Jean-Pierre Riou

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Jean-Pierre Riou

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Fest-Rock avec le Bagad Kemper à Saint-Pol-de-Léon le 15 juillet 2012.

Informations générales
Naissance 27 avril 1963
Morlaix, Bretagne, Drapeau de la France France
Genre musical Ethno-rock
Instruments Voix, guitares (Yamaha), bombarde, mandoline, banjo, harmonica, tin whistle...
Années actives Depuis 1980
Labels Keltia Musique
Site officiel Blog Soleils-blancs

Jean-Pierre Riou, né le 27 avril 1963 à Morlaix et résidant à Locquirec, est un auteur-compositeur-interprète, français de culture bretonne.

Guitariste, talabarder, mandoliniste, banjoïste et harmoniciste, il est principalement reconnu comme chanteur et leader du groupe Red Cardell depuis 1992, ayant su sur les traces de ses ainés Alan Stivell et Dan Ar Braz, concilier le rock et les musiques actuelles avec les musiques traditionnelles. Depuis 2013 il est également un des frontmen du groupe The Celtic Social Club au côté du musicien écossais Jimme O'Neill.

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte familial[modifier | modifier le code]

En Trégor, sa grand-mère maternelle accordéoniste anime les bals de la région et son grand-père éprouve très tôt une vocation de collecteur (son petit-fils possède les cents cinquante pages de son cahier de chants en breton et français recueillis durant l'expédition des Dardanelles de la Grande Guerre. Sa mère, trégoroise, et son père originaire de Tréboul, sont tous deux instituteurs à Plougras au début des années 1960[1]. Il voit le jour à Morlaix où se situe la maternelle la plus proche de la maison parentale. Benjamin d'une famille de six enfants, il est profondément marqué par ses grands frères jumeaux, plus âgés que lui d'une dizaine d'années. Vénérant le blues et le rock, ils pratiquent en amateurs éclairés la guitare électrique et la batterie dans un foyer « cultivé »[1].

Âgé de sept ans, sa famille déménage à Lannion, où ses parents ont obtenu un nouveau poste. Deux ans plus tard, il découvre la musique d'Alan Stivell par le disque en public À l'Olympia, un des deux millions d'exemplaires vendus parvenu dans sa maison. Cette musique bretonne vivante, joyeuse et conquérante, est pour lui une immense révélation et la naissance d'une vocation[1]. Après avoir reçu une flûte irlandaise, il reprend d'oreille les grands classiques du harpeur. Semblable émotion le saisit un an plus tard à l'écoute du premier album des Diaouled Ar Menez, dont il reproduit aussi les morceaux de bravoure à la flûte pour commencer[2]. À l'école Joseph Morand de Lannion, Jean-Luc Le Grouyec, un maître remplaçant, lui prête sa bombarde, voyant l'intérêt qu'a l'élève pour la flûte[3]. Mais jouant seul de la bombarde, il ne parvient pas à progresser rapidement[2].

Premières expériences[modifier | modifier le code]

Âgé de onze ans, Jean-Pierre range provisoirement sa « providentielle » bombarde au placard. Rapidement, il imite ses deux frères qui animent des bals dans la région. Il se « fait les mains » à la batterie et sur sa guitare JMR58, en s'immergeant dans la musique de Led Zeppelin, des Shadows, des Who et des Doors[3]. Il commence à pratiquer assidûment la guitare à l'âge de treize ans[1].

