Jean-Pierre Rassam

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Jean-Pierre Rassam

Nom de naissance Jean-Pierre Rassam
Naissance 14 octobre 1941
Beyrouth, Liban
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 28 janvier 1985 (à 43 ans)
Paris
Profession Producteur de cinéma
Films notables Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
La Grande Bouffe
Lancelot du Lac
Tess

Jean-Pierre Rassam est un producteur de cinéma français d'origine libanaise, né le 14 octobre 1941 à Beyrouth (Liban) et mort le 28 janvier 1985 (à 43 ans) à Paris. Il fait partie des grands producteurs aventuriers de la création comme Raoul Lévy, Paulo Branco ou Gérard Lebovici. Jean-Jacques Schuhl a tracé son portrait sous un masque de fiction dans son roman Ingrid Caven.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chrétien libanais d'origine, ce fils de diplomate issu de la grande bourgeoisie libanaise[1] est arrivé en France à l'âge de 8 ans[2]. Il fut étudiant à Sciences-Po Paris au début des années 1960, avant de se lancer dans la production de film. Il se choisit un exemple et un mentor, Barbet Schroeder. Ce dernier vient de fonder en 1964 avec Éric Rohmer, la société des Films du Losange. Barbet Schroeder témoigne de cette époque : « Quand je l'ai rencontré, il avait 22 ans, et déjà une idée fixe : produire des films. On s'est vu durant les années 1960, où il était un brillant rêveur. La décennie suivante, c'était une autre ambiance : il avait réussi et était entouré de personnages assez atteints qui vivaient avec lui et à ses frais au Plaza Athénée ».

Il s'ensuit dix ans de succès en tant que producteur. Il travaille avec Jean-Luc Godard et produit Tout va bien, Numéro deux, Ici et ailleurs et Comment ça va?, tous les films de son ami Jean Yanne (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, Moi y'en a vouloir des sous, Les Chinois à Paris), Marco Ferreri (La Grande Bouffe, Touche pas à la femme blanche !), Robert Bresson ( Lancelot du Lac ) et Roman Polanski (Tess)[1].

Au sommet de sa gloire, en 1974, il veut racheter la société Gaumont, mais la transaction n'aboutit pas. Suite à cet échec, il devient dépressif et dépendant aux drogues et à l'alcool. Il revient en 1984 comme producteur exécutif pour le film Le Bon Roi Dagobert de Dino Risi avec Coluche, Michel Serrault, Ugo Tognazzi et sa compagne Carole Bouquet. En 1985, épuisé, il se suicide en avalant des médicaments et des somnifères. L'autopsie conclut à un empoisonnement au Binoctal[2].

Il est inhumé au cimetière de Montfort-l'Amaury dans une sépulture où viendront le rejoindre sa sœur Anne-Marie (ancienne épouse de Claude Berri, né Langmann) et le fils de ceux-ci, Julien Rassam (né Langmann).

Vie privée et famille[modifier | modifier le code]

Il a vécu dans une suite du Plaza Athénée durant de nombreuses années. Il fut le compagnon de l'actrice Carole Bouquet avec laquelle il eut un fils, Dimitri Rassam[3], désormais producteur de films. Beau-frère du cinéaste et producteur Claude Berri et frère du producteur Paul Rassam, il était l'oncle de Thomas Langmann et Julien Rassam.

Lors du procès des écoutes téléphoniques de l'Élysée, qui s'est tenu en janvier 2005[4]:

  • sa compagne Carole Bouquet, avec qui il a vécu les sept dernières années de sa vie, l'a décrit comme un « homme immensément drôle » mais « fragile, sous l'emprise de l'héroïne, dont il essayait de se délivrer » ;
  • selon les membres de la cellule, commandée par Christian Prouteau, Jean-Pierre Rassam aurait entretenu des liens douteux avec le président algérien Chadli et le colonel Khadafi, et aurait été un correspondant de la DST.

Une biographie le concernant est sortie en avril 2007.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'écrivain Jean-Jacques Schuhl évoque Jean-Pierre Rassam à travers la figure de Mazar dans ses romans Ingrid Caven et Entrée des fantômes[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rassam sur Evene.fr
  2. a et b http://phenixblanc.net/2012/02/27/les-origines-libanaises-et-torturees-de-thomas-langmann-producteur-de-the-artist/#more-3476
  3. http://www.purepeople.com/article/carole-bouquet-son-amour-pour-jean-pierre-rassam-defunt-pere-de-son-fils-aine_a84805/1
  4. Le Figaro du jeudi 27 janvier 2005, page 10, Carole Bouquet blessée d'avoir été écoutée
  5. Josyane Savigneau, « Jean-Jacques Schuhl : Une espèce d'histoire, et un peu de mon histoire », Le Monde des livres,‎ 14 janvier 2010 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]