Jean-Pierre Maransin

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Jean-Pierre Maransin
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.

Naissance 20 mars 1770
Lourdes (Hautes-Pyrénées)
Décès 15 mai 1828 (à 58 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade Général de division
Années de service 17921832
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Son nom figure sur la 35e colonne de l'arc de triomphe de l'Étoile (pilier Ouest)

Jean-Pierre Maransin, né le 20 mars 1770 à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et mort le 15 mai 1828 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous officier et officier subalterne[modifier | modifier le code]

Volontaire le 13 février 1792 dans le 1er bataillon de volontaire des Hautes-Pyrénées, élu capitaine le même jour, il fit les campagnes de 1792 à l'an II à l'armée des Pyrénées occidentales.

Le 3 septembre 1793, à la tête de cinq compagnies qu'il commandait, il repoussa l'attaque du régiment d'Africa, dirigée contre le camp d'Ainhoa. Il s'empara des hauteurs de Laudibart, du village d'Urdach, des magasins et de la fonderie de canons que l'ennemi y avait établis.

Le 22 messidor an II, à la tête du 1er bataillon des Hautes-Pyrénées, il attaqua le camp des émigrés dits de la légion de Saint-Simon, près de Berdaritz, prit, après le combat le plus opiniâtre, la caisse militaire de la légion, et en fit la remise au général Digonnet. Assailli, pendant l'action, par un nombre considérable d'émigrés, il en tua deux de sa main et dispersa les autres à coups de sabre.

Le 26 vendémiaire an III, lors de l'invasion de la vallée de Roncevaux par le général Moncey, il attaqua, avec 1 200 hommes, et prit de vive force, le château d'Irati, enleva le chantier de cette ville, brûla les magasins de la mâture royale, et causa à l'ennemi une perte de 4 millions.

Passé avec son bataillon dans la demi-brigade des Landes, le 1er germinal suivant, il se rendit à l'armée de l'Ouest où il fit la campagne de la fin de cette année à l'an IV.

Au mois de vendémiaire an IV, avec cinq compagnies de grenadiers, il défendit un convoi de grains attaqué par 4 000 Vendéens commandés par Charette ; il parvint à les disperser et amena le convoi à Legé, au moment où le général Raoul le croyait tombé entre les mains de l'ennemi.

Employé, en l'an VI, à l'armée d'Angleterre, et en l'an VII à celle du Danube, il soutint, le 4 floréal de cette dernière année, avec sa compagnie et quelques fuyards qu'il avait ralliés, les charges d'une nombreuse cavalerie autrichienne, sauva les débris de la division Ferino, qui avait été mise en désordre, et reprit six pièces de canon. Cette action lui valut le grade de chef de bataillon le 26 prairial suivant.

Il fit les campagnes des ans VIII et IX à l'armée du Rhin.

Le 11 floréal an VIII, à la tête de son bataillon, il passa le premier le Rhin et s'empara de la ville de Schaffhouse, malgré la supériorité numérique de l'ennemi.

Le 20 du même mois, attaqué à Memmingen, et enveloppé par une division ennemie sous les ordres du général Kray, Maransin soutint un combat de deux heures contre des forces dix fois plus nombreuses. Il se fit jour à la baïonnette, et ramena son bataillon en renversant tout ce qui s'opposait à son passage. Quoique blessé d'un coup de feu qui lui traversait la cuisse, il continua de combattre et contribua puissamment au succès de la journée.

Rentré en France après la cessation des hostilités, il fut employé sur les côtes de l'océan pendant les ans XI et XII.

Officier supérieur[modifier | modifier le code]

Major du 31e léger, le 30 frimaire an XII, membre de la Légion d'honneur le 4 germinal, et promu colonel de la légion du Midi le 27 janvier 1807, il fit partie du corps d'observation de la Gironde, devenu armée de Portugal, sous les ordres de Junot.

À la bataille de Vimeiro, au moment où l'armée était obligée d'opérer un mouvement rétrograde, il se porta en avant, à la tête de ses troupes, et protégea la retraite de l'armée.

Officier général[modifier | modifier le code]

Général de brigade le 8 novembre 1808, il fit partie du 8e corps de l'armée d'Espagne.

Baron de l'Empire le 15 août 1809, il ajouta encore à sa réputation les combats livrés le 20 juillet 1810 au col de Muladar, dans la Sierra Morena.

Mis à la disposition du maréchal duc d'Elchingen, le 1er mars, pour être employé au 6e corps, il passa au 5e sous les ordres du duc de Trévise, le 10 avril suivant.