À Locquirec où Jean-Pierre vit désormais, au collège de Plestin-les-Grèves, puis au lycée de Morlaix où il prépare un baccalauréat scientifique, l'envie de vivre de la seule musique devient de plus en plus impérieuse. Il remplace progressivement les reprises par la composition d'un répertoire singulier et l'écriture de texte pour que les mots qu'il souhaite exprimer collent aux notes qui sortent du ventre de sa guitare. Le jeune homme aime les poètes du XIXe siècle et c'est en français qu'il pose les premières pierres d'un répertoire où règnent des histoires de sentiments.Le temps du lycée est aussi celui de l'éducation musicale : la connaissance des multiples musiques du monde avec Bob Marley, Touré Kunda, Talking Heads et King Crimson, la découverte du punk rock des Clash[4]. Il s'intéresse aussi à ce qui est produit plus près de lui : admirateur de Dan Ar Braz, intéressé par Storlok, le premier véritable groupe de rock breton, impressionné par le travail d’orfèvre du guitariste Soïg Sibéril au sein de Kornog, il se délecte aussi aux nouveaux albums de Jacques Higelin parfois accompagné des finistériens Dan Ar Braz et Jacky Thomas[4]. Dans l'intention de suivre des études de statistiques, il quitte Morlaix pour Vannes. Mais son seul plaisir est de revenir jouer avec son groupe d'amis à Plestin.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

La bombarde[modifier | modifier le code]

Duo de bombarde et d'accordéon avec Red Cardell

Il retrouve la bombarde au sein du Bagad de Lann-Bihoué pendant son service militaire, où pour accompagner plus tard « le grand » Youenn Gwernig, également à la guitare, sur l'album Emañ ar bed va iliz[3] sorti en 1990, ou encore plus tard avec Penfleps, Red Cardell et Dr Das d'Asian Dub Foundation.

Les Joyeux fusibles[modifier | modifier le code]

En 1980 à Locquirec, avec Louis Le Bihan et Yann Cadran, Jean-Pierre Riou fonde son premier groupe Les Joyeux Fusibles, avec qui il débute sur les planches, comme guitariste chanteur, en 1982 et 83[5].

Début 1984, avec Louis, il se rend sur l'autre terre du rock à Londres ou il joue dans les clubs, jusqu'à faire la plonge dans les pubs pour assurer son gagne-pain, puis à Brighton, avec une pied à terre à Hove, où ils construisent pour jouer sur scène une batterie en boites de conserves[5]. À son retour à Plestin-les-Grèves, il écrit à nouveaux beaucoup s'inspirant de la douleur de Brel et de la colère de Léo Ferré. De ces riches influences découlent sa poétique propre, tournée vers la mélancolie[4].

En 1993, les trois amis se retrouvent pour sortir leur 1er album, En 2 minites c'est cuit, en autoproduction, puis vingt ans plus tard, début 2013, pour l'enregistrement du 2e album Petite love qui sort en septembre.

Karroth rapées et Electric Arsenal[modifier | modifier le code]

En 1986, il rencontre des musiciens professionnels, le batteur Jean-Jacques Baillard et le bassiste Gilles Lozach. Avec eux et le pianiste Jean-Luc Jaouan, il enregistre des cassettes pour pouvoir trouver des lieux de représentation. Devenu surveillant au collège des Quatre Moulins, sur la rive droite de la Penfeld à Brest, il se produit depuis cette base arrière dans quantité de lieux en Bretagne, notamment les cafés-concerts alors très répandus et parvient ainsi à donner une quarantaine de concerts par an[6], mais l'argent que reçoit le groupe couvre à peine les frais de déplacement et l'achat de matériel[6].

Le groupe qui porte le nom de Karroth Rapées, combo blues façon punk rock est rejoint en 1988 par le guitariste Jacques Pellen, avec lequel il joue ensuite en 1991, dans Electric Arsenal, quatuor ty zef qui fait sonner le tonnerre dans les ports de Brest et Portsall pour quelques concerts hauts en couleur avec David Rusaouen à la batterie et Alain Guilloux à la basse.

Penfleps et Red Cardell[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Penfleps.
Article détaillé : Red Cardell.
Jean-Pierre Riou avec Jean-Michel Moal et les frères Guichen

En 1989, Jean-Pierre Riou avec Jean-Jacques Baillard & Farid Aït Siameur[7] (futurs Taÿfa) démarre l'aventure Penfleps[8], rejoints par le percussionniste Jacques Moreau et l'accordéoniste Jean-Michel Moal en 1990[9].

