Jean-Michel Truong

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Jean-Michel Truong

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Jean-Michel Truong

Nom de naissance Jean-Michel Charles Xuân Truong Ngoc
Activités Consultant, écrivain
Naissance 16 avril 1950 (64 ans)
Wasselonne, Bas-Rhin, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres Science-fiction
Distinctions Grand prix de l'Imaginaire
Prix Mannesmann-Tally
Mention spéciale du jury du grand prix de la littérature informatique
Prix de l'Impertinence

Jean-Michel Truong, né Jean-Michel Charles Xuân Truong Ngoc[1],[2], est né le 16 avril 1950[1],[3] à Wasselonne[1] en Alsace. Psychologue et philosophe de formation, il est consultant et écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Wasselonne en Alsace, d’un père d'origine vietnamienne et d’une mère alsacienne [2], Jean-Michel Truong fait des études de psychologie et de philosophie à l’Université Louis Pasteur et l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

Ancien enseignant et chercheur au Groupe d'Etudes et de Recherches sur la Science de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg (GERSULP) [4], il est cogniticien, expert en intelligence artificielle [5].

Fondateur, avec Alain Bonnet et Jean-Paul Haton, de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle[6], il a été consultant en innovation et transfert de technologie, et a enseigné jusqu’en juin 2007 à l’École centrale Paris[5].

En 1983, il dépose le mot « cognitique »[7] à l’INPI. Il définit le terme « cognitique » comme « discipline scientifique et pratique technique, branche de l’informatique, qui a pour objet l’acquisition et la représentation formelle des connaissances et des modes de raisonnement, en vue de leur simulation à l’aide d’ordinateurs ». Il décrit le métier de spécialiste de la cognitique pour la première fois en 1988 dans un article du Monde Informatique[8]. La promotion 2011 de l'Ecole nationale supérieure de cognitique porte son nom [9].

Travaillant en Chine depuis 1991, il conseille des entreprises européennes de haute technologie (télécommunications, aérospatiale) désireuses d’investir dans ce pays. En marge de son activité d’expertise et de conseil, il est romancier et essayiste.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Analyste des technologies du dépassement de l'Homme — biotechnologie, intelligence artificielle, vie artificielle, nanotechnologies… —, il publie en 1988 le premier roman consacré au clonage humain (Reproduction interdite, Orban, Paris, 1988)[10], qui fut qualifié de « premier roman posthumain français »[11].

Théoricien du transhumanisme et du post-humanisme, il a créé la figure du Successeur, qu’il définit comme « cette forme de vie nouvelle susceptible de prendre la suite de l’Homme comme habitacle de la conscience » (Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris 2001, page 49)[12]. Il en a fait le principal personnage d’un roman ayant pour thème le transfert de la conscience de l’Homme à son successeur minéral (Le Successeur de pierre, Denoël, Paris 1999) [13].

Il est à noter que Truong parle de dépassement et non de destruction de l'Homme par son Successeur, lui conférant une place originale dans le courant trans- et post-humaniste.

Critique de l’utilitarisme contemporain, dont il démonte froidement les mécanismes, il en expose l’horreur ultime dans son roman sur le vieillissement des populations (Eternity Express, Albin Michel, Paris, 2003)[14].

Il travaille depuis sur la disparition du type humain et ce qui restera de l’Homme après la généralisation inéluctable de créatures hybrides sous l’effet des technologies du dépassement de l’Homme. Il a exposé le programme de cette recherche dans un court essai ( L’Homme, entre chien et loup, in « De qui demain sera-t-il fait ? », Institut Aspen France, éd. Autrement, Paris, 2008).

