Jean-Pierre Kucheida

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Jean-Pierre Kucheida
Jean-Pierre Kucheida lors de l'arrivée à Liévin de la 3e étape des Quatre jours de Dunkerque 2013, le 3 mai.
Jean-Pierre Kucheida lors de l'arrivée à Liévin de la 3e étape des Quatre jours de Dunkerque 2013, le 3 mai.
Fonctions
Député de la 12e circonscription du Pas-de-Calais
23 juin 198819 juin 2012
Élection 12 juin 1988
Réélection 28 mars 19931er juin 199716 juin 200217 juin 2007
Prédécesseur aucun (scrutin proportionnel)
30 juillet 19811er avril 1986
Élection 21 juin 1981
Prédécesseur Henri Darras (PS)
Successeur aucun (scrutin proportionnel)
Maire de Liévin
30 juillet 198120 janvier 2013
Prédécesseur Henri Darras (PS)
Conseiller général du Canton de Liévin puis Liévin-Nord
30 juillet 19813 octobre 1988
Prédécesseur Henri Darras (PS)
Successeur Michel Lardez (PS)
Député du Pas-de-Calais
(scrutin proportionnel par département)
2 avril 198614 mai 1988
Biographie
Date de naissance 24 février 1943 (71 ans)
Lieu de naissance Liévin (Pas-de-Calais)
Parti politique PS
Profession Professeur d'Histoire-géographie

Jean-Pierre Kucheida est un homme politique français né le 24 février 1943 à Liévin (Pas-de-Calais).

Depuis juillet 1981 après la mort en cours de mandat d'Henri Darras dont il était le suppléant, il est député du Pas-de-Calais et maire de Liévin. Il faisait partie du groupe socialiste jusqu'à son exclusion, le 29 mai 2012. Il perd les élections législatives de 2012 en n'atteignant pas le seuil nécessaire pour se maintenir au second tour.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine polonaise[1], il grandit dans la cité des Garennes, à Liévin, où son père est mineur[2]. Athlète, il est alors licencié de l’« Étoile Oignies » dans le Pas-de-Calais[3].

Il devient enseignant d'histoire-géographie, en poste au lycée Henri-Darras de Liévin.

Militant socialiste, il parvient avec Daniel Percheron à écarter en 1973 le maire d'Arras, Guy Mollet, leader de la SFIO, et à rendre le PS hégémonique dans le bassin minier, au détriment du Parti communiste français, « acharné à expliquer avec lucidité - contre la doxa communiste - que l'avenir de l'homme dépassait la mine »[2]. Suppléant du député-maire socialiste de Liévin, Henri Darras, il lui succède à l'Assemblée nationale et à l'Hôtel de ville, quand l'élu meurt en cours de mandat, en juillet 1981. Il devient l'homme fort de l'agglomération, sans cesse largement réélu à Liévin et dans la 12e circonscription du Pas-de-Calais durant trente ans, avec 45,6 % puis 69,7 % des voix aux deux tours des législatives de 2007 et 75 % des suffrages aux municipales de 2008[2],[4].

Quand les Houillères du Nord-Pas-de-Calais ferment au début des années 1990, il obtient que les 80000 logements de mineurs qu'elles possèdent, passent sous gestion publique, et prend la tête de la Soginorpa, société par actions simplifiée dont la totalité du capital est rachetée en 2002 par l'EPIC régional Epinorpa, présidé également par Jean-Pierre Kucheida[2].

Il est alors membre du groupe d'études sur le problème du Tibet de Assemblée nationale[5].

En septembre 2010, un rapport de la chambre régionale des comptes met en cause la gestion financière du logement social dans le Nord-Pas-de-Calais qu'il juge « préoccupante ». Il évoque également la « responsabilité » des dirigeants des sociétés de gestion immobilière, dont Jean-Pierre Kucheida, à la tête du conseil d'administration d'Epinorpa, fait partie [6].

Au printemps 2011, Jean-Pierre Kucheida est au centre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lille concernant un système de financement occulte du Parti socialiste dans le Pas-de-Calais et des emplois fictifs.