Le 1er janvier 1811, la division dont il faisait partie se mit en mouvement pour se porter sur Badajoz, dont le siège avait été résolu. Parti de Fuente de Cantos le 8, à la poursuite de Ballesteros, qui s'était établi à Frégenal, il se trouva, le 25, au combat de Los Castillejos, en Andalousie, où l'ennemi, après un combat de deux heures, se vit obligé de battre en retraite. Le régiment de Léon tenait encore, lorsque le général Maransin ordonna une charge à la baïonnette, qu'il conduisit lui-même. Le régiment espagnol, enfoncé et mis en déroule complète, entraîna avec lui le corps entier de Ballesteros, qui éprouva dans cette action des pertes immenses.

Celui-ci, poursuivi toute la nuit par le général Maransin, à la tête des 28e léger et 103e de ligne, se rejeta sur la rive gauche de la Guadiana, et ne put rallier ses troupes que derrière ce fleuve. Maransin arriva, le 2 février, au camp sous Badajoz. Le 16 mai de la même année, il commandait une brigade de la division Girard, et se distingua à la bataille d'Albuera, où il fut grièvement blessé.

Officier de la Légion d'honneur, le 20 du même mois, il resta à Séville pour y soigner sa blessure.

Appelé le 10 septembre suivant, au commandement de la 2e division de réserve de l'armée du Midi, il fit partie de la colonne envoyée dans les Alpujarras contre la division insurgée du comte de Montejo, qui fut battue et dispersée. Il poussa ensuite jusqu'à Almeiria, reconnut la côte jusqu'à Malaga, et devint gouverneur de cette province.

Ballesteros s'étant avancé sur Malaga avec 5 800 hommes d'infanterie, et 1 000 cavaliers, Maransin sortit de cette place à la tête de 1 800 hommes ; il parvint, après un combat de quatre heures, à forcer les Espagnols à battre en retraite, laissant le champ de bataille couvert de morts et de blessés ; Maransin reçut dans cette journée un coup de feu à travers le corps.

Maransin fut attaché, le 6 avril 1813, à la division de cavalerie légère du corps d'armée du maréchal Soult, et alla occuper Tolède et Illescas.

Général de division le 30 mai, il demeura à la suite du quartier général et se trouva, le 21 juin, à la bataille de Vitoria. De cinq heures du matin à trois heures de l'après-midi, il lutta avec la plus grande énergie, mais, accablé par le nombre toujours croissant des ennemis, il se retira et rejoignit le gros de l'armée avec son artillerie.

Le 6 juillet suivant, les armées du Nord, du Centre et du Midi, formèrent l'armée dite d'Espagne, sous les ordres du maréchal duc de Dalmatie, et, le 16 du même mois, Maransin prit le commandement de la 6e division d'infanterie, faisant partie du centre de cette armée.

Le 25, au col de Maïa, il culbuta le corps du général Hill, lui enleva cinq pièces de canon, et lui prit 700 hommes.

Il occupa avec ses troupes les camps d'Ainhoa et de Vérfi jusqu'au 5 septembre, époque à laquelle le général en chef le plaça à la tête de la 5e division d'infanterie, qui se trouvait à l'aile gauche.

Il combattit vaillamment aux affaires des 9, 10, 11, 12 et 13 décembre sur la Nive, et reçut un coup de feu à l'aine gauche, à la dernière de ces cinq journées.

Le 27 février 1814, il se trouva à la bataille d'Orthez, où il repoussa l'attaque du général britannique Alten.

Le 10 avril, à la bataille de Toulouse, il formait l'aile gauche de l'armée, avec sa division et celle du général Darricau. Attaqué à sept heures du matin, près de l'embranchement du canal, il fit bonne contenance, et ne put être débusqué de ses positions malgré les efforts réitérés de l'ennemi.

Fin de carrière et fin de vie[modifier | modifier le code]

Chevalier de Saint-Louis le 24 août 1814, mis en non-activité en septembre, et créé commandeur de la Légion d'Honneur le 15 décembre de la même année, le roi l'employa dans la 2e subdivision de la 10e division militaire le 15 janvier 1815.

Le 10 mai suivant, l'empereur lui confia le commandement de la 7e division de réserve des gardes nationales de l'armée des Alpes. C'est à la tête de ces troupes qu'il seconda les opérations militaires du général duc d'Albufera.

Commandant provisoire de la division militaire de (Lyon), le 2 août, mis en non-activité le 26 octobre, et dénoncé au ministre de la Police, il subit à Tarbes un emprisonnement préventif de quatre mois.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général de l'armée le 30 décembre 1818, et mis à la retraite en décembre 1825, il mourut à Paris le 15 mai 1828.

Hommages[modifier | modifier le code]


Source[modifier | modifier le code]

« Jean-Pierre Maransin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]