Jean-Marie Villot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Villot.
Jean-Marie Villot
Image illustrative de l'article Jean-Marie Villot
Biographie
Naissance 11 octobre 1905
Saint-Amant-Tallende (France)
Ordination sacerdotale 19 avril 1930 par le
card. Alfred Baudrillart
Décès 9 mars 1979 (à 73 ans)
Rome (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
22 février 1965 par le
pape Paul VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts
Cardinal-évêque de Frascati
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 12 octobre 1954 par le
card. Maurice Feltin
Président du conseil pontifical « Cor unum »
15 juillet 1971 – 4 septembre 1978
Précédent Création du conseil Bernardin Gantin Suivant
Camerlingue
16 octobre 1970 – 9 mars 1979
Précédent Benedetto Aloisi Masella Paolo Bertoli Suivant
Secrétaire d'État
2 mai 1969 – 9 mars 1979
Précédent Amleto Cicognani Agostino Casaroli Suivant
Préfet de la congrégation du concile
7 avril 1967 – 2 mai 1969
Précédent Pietro Ciriaci John Joseph Wright Suivant
Archevêque de Lyon (France)
17 janvier 1965 – 7 avril 1967
Précédent Pierre Gerlier Alexandre Renard Suivant
Archevêque titulaire de Bosporus
Archevêque coadjuteur de Lyon (France)
17 décembre 1959 – 17 janvier 1965
Évêque titulaire de Vinda
Évêque auxiliaire de Paris (France)
2 septembre 1954 – 17 décembre 1959

Blason
« Auxilium a Domino »
« Le secours vient du Seigneur »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Marie Villot, fils de Joseph Villot et de Marie Laville, né le 11 octobre 1905 à Saint-Amant-Tallende en France et mort le 9 mars 1979 à Rome en Italie, était un homme d'Église français, cardinal secrétaire d'État de 1969 à 1979, ayant ainsi servi sous les papes Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Organisateur et diplomate[modifier | modifier le code]

Ce fils unique perd sa mère à l'âge de 8 ans. Son père, Joseph fut maire de Saulzet-le-Froid (Puy-de-Dôme) de 1906 à 1920.

Très tôt, cet enfant réservé pense au sacerdoce. Une partie de ses études secondaires se déroulent à Lyon (1923-1925). Puis il entrera au séminaire des Carmes à Paris. Après son ordination sacerdotale le 19 avril 1930, il continue ses études à Rome au collège de St Thomas, la future Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin, Angelicum[1], et soutient un doctorat de théologie à Paris en 1934.

Mgr Pierre-Marie Gerlier, alors évêque de Tarbes et Lourdes, l'implique dans la préparation du Triduum de la Rédemption célébré dans la célèbre cité mariale en 1935. Celui qui est devenu le cardinal Pierre Gerlier ne l'oublie pas et lui confie la charge de professeur de morale à la Faculté de Théologie de Lyon et de directeur de la maison universitaire des prêtres.

Sa nomination au secrétariat général de l'épiscopat français nécessite des voyages à Rome, alors que les évêques ne s'y rendent que pour les visites ad limina. Il est alors en position d'intermédiaire et de conseiller dans les négociations préparatoires de normalisation des relations entre l'État français et le Saint-Siège.

Service épiscopal[modifier | modifier le code]

Rapidement proposé comme évêque, il devint auxiliaire de Paris en 1954, en assumant toujours le secrétariat général de l'épiscopat.

Le cardinal Gerlier le demande comme coadjuteur à Lyon. C'est à ce poste qu'il participe activement au concile où il est secrétaire général adjoint. Sa connaissance des milieux romains fait merveille.

Il succède à « son » cardinal en janvier 1965 et est lui-même créé cardinal lors du consistoire du 22 février 1965 avec le titre de cardinal-prêtre de SS. Trinità al Monte Pincio. En deux ans seulement de présence effective il lance son diocèse dans les réformes proposées par le concile et élabore la création du diocèse de Saint-Étienne (effective en 1970).

Mais Paul VI a été séduit par ce Français diplomate et organisateur. Dès 1967, il lui confie des responsabilités romaines (direction de la Congrégation du Concile, qui deviendra la Congrégation du Clergé en août 1967) auxquelles il se donne sans compter. Il voyage beaucoup pour connaître la vie concrète de ce clergé dont il a la charge, se souciant de sa formation et de sa relation aux populations, aux dépens de sa propre santé.

