Jean-Michel Chevotet

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Jean-Michel Chevotet (11 juillet 1698 à Paris4 décembre 1772 à Paris), est architecte du roi et de la première classe de l'Académie royale d'architecture[1], jardinier français de l'école de Le Nôtre[2], et spécialiste de l'hydraulique[3].

Sa famille[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Chevotet a été baptisé à Paris, le 11 juillet 1698.[réf. nécessaire] Ses antécédents familiaux ne le prédestinent pas à une carrière d'architecte. La famille est fort modeste. Son père, Jean Chevotet s'installe rue de Tournon à Paris, où il ouvre en 1694 une boutique de marchand de vin à l'enseigne de l'Hermitage.[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Chevotet, destiné au commerce, fait de rapides progrès dans l'art du dessin à l'école des célèbres Audran[1]. Cet architecte a sûrement été introduit dans le milieu du bâtiment par son grand-oncle Jean Chouannet, tailleur de pierre, ou par Louis Sublau, également tailleur de pierre. Il faut au mieux imaginer que ses talents de dessinateur l’incitent très vite à exécuter, dès 1718, des relevés d’architecture.[réf. nécessaire]

En 1722, Jean-Michel Chevotet remporte le Grand Prix de Rome de l'Académie royale d'architecture avec une étude d'arc de triomphe, alors qu'il est l'élève de Jean-Baptiste Alexandre Le Blond. Le prince de Guise et le prince Charles de Lorraine lui confient des travaux importants[1][Lesquels ?].

Dessinateur talentueux, il illustre plusieurs traités d'architecture dont Versailles immortalisé (1720-1725) de Jean-Baptiste de Monicart et L’Architecture française (1727) de Pierre-Jean Mariette.

En 1732, Jean-Michel devient, par décision du roi, membre de l’Académie royale d'architecture. Il avait levé tous les plans des maisons royales. Il fait construire, sur ses dessins, l'église et la maison les frères de Saint-Jean-de-Dieu, appelés aussi frères de la Charité, à Château-Thierry.

Son mariage, le 19 septembre 1741, avec Anne Catherine Rémond, lui permet de s'intégrer à la bonne société parisienne.[réf. nécessaire]

Architecte de l'Académie royale d'architecture[modifier | modifier le code]

C'est à partir de cette époque que l'on arrive à suivre avec une certaine précision le déroulement de sa carrière.[réf. nécessaire]

En 1748 et 1753, il soumet sans succès quatre projets pour la future place Louis XV. Il n'est pas davantage retenu en 1764 pour l'agrandissement du Palais Bourbon. En 1749 et en 1751, il est élu à la première classe de l'Académie royale d'architecture, mais ce choix n'étant pas ratifié par le roi, il doit attendre 1754 et la mort de Germain Boffrand pour accéder à cette distinction.

Une clientèle aristocratique fortunée[modifier | modifier le code]

Malgré un certain mépris de la part de l’entourage du roi[réf. nécessaire], Jean-Michel Chevotet, Prix de Rome, n'en établit pas moins sa réputation d'architecte auprès d'une clientèle aristocratique fortunée et adapte de nombreux hôtels parisiens existants au goût du jour. Ce promoteur et entrepreneur de travaux publics livre des châteaux « clefs en mains ».

La collaboration[Laquelle ?] ne s'établit pas seulement entre Pierre Contant d'Ivry, Chevotet et son gendre Jean-Baptiste Chaussard. En 1752, la sœur de Madame Chevotet, Louise Gabrielle Rémond, épouse le peintre du roi Jean Valade. Ce dernier présente aux Salons, à partir de 1755, les portraits des membres de sa belle-famille. Par la suite, il sera parfois associé à la trilogie d’architectes Chevotet, Contant, Chaussard. Par exemple, en 1767, il expose au Salon le portrait de feu maréchal de Belle-Isle, pour qui Contant a construit les écuries du château de Bizy, et Chaussard donne les plans du tombeau dans l'église de Vernon (Eure)[réf. nécessaire].

Le château d'Arnouville (1750)[modifier | modifier le code]

Le château d'Arnouville-lès-Gonesse.

En 1750, le château d'Arnouville à Arnouville-lès-Gonesse est construit pour le contrôleur général des finances de Louis XV, Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville. Celui-ci veut bâtir un château moderne dans un parc à la place du modeste pavillon qu'il a hérité de son père dans ce village, siège d'une seigneurie appartenant à sa famille depuis le XVIIe siècle. Sur des dessins de Pierre Contant d'Ivry, Jean-Michel Chevotet dirige les principaux chantiers et aménage le parc entre 1750 et 1757. Seules les écuries[4], l'orangerie, une partie du château et l'aménagement du parc sont achevés.

