Jean-Paul Ney

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Jean-Paul Ney
Image illustrative de l'article Jean-Paul Ney
Jean-Paul Ney en tournage à Madagascar
(septembre 2007).

Naissance 4 mai 1976 (38 ans)
Prades
Nationalité Française
Profession Photojournaliste

Jean-Paul Ney, né le 4 mai 1976 à Prades dans les Pyrénées-Orientales, est un photojournaliste indépendant français.

Travail pour la presse[modifier | modifier le code]

Travaillant en relation avec l’agence Gamma[1], Jean-Paul Ney collabore, entre autres, au magazine Securimag, à Canal+ et à sa filiale iTélé[2], qu’il quitte en 2003 « à la suite de la pression du cartel des banques » ainsi que « d'une secte en service commandé », selon sa propre expression[3].

En 2002, il fonde le magazine bimestriel Le Monde Confidentiel, dont il devient directeur de la rédaction. Rebaptisé Le Confidentiel, à la suite de la demande du quotidien Le Monde, cette publication se fait une spécialité dans les questions de défense et de géostratégie[4]. Il s’arrêtera toutefois après un an et cinq numéros.

Jean-Paul Ney rejoint alors le photographe Philippe Poulet pour travailler sur une série de livres et de documentaires de télévision sur les forces spéciales et les services d’élite de la police nationale.

Il a également travaillé pour le magazine SVM[5], et est l’un des principaux journalistes de l’agence Presse Défense, une « agence photographique et vidéo dont le contenu est exclusivement axé sur la défense, le homeland security et le reportage photographique de terrain[6]. »

En janvier 2009, la Metula News Agency (ou Ména) a publié un article évoquant l’« immersion » du photoreporter, décrit comme « proche de la Ména », dans l’unité d’infanterie d’élite Khérev (« Sabre ») de l’armée israélienne, « composée en majorité de Druzes israéliens » et qui « pour la première fois [...] acceptait d’intégrer un reporter dans ses rangs en phase opérationnelle[7]. »

Jean-Paul Ney a publié plusieurs livres, seul ou en collaboration, principalement sur le thème de la sécurité et des réseaux Internet.

En novembre 2009, il intervient à l'École supérieure de journalisme de Paris, dans le cadre des Conférences du mardi en qualité de « correspondant de guerre »[8].

Travail sur la sécurité[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Ney, qui a publié plusieurs ouvrages consacrés aux thèmes de la cybercriminalité, est cofondateur d’Intelink[9], division du groupe Digital Network spécialisé dans « les hautes technologies et plus précisément dans les domaines de la sécurité informatique, l’ingénierie système et réseaux, les télécommunications, l’intelligence économique et la guerre de l’information (Infoguerre). » À ce titre, il est reçu au FBI par John Pistole, directeur adjoint, en compagnie de Timothy D. Brown, directeur général des Amériques pour le CIRET-AVT[10] et de Régis le Sommier, correspondant de Paris Match à Washington[11].

Il a été membre du CIRET-AVT (Centre International de Recherches et d’Études sur le Terrorisme et l’Aide aux Victimes du Terrorisme)[12] dont Saïda Banhabilès, ancienne ministre algérienne, Anne-Marie Lizin, ancienne présidente du Sénat de Belgique, ancienne ministre belge et Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) (1982-1985) préfet de région honoraire et ancien député français sont les fondateurs, et qui a pour objet « le support de recherches sur l’observation de l’état de la sécurité en matière internationale, et en particulier de terrorisme et de protection des victimes du terrorisme, la traduction de textes liés à ces matières, la tenue d’une documentation pertinente, la mise en place d’une base de données, la mise en place de réunions d’information, des colloques et autres conférences. »

Il est cofondateur de l’IICRAI (Institut International de la Coordination et de la Réponse aux Attaques Informatiques) avec Christophe Casalegno, directeur technique du groupe Digital Network ; cofondateur et « chercheur associé » à l’IIHEC (Institut International des Hautes Études de la Cybercriminalité), avec Daniel Martin, ancien commissaire divisionnaire et actuel consultant en sécurité à l’OCDE[13].

Enfin, il est membre fondateur, vice-président et secrétaire général du CJDSI (Commission des Journalistes de la Défense et de la Sécurité Intérieure et des Correspondants de Guerre), une association loi de 1901 fondée en janvier 2006 regroupant « les journalistes professionnels et auteurs travaillant sur les questions de défense, de sécurité internationale, de police et de sécurité intérieure »[14]

Les sites web de ces différentes organisations sont hébergés par le groupe Digital Network.

Polémiques et démêlés judiciaires[modifier | modifier le code]

Personnalité extrêmement contestée mais bénéficiant également de nombreux soutiens, Jean-Paul Ney a été mis en cause dans plusieurs affaires.