Cet homme de confiance permet à Paul VI, en le nommant Secrétaire d'État en 1969, de confirmer la volonté d'internationalisation de la Curie romaine. Les difficultés ne manquent pas, et le cardinal Villot aura à intervenir en particulier sur des dossiers épineux comme le catéchisme hollandais, les tensions entre le Primat de Pologne Stefan Wyszynski et la secrétairerie d'état pour la nomination des évêques, les difficultés nés d'une certaine théologie de la libération, la Compagnie de Jésus, Mgr Lefebvre... Au premier plan de la politique internationale du Vatican, il ouvre des relations diplomatiques avec 25 pays et cherche à nouer des relations avec les états marxistes.

Le 12 décembre 1974, il est élevé au rang de cardinal-évêque de Frascati.

C'est lui qui se retrouve de fait responsable de l'Église à la mort de Paul VI. Il préside donc l'ouverture du conclave. Une profonde amitié s'épanouit avec le nouveau pape Jean-Paul Ier : «J'ai vécu auprès du pape Jean-Paul une expérience ecclésiale unique, d'affection et de confiance», mais cela ne dure que 33 jours !

La mort brutale du pape dans la nuit du 28 au 29 septembre 1978 et la préparation difficile du nouveau conclave sont une lourde épreuve. Jean-Paul II lui demande de rester quelques mois, le temps de lui trouver un successeur.

Ce genre de chose ne s'improvise pas, mais la santé fragile du cardinal usé et le rythme du jeune pape débouchent sur une aggravation brutale d'une double pneumonie. Il meurt le 9 mars 1979.

Sa devise était « Auxilium a Domino » (Le secours vient du Seigneur).

Rôle présumé dans la mort de Jean-Paul Ier[modifier | modifier le code]

Certains auteurs, parmi lesquels le journaliste britannique David Yallop dans son livre Au nom de Dieu, émirent l'hypothèse que le Cardinal Villot aurait joué un rôle avec Monseigneur Marcinkus, le Cardinal Cody, Licio Gelli (Loge P2), Roberto Calvi (Banco Ambrosiano) et Michele Sindona dans la mort du pape Jean-Paul Ier, qui eut un pontificat de seulement 33 jours et avec qui il y avait une forte hostilité sur la manière de conduire les finances vaticanes. On a également affirmé que Sœur Vincenza aurait prété serment, auprès de lui, de garder le secret sur les détails entourant la découverte du corps. Devenu Pape, Albino Luciani avait l'intention de revenir avec l'Église aux idéaux originels d'humilité et simplicité, en transformant profondément la politique financière du Vatican. Selon cette thèse, la mort du pape dans la nuit du 28 au 29 septembre 1978 aurait été causée par un empoisonnement. Cette théorie est corroborée par les déclarations du repenti Vincenzo Calcara[2] au juge Paolo Borsellino. Calcara parle d'un entretien avec l'entrepreneur mafieux Michele Lucchese advenu quelques jours après la tentative d'assassinat de Jean-Paul II. Lucchese révèle à Calcara que Jean-Paul II était en train de suivre la même politique que Jean-Paul Ier qui voulait « rompre les équilibres à l'intérieur du Vatican » en redistribuant les biens de la banque vaticane, en changeant les dirigeants du IOR et du secrétariat d'État (Marcinkus et Villot). La thèse de David Yallop a été fortement réfutée par l'historien John Cornwell qui, au terme de son enquête (Comme un voleur dans la nuit) conclut que Jean-Paul Ier est mort écrasé par l'ampleur d'une tâche à laquelle il n'était pas préparé et pour laquelle la Curie n'a pas songé à l'assister comme elle aurait dû.

Distinctions et postes occupés[modifier | modifier le code]

Publication de Jean-Marie Villot[modifier | modifier le code]

  • en collab. avec le cardinal Feltin, le Dr. Biot, E. Borne, Qu'est-ce que la vie?, éd. Horay, Paris, 1958, 256 p. Tiré de la Semaine des intellectuels catholiques du 6 au 12 novembre 1957.
  • Couples et familles dans la société aujourd'hui. (lettre du cardinal Jean Villot à Monsieur Alain Barrère), Chronique Sociale de France, coll. « Semaines sociales de France » n°59, Lyon, 1973, 310 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Berthod B. : art. «VILLOT (Jean)» dans l'encyclopédie Catholicisme, fasc.73, Letouzey et Ané, Paris, 1999.
  • Berthod B. : «Le cardinal Villot», dans le Bulletin Municipal officiel de Lyon n°5046, 8 janv. 1995.
  • Antoine Wenger Le cardinal Villot, 1905-1979: secrétaire d'État de trois papes, Desclée de Brouwer, Paris 1989, 301 p. (ISBN 2-220-03063-6)

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Criminalité au Vatican

Liens externes[modifier | modifier le code]