sur la musique française en 1752), à l'égard de l'harmonie. Selon Louis Laloy (in Rameau p. 139), « Pour le citoyen de Genève [i.e. Rousseau], toute musique qu'il ne saurait écrire lui-même est gothique ».

Il décida notamment d'adapter un air à la pièce Avril de Rémy Belleau : Musique de la pièce Avril

Durant sa période chambérienne il a imaginé un nouveau système de transcription des notes de musique.

Harmonie et mélodie

On retrouve toute cette problématique philosophique entre harmonie et mélodie développée dans l'Essai sur l'origine des langues (sous-titré Où il est parlé de la mélodie et de l'imitation musicale). Jean-Jacques Rousseau place la mélodie avant la musique, car elle permet l'humanisation du naturel en l'homme, alors qu'il dénie à l'harmonie toute valeur d'émotion. La mélodie n'est que la transcription des passions humaines qu'expriment par leur chant les hommes, définis spécifiquement par leur perfectibilité, c'est-à-dire leur capacité à évoluer, à acquérir et développer toutes leurs faculté et leur imagination, en improvisant leur histoire dans une temporalité non préétablie par une quelconque harmonie plus ou moins pythagoricienne. C'est sans doute grâce à Rousseau que la musique et la chanson populaires ont continué et renouvelé une tradition mêlant poésie et chant qui aurait été à l'origine des langues dans une improvisation qui n'est qu'une conséquence du développement de la perfectibilité et de l'imagination propre au paradigme de l'humain et de la mélodie.

Citations

Œuvres

Page de garde du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau,
fruit d'un concours lancé par l'Académie de Dijon
Page de garde Émile ou de l'Éducation de Jean Jacques Rousseau

Pour toutes les œuvres de Rousseau, l'édition de référence, riche en introductions, notes et variantes, est celle des Œuvres complètes, 5 tomes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade. Le tome I (1959) comprend les œuvres autobiographiques ; le tome II (1961), la Nouvelle Héloïse, les pièces de théâtre, et les essais littéraires ; le tome III (1964), les écrits politiques ; le tome IV (1969), les ouvrages relatifs à l'éducation, la morale et la botanique (Rousseau a suivi les cours de René Desfontaines) ; le tome V (1995) les écrits sur la musique, la langue et le théâtre, ainsi que les textes historiques et scientifiques.

Notes et références

Traductions

  1. (en) « He has only felt during the whole course of his life, and in this respect his sensibility rises to a pitch beyond what I have seen any example of ; but it still gives him a more acute feeling of pain than of pleasure. He is like a man who was stripped not only of his clothes, but of his skin, and turned out in this situation to combat with the rude and boisterous elements »
  2. (en) « This is the kindest summary of his character that is in any degree compatible with truth. »

Notes

  1. « Gabriel Bernard, frère de ma mère, », Confessions, Livre premier, page 44, édition GF, 1968.
  2. Raymond Trousson, dans la biographie qu'il consacre à Rousseau, indique que la famille était originaire de Monthléry, près d'Étampes, au sud de Paris. C'est l'aïeul d'Isaac Rousseau, Didier Rousseau, qui laissa Monthléry pour Genève. Cf. Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau. Taillandier, 2003. 850 pages. ISBN: 284734098X.
  3. Tous ces renseignements sur la petite enfance de Jean-Jacques se trouvent dans le Livre premier des Confessions.
  4. La maison est une propriété du marquis François de Conzié. C'est chez lui que Rousseau va trouver une importante bibliothèque, avec laquelle il va se fabriquer un magasin d'idées. Rousseau reverra Conzié longtemps après le décès de Mme de Warens. Cf. GUILLERMIN C., Notice de M. de Conzié des Charmettes, sur Mme de Warens et Jean-Jacques Rousseau et Bail de la propriété des Charmettes. Bulletin de la Société savoisienne d’histoire et d’archéologie, I, 1856, p.73-90.
  5. Rousseau avoue que celle qui lui enseigna le plaisir fut Madame de Larnage (rencontrée lors de son voyage de Chambéry à Montpellier). Sur ce point, voir la notice consacrée à Mme de Larnage dans le Dictionnaire Jean-Jacques Rousseau, sous la direction de R. Trousson et F. Egeldinger.
  6. Œuvres complètes, tome XVII
  7. Il épouse Thérèse civilement à Bourgoin-Jallieu le 30 août 1768.
  8. Lettre à Madame de Francueil, 1751
  9. Reproches partagés par Voltaire entre autres, lorsqu'il se posera en pédagogue dans son livre Émile et par la coterie holbachique (autour de Holbach, Grimm, Diderot etc.). Cependant, certains des amis de Rousseau, comme Madame d'Épinay (avant sa brouille avec Jean-Jacques, du fait de son amitié avec Grimm), offriront d'adopter ces enfants. Sur ce point, voir la biographie de Raymond Trousson.
  10. Voilà le récit de la mort de Rousseau tel que le fait G. Lenotre dans Vieilles maisons, vieux papiers, Perrin et cie, 1914, quatrième série: « Le 2 juillet le cabaretier Antoine Maurice aperçut le philosophe se promenant, dès cinq heures du matin, malgré la rosée ; il le vit rentrer vers sept heures, apportant du mouron cueilli pour ses oiseaux.
    Deux heures plus tard, Antoine entendit des cris provenant du pavillon qu'habitaient les Rousseau ; il y courut. Mme Rousseau appelait au secours ; son mari était tombé sur le plancher, dans la pièce du premier étage, et s'était blessé à la tempe. Presque au même moments, le cabaretier, M. et Mme de Girardin arrivèrent suivis de quelques domestiques et d'un chirurgien ; celui-ci essaya d'une saignée, mais Jean-Jacques déjà, ne donnait plus signe de vie ».
    .... De l'événement, dans le village et les environs, les versions les plus diverses circulaient. M. Rousseau, affirmaient les uns, s'était tué d'un coup de pistolet. Payen, le maître de poste de Louvres, servait la nouvelle aux voyageurs qui relayaient chez lui. D'autres assuraient que le pauvre Jean-Jacques s'étant avisé – bien après tous les autres – des relations de Mme Rousseau avec un domestique du château voulait quitter Ermenonville : elle s'était refusée à le suivre : alors il avait cherché dans la forêt des mauvaises plantes qu'il connaissait et il les avait infusées dans son café du matin. C'est la version adoptée par Mme de Staël, par Corencez et par Musset Pathay. On a supposé pire encore »