Le château de Petit-Bourg[modifier | modifier le code]

Château de Petit-Bourg (détruit en 1944), constituait une maison de campagne proche de Paris.

En 1756, Chevotet débute la construction du château de Petit-Bourg, à Évry, pour Marie Jacomel, la présidente Chauvelin, sur le domaine que le Luis XIV avait offert à Madame de Montespan. L'ancien château fut entièrement démoli en 1750 et remplacé par ce nouveau château dans le goût néo-classique. Il dessine également des jardins du château de Petit-Bourg.

Le château de Champlâtreux (1751 et 1757)[modifier | modifier le code]

Entre 1751 et 1757, Jean-Michel Chevotet construit une autre maison de campagne autour de Paris, le château de Champlâtreux, pour Mathieu-François Molé. Le château de Champlâtreux est un parfait exemple de l'architecture classique, majestueuse, sans excès et conçu pour recevoir.

Dans les années 1735-1740, Jean-Michel Chevotet avait déjà construit les deux pavillons de garde[5] et tracé des jardins à la française ainsi que la demi-lune devant l'entrée. Pour tenir ainsi les coûts, Chevotet crée une briqueterie en face du château, utilisé du gypse trouvé sur la propriété pour faire du plâtre, tiré le bois des forêts avoisinantes et la pierre des carrières de Luzarches et Saint-Maximin (Oise).

Considérablement enrichi, Jean Michel Chevotet ralentit son activité à partir de 1765, et ses principaux chantiers sont terminés par son gendre Jean-Baptiste Chaussard.

Autres réalisations[modifier | modifier le code]

Pavillon de Hanovre

[7]

  • le château de Pauges, pour le trésorier de l'extraordinaire des guerres ;
  • le château de Donjeux, près de Joinville en Champagne;
  • le château de Grandpré, en Champagne.

Il dessine également des jardins à Orsay (1758-1764) pour Pierre Gaspard Marie Grimod d'Orsay. À Gagny, Jean Michel Chevotet améliore le parc du pavillon Gaillard de la Bouexière.

Belœil, le parc du château des princes de Ligne, la forêt jardinisée, les canaux, la perspective à perte de vue sur la façade sud-ouest du château et la fontaine de Chevotet.

Entre (1754 et 1760), le prince Claude Lamoral II de Ligne dépense des millions pour donner à son château de Belœil et à ses jardins une grande magnificence. Il fait appel à Chevotet, grand connaisseur de la production architecturale du règne du Louis XIV.[réf. nécessaire] L'installation en 1761 du groupe sculpté de Neptune à l'extrémité de la grande pièce d'eau est l'achèvement de ce chef-d'œuvre de jardin à la française[réf. nécessaire]. À Belœil, Chevotet entoure le château d’une forêt jardinisée.

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1771, Chevotet tombe malade ; trois chirurgiens se succèdent à son chevet, dont l'un lui pose des vésicatoires et des bandages ; il assiste néanmoins à presque toutes les séances de l'Académie royale d'architecture, jusqu'en septembre 1772. Sa dernière maladie, une crise d'apoplexie, l'emporte en deux mois. Jean-Michel Chevotet meurt dans sa maison de la rue Béthisy, le 4 décembre 1772 et est inhumé le lendemain à Saint-Germain-l'Auxerrois. L’écrivain Sedaine lit son éloge à l'Académie.

Sa descendance[modifier | modifier le code]

Le 19 septembre 1741, il épouse Anne Catherine Rémond (1712-1786). Ils sont deux filles :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique, Par Louis Mayeul Chaudon, p. 387.
  2. Œuvres Choisies du Prince de Ligne nouvelle anthologie critique, par Charles-Joseph de Ligne, Basil Guy, p. 257.
  3. Dictionnaire historique et bibliographique, par L.G. Peignot, p. 606.
  4. aujourd'hui détruites
  5. Qu'on peut voir aujourd'hui sur la route de Luzarches
  6. Chevotet, Jean-Michel (1698-1772). Plan du pavillon de Hanovre sur le site Gallica
  7. Notice de la base Mérimée

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Baritou, Chevotet, Contant, Chaussard, Paris, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, La Manufacture, 1987, (ISBN 2-904638-98-9).
  • Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, éditions Mengès, Paris (France), (ISBN 2-8562-0370-1), 1995; p. 123-126.
  • Klinka-Ballesteros, Les pastels, Amis des musées d'Orléans, 2005
  • Trope Marie-Hélène, Jean Valade, Musée Sainte-Croix de Poitiers, 1993

Ces deux livres sont illustrés par de nombreux portraits de membres des familles Rémond, Valade, Chevotet, Chaussard et Simon.

Articles connexes[modifier | modifier le code]