Jean-Pierre Demarchi

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Portrait de Jean-Pierre Demarchi

Jean-Pierre Demarchi (prononcer Demarqui) - (1928 - 1979), est un sculpteur et médailleur français.

"Je souhaite que ces créations gratuites favorisent la création du monde imaginaire et mystérieux dont chacun espère inconsciemment en lui la floraison". Cette phrase fétiche de Jean-Pierre Demarchi synthétise ses travaux[1].

Il s’inspire de la nature et la recompose à la limite de l’abstrait.

Il est aussi reconnu pour les médailles qu'il réalise avec la Monnaie de Paris[2].

En parallèle de son œuvre d'artiste indépendant, il accepte d’être le directeur artistique de la cristallerie Daum. Dans ce cadre il développe la réalisation de sculptures en pâte de verre et crée des collections d’objets usuels[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Oran en Algérie en 1928 de parents italo-suisse il y fait ses études jusqu’au bac[4].

Il est très tôt attiré par les arts plastiques et gagne la France. En 1948, âgé de 19 ans, il s'inscrit à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs Paris (ENSAD)[5].

Amis et condisciple de Maurice Legendre, il est élève de Robert Couturier (1905 - 2008) "patron" de l'atelier de sculpture. Ce dernier l'apprécie particulièrement et lui propose une collaboration en 1952 dès sa sortie de l'école[6]. Passionné par les différentes formes de recherche plastique Jean-Pierre Demarchi développe rapidement des relations artistiques étroites avec ses professeurs Marc Saint-Saëns, Louis Dideron et Raymond_Martin_(sculpteur) [5] notamment ainsi qu’avec les décorateurs Jacques Dumond et Maxime Old[7]


Il expose régulièrement [8]:

Triennale de Paris 1956 : Composition murale avant-gardiste jusque dans le choix de matériaux d'emballage pour la réalisation.

Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 : Nef monumentale symbolique de la ville de Paris.

Concours Monument aux déportés de Dachau 1959/1960, 1er prix international.

Prix Fénéon 1961, lauréat avec sa "Brebis".

Concours "20 ans de Médailles" de la Monnaie de Paris, 1962, lauréat.

Salon de la jeune sculpture 1964.

Musée de la médaille en 1965.

Biennale de Sculpture Contemporaine au Musée Rodin 1966.


Les clients institutionnels font appel à ses talents :

Ville de Rouen 1961,

Château de Senailly 1961,

Chapelle Sainte Clotilde à Paris 1962,

Ville d'Ajaccio,

Ville de Chaville 1963,

Ville de Vigneux 1965.

En 1962, à la suite du concours « 20 ans de médailles » de la Monnaie de Paris, Jean-Pierre Demarchi développe en collaboration avec cette dernière une œuvre médaillistique importante.

En 1967, la cristallerie DAUM lui propose la responsabilité de Directeur Artistique. Il accepte à condition de garder son activité de sculpteur indépendant. Il est à l’origine des sculptures en pâte de verre réalisées par Daum et favorise les collaborations avec plusieurs artistes de renom dont Salvador Dalí, César_(sculpteur), Couturier, Legendre, Lhoste, Badord, Gérard_Koch, Pierre Dmitrienko . Ces artistes, comme lui, signent des œuvres éditées et réalisées par la cristallerie Daum.

Style et Œuvres[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Jean-Pierre Demarchi se décompose en six domaines : œuvres monumentales, sculptures personnelles, bas-reliefs, médailles, sculptures en pâte de verre, collections Daum.

Œuvres monumentales[modifier | modifier le code]

Cette ligne d’inspiration est très précoce chez lui, elle correspond à la majorité de ses commandes institutionnelles. Elle a été largement exposée et remarquée des critiques d’art qui en disent : « Il travaille alors le métal hérissé, piquant, blessant, mais vivant : chevaux, taureaux, oiseaux, hommes ailés ». En effet ses œuvres se caractérisent par un style dynamique et spontané laissant volontairement les techniques de l’ébauche apparaître sur le rendu final. Cette approche conjuguée aux dimensions des œuvres leur donne leur force particulière.

Icare de Vigneux ; Icare du musée Rodin ; Oiseau monumental du lycée Pasteur à Oissel sur Seine ; sculpture du lycée Laetizia Bonaparte à Ajaccio ; Monument aux déportés de Dachau ; Sculpture animée de jeux d'eau du château de Senailly ; Bas-reliefs de Rouen ; Cheminée de Chaville ; Croix de la Chapelle Sainte Clotilde à Paris ; Nef symbolique de la ville de Paris pour l'exposition universelle de Bruxelles.

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Sculptures personnelles[modifier | modifier le code]

Cette ligne a aussi des racines particulièrement précoces avec notamment le « Couple » réalisé dès 1951. C’est dans ses sculptures de taille assez modeste que la sensibilité de Jean-Pierre Demarchi s’exprime avec le plus de liberté. Les modelés des corps de femmes, leur découpe ou encore le rendu de ses oiseaux métalliques sont autant de témoins de la richesse de sa technique et de ses émotions. Ces œuvres sont l’aboutissement de préoccupations artistiques qui renvoient à celles de Alberto_Giacometti qu’il n’a pourtant jamais fréquenté.

le Couple (1951); Femme en équilibre, allongée, debout, à genoux, alanguie ; l'Oiseau blessé (1958) ; le Dindon ; le Taureau ; le Taureau porté ; Icare (1970) ; le Vieil Homme ; l'Homme arborescent (1964) ; la Forêt pétrifiée (1973).