En mai 2003, Jean-Paul Ney est mis en examen pour « vol et atteinte à la sûreté de l’État » par le juge antiterroriste Gilbert Thiel dans le cadre d’une enquête sur la disparition d’une carte d’accès au réseau sécurisé Rimbaud (Réseau interministériel de base uniformément durci), alors qu’il est employé comme vigile au Ministère des Affaires étrangères[15]. Selon Le Point, sa source aurait été le commissaire de police Hubert Marty-Vrayance, ex-fonctionnaire des Renseignements généraux[16].

Entre 2001 et 2003, Jean-Paul Ney s’en prend au webmestre du site kitetoa.com, Antoine Champagne. Mis en examen pour « menaces de mort réitérées » à l’encontre de ce dernier le 22 janvier 2003, Jean-Paul Ney, défendu par Me Dominique Labbé, est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés au terme d’un procès devant le Tribunal de grande instance de Nanterre[17]. Le 10 mars 2004, il est condamné à un an de prison avec sursis assorti d’une obligation « de se soumettre à des mesures d’examen, de contrôle, de traitement ou de soins médicaux », 3 000 € de dommages et intérêts et 1 000 € au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale (frais irrépétibles)[18]. À la suite d'une nouvelle affaire de diffamation « par un moyen de communication électronique » envers Antoine Champagne survenue le 22 août 2005, Jean-Paul Ney est condamné par le Tribunal de grande instance de Nanterre à 5 000 € d’amende, 8 000 € de dommages et intérêts et 5 000 € au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale, avec obligation de publication du jugement sur les différents sites lui appartenant, le 5 février 2008[19].

En novembre 2007, Jean-Paul Ney consacre sur Intelink un article flatteur[réf. insuffisante][20] à Arash Derambarsh, directeur de collection chez Ramsay puis au Cherche midi (éditeur chez lequel Ney avait publié Souriez, on vous espionne en 2005), accusé en janvier 2008 de s’être autoproclamé président du réseau Facebook[21],[22],[23].

Arrestation en Côte d’Ivoire[modifier | modifier le code]

Le 27 décembre 2007, Jean-Paul Ney est arrêté à Abidjan (Côte d’Ivoire) par la Direction de la surveillance du territoire (DST)[24], en compagnie de neuf autres personnes, un Français, trois Ivoiriens, quatre Maliens et un Gambien[25]. Inculpé par le procureur de la République d’Abidjan, Raymond Tchimou[26], pour « atteinte à la sûreté de l’État »[27], il est écroué le 17 janvier. Il lui est reproché par les autorités ivoiriennes d’avoir « rôdé autour du Q.G. de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), [...] porteur d’équipements électroniques - du matériel photo. »[25]

Cette affaire, dite « complot de Noël »[28], survient dans un contexte tendu, deux journalistes français, Thomas Dandois et Pierre Creisson, ayant déjà été arrêtés pour les mêmes motifs au Niger le 17 décembre 2007, et étant passibles de la peine de mort[29] Affirmant « être en reportage pour le compte d’une grande agence photo »[30], Ney est soupçonné de collusion avec l’ancien putschiste Ibrahim Coulibaly, en exil au Bénin, dans une présumée tentative de coup d’État visant à destituer le président ivoirien Laurent Gbagbo[25] et son Premier ministre, Guillaume Soro, ancien allié de Coulibaly au sein des Forces Nouvelles[31].

Alors que le Ministère des Affaires étrangères assure par l’intermédiaire de l’Ambassade de France que ses ressortissants bénéficient de « la protection consulaire », l’association Reporters sans frontières, après avoir « exprimé son inquiétude »[1], préfère « prendre ses distances avec ce personnage dès lors qu’il n’a pas été inculpé pour une affaire de presse »[32] Le quotidien Libération qualifie quant à lui de « farfelue » la liste des collaborations médiatiques qu’évoque Jean-Paul Ney sur son site[33]. Le 13 décembre 2008, une mutinerie éclate à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) où est détenu Jean-Paul Ney, faisant plusieurs blessés[34].

Un site web[35] et un groupe Facebook sont créés pour demander la libération de Jean-Paul Ney. L’avocat Gilbert Collard est chargé par le père de Jean-Paul Ney d’assurer sa défense[36].

