Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne

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Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne

Description de l'image  Jean-PaulRabautSaint-Etienne.jpg.
Naissance
Nîmes
Décès (à 50 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Homme politique

Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne dit Rabaut-Saint-Étienne, né à Nîmes le et guillotiné à Paris le , député de l’Aube à la Convention nationale.

Mission pastorale (juillet 1765-1786)[modifier | modifier le code]

Rabaut Saint-Étienne, fils du pasteur Paul Rabaut, est né à Nîmes. Il a passé toute son enfance dans l’atmosphère d’insécurité et d’angoisse qui entourait les familles de pasteurs du Désert.

En raison de l’insécurité, le pasteur Rabaut envoie son fils à Lausanne en pension pour y poursuivre son éducation. Il y fait des études de théologie.

Il est consacré pasteur à Lausanne le 11 novembre 1764 Il est aussitôt appelé à Nîmes où il sera en poste, adjoint de son père.

L’émancipation des protestants (1786-1789)[modifier | modifier le code]

Rabaut Saint-Étienne se consacre à une tâche essentielle : améliorer le sort de ses coreligionnaires. Pour ce faire, il se rend à Paris, entre en contact avec le marquis de La Fayette, désireux de mettre fin à la proscription des protestants français. Par l’intermédiaire de La Fayette, il rencontre le ministre Malesherbes, lui aussi favorable à la cause protestante. Obtenir pour les protestants un statut légal est un projet soutenu par plusieurs personnalités autour du roi Louis XVI, qui rédigent des mémoires à cet effet. À la fin de 1786, Rabaut Saint-Étienne en rédige un lui-même et tente de faire pression pour que le mémoire adopté soit le plus libéral possible.

Finalement, l’Édit des non-catholiques, dit Édit de Tolérance, est signé par le Roi Louis XVI le 7 novembre 1787. Il est limité à l’état civil. Tout en regrettant ses limites, Rabaut Saint-Étienne se réjouit de la signature du texte et affirme : « La reconnaissance n’exclut point l’espérance, elle l’autorise ».

Le révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Extrait du tableau du Serment du Jeu de Paume de David, représentant dom Gerle, l'abbé Grégoire et le pasteur Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne. Il allégorise la réconciliation des religieux lors de la Révolution française.

Député du tiers état de la sénéchaussée de Nîmes et de Beaucaire aux États généraux, il prêta le serment du Jeu de Paume et fut nommé commissaire pour les conférences.

Participant aux débats de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, il fut élu président de l’Assemblée constituante du 15 au 28 mars 1790 et participa à l’élaboration de la constitution de 1791. Il proposa plusieurs décrets relatifs à l’organisation de la garde nationale et de la gendarmerie nationale.

On retiendra et réutilisera une maxime qu’il dit à la Constituante : « Notre histoire n’est pas notre code[1] »

L’Assemblée constituante ayant décrété qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l’Assemblée législative, il se consacra à l’écriture et rédigea un Précis de l’histoire de la Révolution.

Élu dernier député de l’Aube à la Convention nationale, où il siégea sur les bancs des Girondins, il devint membre du Comité de l’agriculture. À la Convention, il dénonça la violation de la loi par la Commune de Paris et proposa de déclarer le roi Louis XVI coupable et de renvoyer au peuple l’application de la peine. Lors du procès du roi, il vota pour la culpabilité, pour la ratification du jugement du peuple, pour la détention pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis.

Rabaut Saint-Étienne devint président de l’Assemblée du 24 janvier au 7 février 1793. Il fut élu, le 15 mars 1793, membre de la Commission des Six chargée de surveiller le tribunal extraordinaire. Il se prononça pour la mise en accusation de Marat. Le 21 mai, il fut nommé à la Commission extraordinaire des Douze, instituée pour la recherche des complots et des conspirations menaçant la représentation nationale et établit un rapport le 28 mai, justifiant l’arrestation d’Hébert.

Mis en état d’arrestation le 2 juin avec les Girondins, il fut déclaré traître à la patrie le 28 juillet, s’étant soustrait au décret d’arrestation, et fut guillotiné le 15 frimaire an II (5 décembre 1793).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Borello, Du Désert au Royaume : parole publique et écriture protestante (1765-1788) - Édition critique du Vieux Cévenol et de sermons de Rabaut Saint-Étienne, préface de Philippe Joutard, Paris, Honoré Champion, collection «La vie des Huguenots» no 65, 2013.
  • A. Dupont, Rabaut Saint-Étienne, 1743-1793 : un protestant défenseur de la liberté religieuse, Genève, Labor et Fides, 1989 [1946].
  • A. Lods, Essai sur la vie de Rabaut Saint-Étienne, pasteur à Nîmes, membre de l’Assemblée constituante et de la Convention nationale (1743-1793), Paris, Fischbacher, 1893.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La phrase complète est : "(...)l'ancienneté d'une loi ne prouve autre chose, sinon qu'elle est ancienne. On s'appuie de l'histoire ; mais l'histoire n'est pas notre code. Nous devons nous défier de la manie de prouver ce qui doit se faire par ce qui s'est fait, car c'est précisément de ce qui s'est fait que nous nous plaignons", dans Considérations sur les intérêts du Tiers-Etat.


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