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Bas-reliefs[modifier | modifier le code]

On retrouve sur les bas reliefs de Jean-Pierre Demarchi la façon de traiter le métal et les sujets qu’il utilise pour ses sculptures personnelles. Il joue avec autant de bonheur de la même palette d’inspiration allant du figuratif stylisé à l’abstraction. Le terme bas-relief est ici utilisé à la limite de son sens technique puisque détachés du support mural, il s’agit d’avantage de haut-relief.

Panneaux pour le paquebot Flandre (1951) ; panneau décoratif pour la triennale de Paris et bas relief du foyer du théâtre du Mans (1959) à la demande de Jacques Dumond ; Bas-reliefs pour la salle du Conseil Municipal et la halle aux toiles de la ville de de Rouen (1961) à la demande de Maxime Old.

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Médailles[modifier | modifier le code]

La production de médailles de Jean-Pierre Demarchi est abondante. Sa dualité pour le figuratif et l’abstrait, s’y retrouve souvent au recto/verso d’une même médaille. Ses recherches telles l’homme arborescent ou les formes féminines s’y expriment avec la délicatesse du ciselé ou du modelé qui caractérise son travail. Certaines œuvres énigmatiques visent avant tout à développer l’imaginaire du spectateur. Ses œuvres sont notamment exposées au musée de la Monnaie de Paris et dans les musées de Rome, Helsinki, Oslo. Elles commémorent des évènements exceptionnels comme en 1962 celle de l'électrification de la ligne Paris Marseille, et celle célébrant en 1965 les 20 ans de la monnaie de Paris. Certaines sont personnalisées comme celles remises au personnel lors des 50 ans du crédit national. Jean Pierre Demarchi conçoit des médailles pour les institutions (ministères de l'intérieur, de la jeunesse et des sports). Dans la salle du conseil municipal de l'hôtel de ville de Rouen ses médailles géantes ou bas reliefs remémorent toujours l'histoire de la ville. En 1967, lors de l'exposition internationale de la médaille actuelle à l'hôtel de la Monnaie, il présente deux de ses créations, un Icare réalisé en 1964 et une médaille frappée en 1966 à l'intention du ministère de l'agriculture.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Sculptures en pâte de verre[modifier | modifier le code]

Cette ligne prend son essor au moment de l’implication de Jean-Pierre Demarchi au sein de la cristallerie Daum. C’est lui qui le premier a l’idée d’utiliser la matière et la technique pour réaliser de véritables sculptures. Il développe les subtilités de ce nouveau matériau, il tire de sa transparence modulable, de ses différents rendus (cristallisé, givré, teinté, ciselé, …) une source d’inspiration nouvelle, expression artistique à part entière capable de répondre à ses recherches inassouvies. C’est un nouvel espace de liberté artistique qu’il explore et sur lequel il attire nombre de sculpteurs contemporains, notamment Couturier son maître, Dali et César... Ces œuvres toutes signées ne doivent pas être confondues avec les Collections Daum (vases, lampes, services de verres, …) dont il est l’auteur mais qui ne sont pas signées. (CF. paragraphe suivant).

Œuvres signées en pâte de verre : Baigneuse 1965 (150 ex, bleue) ; Chevêche, 1968 ; Chouette 1968 (250 ex 18,5cm, vert ocré) [9]; Tête de Faune 1968 (250 ex); Méditation 1972 ; Icare 1973 ; Rythmes crépusculaires 1974 (100ex, camaïeu de violets) [10] ; Homme arborescent, 1975 (500 ex, verre poli et givré); Vie antérieure 1978 (250 ex, 32cm, bleue) [11].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Collections Daum[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'objets décoratifs ayant une fonction d'usage : lampes, vases, verres, cendriers, ... La cristallerie Daum enrichissait et renouvelait régulièrement sa gamme. Jean-Pierre Demarchi en tant que Directeur Artistique a été le créateur de plusieurs collections. La politique Daum est que ces créations ne soient pas signées.

Exemples de Collections Daum créées par Jean-Pierre Demarchi : Arcane (1970), Orbe (1970), Ariane, Corolle, Styx, Lynx

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël Daum, “La Pâte de verre”.
  • Demeures de France, "Artistes de notre temps".
  • La Revue Moderne des Arts et de la Vie Avril 1965.
  • Bulletin 53 club français de la médaille.
  • Exposition internationale de la médaille actuelle 1967.
  • Monnaie de Paris - Catalogue général des médailles en vente - Tome IV (1946 - 1966).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives familiales
  2. Demeures de France
  3. Contrat de travail entre la Société Daum et Jean Pierre Demarchi
  4. Etat civil, diplômes
  5. a et b Certificat ENSAD
  6. Courier Robert Couturier
  7. Couriers J. Dumond et M. Old
  8. CV / Archives familiales
  9. sur Idverre, n° 23
  10. sur Idverre, n° 24
  11. sur Idverre, n° 25

Crédits Photo[modifier | modifier le code]

A renseigner

Liens externes[modifier | modifier le code]