Le 6 mai 2009, au lendemain d'un entretien entre le président ivoirien Laurent Gbagbo et le secrétaire d’État français à la Coopération Alain Joyandet[37], Jean-Paul Ney est libéré de la prison à Abidjan après seize mois de détention. Il rentre en France le 9 mai[38]. Un documentaire réalisé par l’agence Capa[39] a tenté de démêler les liens et définir les responsabilités des différents participants à l’affaire[40],[41].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Ney a rejoint en 2010 la liste Union républicaine populaire de Christian Jeanjean pour le Languedoc-Roussillon, section des Pyrénées-Orientales[42]. Il n'a cependant pas été élu, la liste n'ayant recueilli que 2,03 % des suffrages au 1er tour[43]. Il a depuis quitté la politique et fondé le site d’informations Les Grandes Oreilles[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Communiqué de Reporters sans frontières, 4 janvier 2008
  2. Deux reportages diffusés par Canal+ et I-Télé le 12 février 2002 sur la fraude à la carte bancaire et la Yescard.
  3. Témoignage sur Lepost.fr
  4. Version archivée par Webarchive
  5. Catalogue INIST
  6. Site officiel (inactif)
  7. « Un grand reporter détenu à Abidjan » par Stéphane Juffa sur menapress.com.
  8. Conférences de l'ESJ Paris
  9. « Qui sommes nous ? » sur Intelink Press
  10. « Digital Network reçu au FBI » sur Intelink Press
  11. Blog de R. Le Sommier sur Paris Match
  12. CIRET-AVT
  13. Site officiel. Cette structure ne semble plus avoir aucune activité depuis 2004, aucune mention dudit Institut ne figurant à l’adresse indiquée
  14. . Parmi les autres membres fondateurs, on trouve Thomas Kisszalai et Philippe Poulet, cofondateurs de l’Agence Presse Défense, ainsi que Christophe Casalegno, Daniel Martin et Regis Le Sommier.
  15. Le Monde, édition du 3 mai 2003
  16. Le Point n°1598, 2 mai 2003
  17. Copies des pièces du dossier d’instruction sur Kitetoa.com.
  18. Copie du jugement du 10 mars 2004. (source à prendre avec précaution, non en raison de son authenticité, mais de son hébergement sur le site de la partie civile)
  19. [PDF] Copie du jugement du 5 février 2008.
  20. Facebook : Arash Derambarsh, l'ultracommuniquant
  21. Arash Derambarsh « La formidable histoire d’Arash Derambarsh, autoproclamé président de Facebook », 20 minutes, 3 janvier 2008
  22. « Faux président et vrai coup de pub », 20 minutes, 23 janvier 2008
  23. « Arash Derambarsh, premier président de Facebook », L'Express, 2 janvier 2008
  24. Dépêche Reuters, 5 janvier 2008
  25. a, b et c Le Point, 17 janvier 2008
  26. Dépêche Associated Press sur Le Figaro.fr, 17 janvier 2008
  27. Le Point, 4 janvier 2008
  28. Radio France International, 18 janvier 2008
  29. 20 Minutes, 18 janvier 2008
  30. LCI, 6 janvier 2008
  31. NouvelObs.com, 7 janvier 2008
  32. 20 Minutes, 18 janvier 2008
  33. Libération, 19 janvier 2008.
  34. Dépêche AFP sur Google Actualités, 15 décembre 2008
  35. Freejeanpaulney.com
  36. Le Midi libre, 4 octobre 2008.
  37. « Jean-Paul Ney en liberté provisoire mercredi ? », Europe 1, 5 mai 2009.
  38. « Le journaliste Jean-Paul Ney est arrivé en France », Europe 1, 9 mai 2009.
  39. Jean-Paul Billault et Emmanuel Razavi, Manipulations sous haute tension, diffusé sur la chaîne Planète le 22 avril 2009 (première diffusion).
  40. « Jean-Paul Ney, barbouze, reporter ou marionnette ? » sur Télérama.fr, 11 mai 2009.
  41. David Servenay, « Tentative de coup à Abidjan : la France du renseignement savait » sur Rue89, 28 avril 2009.
  42. « Site officiel de Christian Jeanjean » (sur l'Internet Archive)
  43. Résultats des élections régionales de 2010 en Languedoc-Roussillon sur le site du ministère de l'Intérieur
  44. lesgrandesoreilles.com, hébergé par Digital Network.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Terreurs virtuelles : Les Nouvelles Menaces à l’aube du XXIe siècle, éd. Carnot, coll. « Cicéron », novembre 1999 (ISBN 978-2-912362-42-1)
  • La Délinquance des mineurs, éd. Carnot, coll. « Cicéron », juin 2000 (ISBN 978-2-912362-47-6)
  • Avec Michel Chevalet : SOS Bogue : Pour agir d’urgence, éd. Carnot, coll. « Entreprise », décembre 1999 (ISBN 978-2-912362-25-4)
  • Avec Laurent Touchard : Le Livre noir du terrorisme : Que savent les états ? Que nous cachent-ils ?, éd. La Pieuvre noire, octobre 2004 (ISBN 978-2-9518590-2-9). Préface d’Yves Bonnet.
  • Souriez, on vous espionne, éd. Le Cherche-Midi, coll. « Document », avril 2005 (ISBN 978-2-7491-0383-9)
  • Avec Philippe Poulet et Jean-François Guiot : SPHP : Le Dernier Rempart, éd. Mission Spéciale Productions, août 2007 (ISBN 978-2-916357-12-6). Préface de Nicolas Sarkozy.
  • Avec Jean-Michel Asselin, Jocelyn Chavy et Jean-Pierre Martin : Troupes de montagne : Combattants d’altitude, la 27e brigade d’infanterie de montagne, éd. Mission Spéciale Productions, décembre 2007 (ISBN 978-2-916357-11-9)
  • FBI : Cent ans d’un mythe, Timée éditions, mai 2008 (ISBN 978-2-35401-059-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]