En novembre 2011, un rapport de la chambre régionale des comptes met de nouveau en cause, mais cette fois très directement, Jean-Pierre Kucheida[7] dans sa gestion de la Soginorpa, qu'il préside[8]. Début décembre 2011, suite à des propos du député socialiste Arnaud Montebourg parlant de corruption des élus du Pas-de-Calais, Martine Aubry prend la décision de « geler la désignation » de Jean-Pierre Kucheida aux législatives[9], et le parti investit, après l’enquête interne menée par Alain Richard, Nicolas Bays[10]. Jean-Pierre Kucheida décide de se présenter sans étiquette et est exclu du PS le 29 mai 2012 pour dissidence[11].

Le 10 juin 2012, lors du premier tour de l'élection législative de 2012, il obtient 21,64 % des suffrages pour seulement 11,42 % des inscrits, n'atteignant pas les 12,5 % nécessaires pour se maintenir au deuxième tour. Il se retrouve troisième derrière la candidate du Front national et le candidat officiel du Parti socialiste[4]. Dans sa ville de Liévin, il n'obtient que 44 %, score bien inférieur aux attentes.

Le 17 octobre 2012, Jean-Pierre Kucheida est mis en garde à vue ainsi que sa fille Marie, artiste. La justice s'interroge sur les prestations (dont une exposition photos de 12 000 euros) de cette dernière facturées à la Soginorpa alors dirigée par son père. L'ancien élu du Parti socialiste est également interrogé sur ces dépenses personnelles (47 000 euros) défrayées par l'intermédiaire de cartes bleues de la Soginorpa. Enfin, suite au rapport de la Cour régionale des comptes, quatre autres enquêtes préliminaires sont en cours[12].

Jean-Pierre Kucheida et Laurent Duporge, à l'arrivée de la 3e étape des Quatre jours de Dunkerque 2013 à Liévin.

Le 14 janvier 2013, Jean-Pierre Kucheida annonce sa démission[13]. Le 20 janvier 2013, un conseil municipal extraordinaire élit Laurent Duporge comme nouveau maire[14].

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 2013, Jean-Pierre Kucheida a été condamné à 30 000 euros d'amende pour abus de biens sociaux lors du procès des frais de la Soginorpa, bailleur social dont il était chargé[15].

Mandats[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 100 figures du Pas-de-Calais, témoins de l'immigration polonaise, echo62, 8 janvier 2008
  2. a, b, c et d Ariane Chemin, « Après trente ans de règne, Jean-Pierre Kucheida, l'homme de fer de Liévin, vacille », Le Monde, 15 mai 2012.
  3. Tout Venant, n° 159, mars 1963
  4. a et b Geoffroy Deffrennes, « L'ère Kucheida touche à sa fin dans le Pas-de-Calais », Le Monde.fr, 12 juin 2012.
  5. Groupe d'études sur le problème du Tibet
  6. « La gestion du logement social épinglée », Jean-Pierre Thiollet, France-Soir, 22 septembre 2010, http://www.francesoir.fr/actualite/societe/gestion-du-logement-social-epinglee-57218.html
  7. La chute du « roi de Liévin », Gilles Gaetner, Valeurs actuelles.com, 15 décembre 2011
  8. Un leader PS du Nord-Pas-de Calais à nouveau mis en cause, Le Figaro.fr, 14 novembre 2011
  9. Aubry exige une enquête sur le PS du Pas-de-Calais, Fabrice Amedeo, Le Figaro.fr, 8 décembre 2011
  10. Nicolas Bays (PS), investi dans la 12e circonscription du Pas-de-calais , La Voix du Nord, 18 mai 2012
  11. Kucheida, candidat dissident aux législatives, va être exclu du PS, Libération, 29 mai 2012.
  12. PS : Kucheida père et fille en garde à vue, Laurence De Charette, Le Figaro.fr, 17 octobre 2012
  13. « Liévin confirme le départ de Jean-Pierre Kucheida de son poste de maire », sur lepoint.fr,‎ 14 janvier 2013
  14. Kucheida (PS) cède son fauteuil de maire, Le Figaro, 20 janvier 2013.
  15. http://www.liberation.fr/societe/2013/05/21/l-ex-depute-jean-pierre-kucheida-ecope-de-30-000-euros-d-amende_904442

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]