Avec ce dernier, et le batteur Ian Proërer, il fonde Red Cardell en 1992 dont il est depuis 2012 le dernier membre originel toujours actif. Avec le groupe, pilier de la scène rock bretonne, il enregistre quelques 120 chansons originales dont il est l'auteur et, l'un des principaux compositeur, sur 15 albums, dont 5 live, et donne pas moins de 2 000 concerts[10] à travers Europe et l'Amérique du Nord.

Toutes ces années au sein de Penfleps et Red Cardell lui donnent l'occasion de cotoyer la scène indépendante des années 1990 avec La Mano Negra, Les Négresses vertes, Noir Désir ou Pigalle, puis plus tard de partager souvent la scène avec les nombreux invités et amis du groupe tel que Dan Ar Braz, Dave Pegg, Jimme O'Neill, Les Frères Guichen, Ronan le Bars, Louise Ebrel, Gérard Blanchard, Stéfane et Iza Mellino.

Sur son blog Si ça vous chante, Fred Hidalgo (Paroles et musiques, Chorus) écrit à propos de la musique et des paroles du trio : « Un bonheur de métissage musical... De la chanson française bien comprise... où se rejoignent et s'intègrent des airs d'ici et d'ailleurs, au service de textes significatifs et à l'écriture soignée » et ajoute son sentiment : « Ce qui fait de Red Cardell... l'un des groupes français au long cours les plus originaux et attachants de ces dernières décennies »[11].

Considéré comme un acteur majeur du rock en Bretagne[10],[12], Red Cardell demeure, depuis sa création, l'un des piliers du rock celtique[13],[3], doublement enraciné et novateur à l'instar d'Alan Stivell, le précurseur et initiateur de la vague celte des années 1970.

Les Citrons[modifier | modifier le code]

Durant ces mêmes années, il forme en parallèle un autre trio avec Jean-Michel Moal et l'accordéoniste Robert Kervran (Della, Jouin, Guichard, Langolff, Allright). Au sein des Citrons, outre des classiques de Red Cardell revisités, ils interprètent des standards tel que Gloria, Honky Tonk Women ou Mon amant de Saint-Jean.

The Celtic Social Club[modifier | modifier le code]

Le 4 avril 2014, lors d'une conférence de presse au Ceili pub à Quimper, les Vieilles Charrues dévoilent la création de l'année du festival et la présence de The Celtic Social Club le 18 juillet sur la « scène Kerouac » après la prestation de Tinariwen et avant celle d'Elton John. Keltia musique annonce de son côté la sortie d'un album un mois plus tôt, le 18 juin. Caramba spectacles prévoit une tournée en 2015 dont la préparation se fera à La Sirène, la salle de musiques actuelles de La Rochelle[14]. Le groupe initié et dirigé par Manu Masko comprend sept musiciens dont Jean-Pierre Riou[15].

Les livres[modifier | modifier le code]

En 2008, le journaliste Ronan Gorgiard choisit une photo du chanteur de Red Cardell sur scène pour illustrer la couverture de son livre L'étonnante scène musicale bretonne[16].

Pour celui écrit par Luc Rodaro Le festival du chant de marin de Paimpol, qui paraît en 2012 aux éditions Planète rêvée[17], c'est une photo des deux « frêres de la note », Jean-Michel Moal et Jean-Pierre Riou, qui est choisi pour la couverture.

Dans le second tome de Rok - 50 ans de musiques électrifiés en Bretagne de 1960 à nos jours aux éditions LADTK (2013), une photo en filigrane de Jean-Pierre illustre le chapitre Une nouvelle vague celte.

Le livre Red Cardell, vingt !, paru aux éditions Palantines retrace l'épopée du groupe breton, considéré par l'un des vingt auteurs comme l'un des plus grands groupes que la Bretagne ai donné au rock'n roll[10], et par un autre comme l'un des meilleurs groupes européens[18] .

Les autres projets[modifier | modifier le code]

En 2002, pour leur album Adrénaline, les nord-finistériens de Merzhin invitent Jean-Pierre à poser sa voix sur le refrain de la chanson Bandit[19].