    Jean-Jacques, qui au dire de Mme de Staël, avait appris le matin même les relations de sa femme avec un homme de la domesticité de M. de Girardin, s'est-il suicidé de désespoir, a-t-il été assassiné par sa femme, ou est-il mort d'apoplexie séreuse comme l'affirme le procès verbal d'autopsie ?.(JJ Rouseau Hommage national par A. Castellant). Quant au marquis de Girardin, il niait hautement le suicide. Ce qui est certain, c'est que sa femme Thérèse Levasseur, âgée de 57 ans, devait épouser peu après ce domestique nommé Antoine Bally, âgé de 34 ans, et dilapider avec lui les économies de Jean-Jacques et ses droits d'auteur pour finir dans la misère.
  11. Arthur Schopenhauer, Le Fondement de la morale, trad. par A. Burdeau, Aubier-Montaigne, 1978 à la p.162
  12. (en) Bertrand Russell, The History of Western philosophy, Paris, 1944, p. 691 
  13. (en) Bertrand Russell, The History of Western philosophy, New York, 1945, p. 691 .
  14. Voir l'édition en 20 volumes de la Correspondance Générale (1926) par Théophile Dufour et Pierre-Paul Plan. La lettre à Franquières et la lettre à Paul Moultou se trouvent au volume XIX.
  15. Sur la pensée religieuse de J.-J. Rousseau et son inspiration : Henri Gouhier, Les méditations métaphysiques de Jean-Jacques Rousseau, Vrin, 1970 .
  16. Jean-Jacques Rousseau, Correspondance Générale, 20 volumes, Édition de Théophile Dufour et Pierre-Paul Plan, Armand-Colin, 1926. Particulièrement, s'agissant de la Lettre à Franquières et de la lettre à Paul Moultou, voir le volume XIX.
  17. « Posons pour maxime incontestable que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits : il n’y a point de perversité originelle dans le cœur humain ; il ne s’y trouve pas un seul vice dont on ne puisse dire comment et par où il y est entré. La seule passion naturelle à l’homme est l’amour de soi-même, ou l’amour-propre pris dans un sens étendu. Cet amour-propre en soi ou relativement à nous est bon et utile ; et, comme il n’a point de rapport nécessaire à autrui, il est à cet égard naturellement indifférent ; il ne devient bon ou mauvais que par l’application qu’on en fait et les relations qu’on lui donne. »
  18. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, p. 35
  19. a et b Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Paris, Garnier-Flammarion, 1966 
  20. Discours sur l'inégalité, p. 221 ?
  21. « Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. Celui qui chantait ou dansait le mieux ; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus éloquent devint le plus considéré, et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers le vice en même temps : de ces premières préférences nâquirent d’un côté la vanité et le mépris, de l’autre la honte et l’envie ; et la fermentation causée par ces nouveaux levains produisit enfin des composés funestes au bonheur et à l’innocence »
  22. « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerre, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux, ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne”. »
  23. Jean-Jacques Rousseau|Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Paris, Gallimard, 1965 
  24. a et b « Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et l’égalité. La liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l’État ; l’égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle. […] Mais si l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il ne faille pas au moins le régler ? C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. »
  25. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Paris, Gallimard, 1965, p. 110 
  26. J. J. Rousseau, Contrat social, livre III, chapitre XV
  27. J.J. Rousseau, Du Contrat Social

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Jacques Rousseau à Venise (1743-1744) raconté par lui-même. Maurice Glomeau, Editeur - Paris - 1920.
  • Les enfants de Jean Jacques Rousseau, Claude Genoux, Serriere imprimeur, 1857 [1]