Bien que souvent classé comme auteur de science-fiction, il préfère se définir comme « balisticien » : non pas préfigurer l’avenir, mais « évaluer le point d’impact d’un projectile déjà parti ». « Je parle de choses dont il existe un commencement d’exécution[15]. »

En marge des querelles sur les genres, Jean-Michel Truong développe une conception personnelle de la littérature, en accord avec sa vision du monde contemporain, où les systèmes prennent le pas sur les personnes, allant jusqu'à revendiquer pour son œuvre le qualificatif d'a-littéraire :

«  Selon moi, dans un roman réellement contemporain, l'auteur – donc le style – doit s'effacer totalement. Le roman – et particulièrement le roman français contemporain – est en effet le seul espace où, malgré Copernic, Darwin et Freud, malgré ce que nous ont enseigné – entre autres – l'éthologie, l'intelligence artificielle et la dynamique des systèmes, l'homme se trouve encore au centre du dispositif, comme un pivot autour duquel tout le reste orbite.[16] »

Œuvre politique[modifier | modifier le code]

Avec Reprendre - Ni sang ni dette, Jean-Michel Truong quitte pour la première fois la posture strictement analytique dans laquelle il se cantonnait pour proposer une réforme politique d'ampleur destinée à « reprendre », pour le rendre aux citoyens,

«  le premier des droits humains, le plus fondamental, jamais nommé tant il allait de soi, dont dériveraient tous les autres et qui les rendrait tous possibles, tant il est vrai que, sans lui, il n'y aurait même pas eu de droit à la vie : le droit de conserver le croît de son champ, de semer à nouveau ce qu'il n'avait pas consommé, de s'affranchir des flux en accumulant des stocks, des aléas en abondant des greniers, et ainsi de s'immuniser contre les coups du sort les mauvaises années, d'augmenter son fonds les bonnes, bref, de domestiquer le temps avec les fruits du temps [17] »

Cette réforme consisterait à confier à chaque citoyen en âge de travailler - sous forme d'une dot individuelle d'un montant moyen de 56000 euros [18]- une fraction des 201 milliards d'euros [19] d'aides publiques directes et indirectes allouées chaque année, sans contrepartie, à moins de 10% des entreprises - pour l'essentiel celles du CAC40 et leurs filiales[20] :

«  Cette dot, il ne pourrait pas la consommer. Elle serait juste inscrite à son nom dans les livres d’une Caisse publique ad hoc. Mais quand il signerait un contrat de travail, il ouvrirait à son employeur un droit de tirage (DDT) sur la Caisse à hauteur du solde de son compte. A ce solde pourrait s’ajouter celui des comptes des membres de sa famille qui n’en auraient pas eux-mêmes l’usage. Le salarié-banquier serait bien sûr libre de négocier le taux de ce crédit avec son employeur-client. Ce dernier disposerait ainsi d’une ligne de crédit permanente, à taux inférieur à celui des banques, mobilisable à première demande, sans autre forme de procès, et d’un montant égal à la somme des droits de tirage apportés par ses salariés. Ce montant représenterait le maximum de concours publics auxquels l’entreprise pourrait prétendre.[21] »

Selon Jean-Michel Truong, ce dispositif de répartition des concours publics aux entreprises par le canal exclusif des salariés aurait pour effets de :

«  Annuler en quinze ans la dette publique... ouvrir à toutes les entreprises, dans le même laps de temps, jusqu’à deux mille milliards de lignes de crédit à taux réduit... sécuriser, en diminuant de deux cents jours leur BFR, le développement de ces mêmes entreprises, notamment de ces PME qui nous font tant défaut, dans la tranche des deux cents à deux mille salariés, si déterminantes dans la réussite de l’Allemagne... renforcer ce faisant le lien des salariés à leurs entreprises... et pour finir restituer aux contribuables – entreprises comme particuliers – deux cents milliards par an d’impôts et taxes...[22] »