Depuis 2006 il intervient régulièrement dans des collèges du Poitou-Charentes et de Bretagne pour animer des ateliers d'écriture et de chant.

En 2012, il met en scène la nouvelle création de Startijenn, El-Taqa[20] avec le chanteur de Raï Sofiane Saïdi. Puis, il travaille à la composition et à la direction artistique de la chorale géante « Chœur de ville »[21] qui enregistre un album et donne une représentation sur le parvis de la Cathédrale Saint-Corentin de Quimper la veille de Noël. Il livre le texte Dans mon sac pour l'album Just playing des bigoudens d'Outside Duo[22].

Historique de la composition de Penfleps[modifier | modifier le code]

Historique de la composition de Red Cardell[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Red Cardell[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Red Cardell.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums en concert[modifier | modifier le code]

Album expérimental[modifier | modifier le code]

Compilations et collectors[modifier | modifier le code]

Penfleps[modifier | modifier le code]

Youenn Gwernig[modifier | modifier le code]

Les Joyeux Fusibles[modifier | modifier le code]

Chœur(s) de ville[modifier | modifier le code]

The Celtic Social Club[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d ArMen, p. 9
  2. a et b Jean-Pierre Riou, « La Guitare », sur soleils-blancs.over-blog.com,‎ 13 novembre 2010 (consulté le 27 mars 2013)
  3. a, b, c et d ROK, p. 134
  4. a, b et c ArMen, p. 10
  5. a et b Jean-Pierre Riou, « Les Joyeux Fusibles », sur overblog.com, Soleils blancs,‎ 31 janvier 2013 (consulté le 19 mars 2013)
  6. a et b ArMen, p. 11
  7. Stéphane Guihéneuf, « Farid Aït Siameur. L'âme de Taÿfa », Le Télégramme,‎ 11 juin 2011 (lire en ligne)
  8. Vingt ans !, p. 7
  9. Jean-Pierre Riou, Red Cardell - Vingt ans !, Palantines, coll. « Culture et patrimoine »,‎ 2012, 127 p. (ISBN 978-2-35678-063-8), p. 8
  10. a, b et c Vingt ans !, p. 13
  11. Fred Hidalgo, « Si tu me payes un verre. Vendanges d’automne (10) », sur touteslesmusiquesquejaime, Over Blog,‎ 2 décembre 2010 (consulté le 8 avril 2013)
  12. Gorgiard 2008, p. 199
  13. « Red Cardell, pilier du rock celtique, en route pour un 12e album », francetv.fr,‎ 8 décembre 2009 (consulté le 31 mars 2013)
  14. « Vieilles charrues. The Celtic social club, nouvelle création musicale », Ouest-France,‎ 4 avril 2014 (lire en ligne)
  15. « Celtic Social Club. Sept mercenaires libèrent la musique celtique ! », Le Télégramme,‎ 4 avril 2014 (lire en ligne)
  16. Ronan Gorgiard, L'étonnante scène musicale bretonne, Palantines, coll. « Culture et patrimoine »,‎ 2008, 255 p. (ISBN 978-2-911434-98-3)
  17. « Enfin un livre sur le festival du chant de marin! », sur paimpol-festival.fr, Festival du chant de marin de Paimpol,‎ 16 septembre 2012 (consulté le 31 mars 2013)
  18. L'étonnante scène musicale bretonne, p. 199
  19. Gegers, « MERZHIN - Adrénaline (2002) », sur nightfall.fr, Forces Parallèles, chroniques éclectiques,‎ 15 décembre 2011 (consulté le 23 mars 2013)
  20. Startijenn El-Taqa - Une création pour fêter 15 ans de scène
  21. Delphine Tanguy, « Choeurs de ville. En Musik avec Red Cardell », Le Télégramme,‎ 1er octobre 2012 (lire en ligne)
  22. Stéphane Guihéneuf, « Outside Duo. Jouer, tout simplement... », Le Télégramme,‎ 22 décembre 2012 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]