Ouvrages généraux

Ouvrages spécialisés

  • Raymond Trousson et Frédéric S. Eigeldinger (ed.), Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau, Éditions Honoré Champion, 2006.
  • Frédéric S. Eigeldinger, Études et documents sur les minora de Jean-Jacques Rousseau, Éditions Honoré Champion, 2009.
  • Tanguy L'Aminot (dir), Politique et révolution chez Jean-Jacques Rousseau, Oxford, Voltaire Foundation, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 324, 1995.
  • Michel Coz, Jean-Jacques Rousseau, Paris, Vuibert studio, 1997, ISBN 978-2-7117-6218-7.
  • Michel Coz, La Cène et l'Autre Scène : Désir et profession de foi chez Jean-Jacques Rousseau, Paris, Honoré Champion, 1998, ISBN 978-2-85203-844-8.
  • Michel Coz et François Jacob, Rêveries sans fin : Autour des « Rêveries du promeneur solitaire », Orléans, Paradigme, 1997, ISBN 978-2-86878-187-1.
  • Robert Derathé, Jean-Jacques Rousseau et la science politique de son temps, Paris, Vrin, 2000, (ISBN 978-2-7116-0178-3).
  • Victor Goldschmidt, Anthropologie et politique, Paris, Vrin, 2000, (ISBN 978-2-7116-0311-4).
  • André Charrak, Raison et perception : fonder l'harmonie au XVIIIe siècle, Paris, Vrin, 2002, (ISBN 978-2-7116-1498-1).
  • Bruno Bernardi, La Fabrique des concepts. Recherches sur l'invention conceptuelle chez Rousseau. Paris, Champion, 2006
  • Blaise Bachofen, La Condition de la liberté. Rousseau, critique des raisons politiques. Paris, Payot, 2002. (ISBN 978-2-228-89665-8)
  • Florent Guénard, Rousseau et le travail de la convenance. Paris, Champion, 2005
  • Francis Farrugia, Archéologie du pacte social, L'Harmattan, 1994.
  • Charles Coutel, Lumières de l'Europe : Voltaire, Condorcet, Diderot, Paris, Ellipses, 1997
  • Béatrice Didier, La musique des Lumières : Diderot, l'Encyclopédie, Rousseau, Paris, PUF, 1985
  • Jean-Luc Guichet, Rousseau, l’animal et l’homme : l’animalité dans l’horizon anthropologique des Lumières, Paris, Éditions du Cerf, 2006
  • Gérard Namer,
    • Le Système social de Rousseau : De l'inégalité économique à l'inégalité politique, L'Harmattan, 1999, (ISBN 978-2-7384-7437-7)
    • Rousseau sociologue de la connaissance : De la créativité au machiavélisme, L'Harmattan, 2000, (ISBN 978-2-7384-7847-4)
  • Frédéric Worms, Rousseau, Emile ou de l'éducation, Livre IV, Ellipses, 2001, (ISBN 978-2-7298-0634-7).
  • Roger D. Masters, La philosophie politique de Rousseau, traduit de l’américain par G. Colonna d’Istria & J.-P.Guillot, Lyon, ENS Éditions, 2002, (ISBN 978-2-84788-000-7).
  • Arthur Metzler, Rousseau. La bonté naturelle de l'homme. Belin, 1998.
  • Catherine Kintzler, Poétique de l'opéra français de Corneille à Rousseau, Paris, Minerve, 2006, (ISBN 978-2-86931-111-4).
  • Colette Soler, L’aventure littéraire, ou la psychose inspirée, Rousseau, Joyce, Pessoa, éd. du Champ Lacanien, 2001.
  • Germán A. de la Reza, La invención de la paz. De la República cristiana del duque de Sully a la Sociedad de naciones de Simón Bolívar, Siglo XXI Editores, México, 2009, (ISBN 978-607-03-0054-7)
  • Pierre Villey, L'influence de Montaigne sur les idées pédagogiques de Locke et de Rousseau, 270 p., Hachette, Paris, 1911 ; ouvrage en ligne sur Gallica

Recueils d'articles

Recueils d'articles:

  • Pensée de Rousseau, (ouvrage collectif) : Robert Derathé, Paul Bénichou, Charles Eisenmann, Ernst Cassirer, Leo Strauss. Paris, Seuil-Points. 1984. ISBN: 2-02-006981-4. EAN: 9782020069816. 180 pages.
  • Rousseau et la philosophie, Sous la direction d'André Charrak et de Jean Salem, Paris, La Sorbonne, 2004, (ISBN 978-2-85944-511-9).
  • Rousseau et les sciences, Sous la direction de Bernadette Bensaude-Vincent et Bruno Bernardi, Paris, L'Harmattan, 2003, (ISBN 978-2-7475-5100-7).
  • Musique et langage chez Rousseau, Études présentées par Claude Dauphin, Oxford, Voltaire Foundation, Studies on Voltaire and the eighteenth century 2004:08, ISSN 0435-2866.

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