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

  • Système experts : vers la maîtrise technique (avec Alain Bonnet et Jean-Paul Haton), InterÉditions, Paris, 1986.
  • Reproduction interdite, Orban, Paris, 1988. Réédition Plon, Paris, 1999. Prix Mannesmann-Tally 1989. Mention spéciale du jury du Grand Prix de la Littérature informatique 1989.
  • Le Successeur de pierre, Denoël, Paris, 1999. Réédition Gallimard Folio, Paris, 2012. Grand Prix de l'Imaginaire 2000.
  • Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2001.
  • Eternity Express, Albin Michel, Paris, 2003.
  • L’Homme, entre chien et loup, in Elisabeth Lulin éd., « De qui demain sera-t-il fait ? », Institut Aspen France, éd. Autrement, Paris, 2008[23].
  • Reprendre - Ni sang, ni dette, Le No Man's Land,‎ Paris, 2013, 136 p. Prix de l'Impertinence 2013[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Jean-Michel Truong. Dialogue avec les lecteurs », sur jean-michel-truong.com (consulté le 2 mars 2014)
  2. a et b Natalie Levisalles, « "Truong Ngoc Hâu. Né le 17 avril 1921 dans la famille Truong." Libération, Cahier spécial, 10 août 1999 »
  3. « M. Jean-Michel TRUONG NGOC Gérant de COGNISCIENCES INTERNATIONAL », sur dirigeant.com (consulté le 2 mars 2014)
  4. Jean-Michel Truong Ngoc, « Le sujet dans les sciences. Bulletin du GERSULP n° 6 (1978),19 janvier 1978 »
  5. a et b « Site officiel de l'auteur »
  6. Françoise Albasini, « Des experts sans trous de mémoire. Entretien avec Jean-Michel Truong-Ngoc, Président de Cognitech. Enjeux - Les Echos, septembre 1985, numéro 61, p.30-35 »
  7. Marque déposée à l'INPI sous le numéro 1255692 le 30 décembre 1983 avec les classes 09  ; 35  ; 37  ; 42 (vérifié sur la base marques de l'INPI le 21 octobre 2012)
  8. Jean-Michel Truong, « Les cogniticiens existent, mais qui les a rencontrés ? Le Monde informatique, 1988" »
  9. Benoit Le Blanc, Ecole Nationale Supérieure de Cognitique, Institut Polytechnique de Bordeaux, « Cognitique : développement d'une filière d'ingénieur en sciences cognitives" »
  10. Frédéric Grolleau, « If you can dream it, you must do it - Parutions.com, 2001 »
  11. Hervé-Pierre Lambert, « Le thème religieux dans l’imaginaire posthumain français - A paper presented at the 2007 International Conference, Bordeaux, France »
  12. Sylvain Fontaine, « Totalement inhumaine - Mauvais genres, 2001 »
  13. Denis Guiot, « Le Successeur de pierre - Galaxies, automne 1999, numéro 14, p.167-168 »
  14. Olivier Noël, « Mille déserts vides et froids »
  15. Clémence Boulouque, « Truong, montreur d'horreur, Le Figaro, 25 février 2003, page 24 »
  16. Emmanuel Dion, « Dialogue avec l'auteur, 16 avril 2004. »
  17. a et b « Reprendre - Ni sang, ni dette »
  18. Jean-Michel Truong, « Reprendre - Ni sang ni dette. Annexe B : Valeurs des dots selon l'âge du titulaire »
  19. Jean-Michel Truong, « Reprendre - Ni sang ni dette. Annexe A : Estimation des aides publiques aux entreprises »
  20. Bernard Girard, « Jean-Michel Truong veut transformer les aides aux entreprises en dots pour les citoyens »
  21. Jean-Michel Truong, « Allocution prononcée à la remise du Prix de l'Impertinence 2013 à Jean-Michel Truong pour son essai "Reprendre - Ni sang ni dette" Au CNAM, le 15 mai 2013 »
  22. Jean-Michel Truong, « Dialogue avec les lecteurs de "Reprendre - Ni sang ni dette" »
  23. « L'Homme, entre chien et loup »

Liens externes[modifier | modifier le code]