Jean-Louis Mucchielli

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Jean-Louis Mucchielli

Naissance 17 novembre 1950
Luynes (France)
Nationalité Drapeau : France française
Pays de résidence France
Diplôme
Agrégation des facultés de droit et de sciences économiques (1985)
Doctorat d'État en économie (1984)
Profession
Professeur d'université, économiste, Recteur d'académie (2010-2012), Directeur général pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle (2012).
Activité principale
Enseignement

Jean-Louis Mucchielli, né en 1950 à Luynes est professeur des universités, recteur d'académie, directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Études[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Nantes, il passe son bac à Montpellier. Il est titulaire d'une maîtrise et d'un DEA de sciences économiques et diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. En 1981, il soutient une thèse de troisième cycle à Paris 1 Panthéon-Sorbonne[1] puis une thèse d'État en 1984 dans la même université, sous le titre Firmes multinationales, mutations et nouvelles perspectives (éd. 1985), dirigée par le professeur Bernard Lassudrie-Duchêne.

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière universitaire comme chargé de travaux dirigés à Paris-I et Paris-XII) (1977-1979), puis comme assistant à Paris-XII (1979). En 1981, il devient maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille III, puis en 1985, après avoir réussi l'agrégation en sciences économiques, il est nommé professeur successivement à l'université de Toulon, puis en 1989 à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il occupe diverses charges professionnelles, notamment au CNU (section sciences économiques, 1995-2001), de conseiller scientifique auprès de l'Agence française pour les investissements internationaux(AFII) (liste complète sur son CV en ligne). À Paris-I, il est notamment responsable du programme «La Contamine» créant un consortium d'universités françaises et de l'université del Salvador (Buenos Aires)[2]. En 2004, il est nommé conseiller culturel à l'ambassade de France au Japon à Tokyo où pendant deux ans il assura la supervision des affaires culturelles de l'ambassade. De retour en France, après un an également passé à l'Université Waseda comme chercheur visiteur (2006-2007), il est nommé président du jury d'agrégation de sciences économiques et sociales[3] puis est délégué scientifique adjoint à l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur(AERES)[4] en 2008.

Le 16 février 2010, Jean-Louis Mucchielli est nommé recteur de l'académie d'Amiens, par le ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel et la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse. et en 2012, il est nommé pour quelques mois directeur général de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Durant son mandat, Jean-Louis Mucchielli a représenté le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche à la conférence de Bucarest. En 2013, il intègre le laboratoire de recherche CEREGMIA (université des Antilles et de la Guyane.

Il a été professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, notamment à l'université de Genève, et l'université de Washington, et fut également professeur affilié à l'ESCP-Europe (1998-2004 ; 2007-2009).

Durant son activité enseignante à Paris 1 Panthéon-Sorbonne depuis 1989, Jean-Louis Mucchielli a dirigé et fait soutenir trente-deux thèses de doctorat en économie.

Il est également maire-adjoint d'Épinay-sur-Orge, chargé du développement économique (1995-2001).

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Mucchielli est l'auteur ou le directeur de publication de vingt ouvrages en français, anglais et japonais[5] et il a publié plus de 70 articles dans des revues internationales à comité de lecture. Il a par ailleurs participé à de nombreuses émissions de radio (France culture[6]...) et enregistré deux vidéos pour le site « Archives audiovisuelles de la recherche » pour la Fondation maison des sciences de l'Homme, [17]

Ses travaux scientifiques portent sur les principaux thèmes suivants :

La spécialisation internationale intra-industrielle[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux de Jean-Louis Mucchielli, à partir de 1977, se portent sur les échanges intra-industriels qui faisaient à l'époque l'objet de très peu d'investigation en Europe, malgré les travaux pionniers de Grubel et Llyod en 1975 (Grubel, Herbert G. et Peter J. Lloyd. Intra Industry trade: The Theory and Measurement of internationally trade in Differentiated Products. Wiley, New York 1975). Ses premiers travaux en français furent publiés dans de nombreuses revues en particulier Économies et Société (1979), et la revue économique (Commerce intra-branche et intra-produit dans la spécialisation internationale de la France : 1960-85 avec Fabrice Mazerolle in Revue économique, V.39, no 6 (nov. 1988). En 1979, un article majeur est publié avec B. Lassudrie-Duchêne dans la revue économique[7]; cet article jette les base de l'école française de la DIPP Division internationale du travail, la division internationale des processus productifs, et montre comment un pays «intermédiaire» comme la France peut avoir des avantages de différentes nature selon que son partenaire est plus ou moins en avance par rapport à lui. Ces éléments de DIPP, indiquant que les processus productifs peuvent être fragmentés sur plusieurs territoires nationaux, met à la fois en évidence l'importance des multinationales dans la spécialisation internationale des pays mais en même temps est explicatif de la montée des échanges intra-industriels internationaux portant sur les segments de produits. Plus tard, les spécialistes américains reprendront cette analyse sous la forme de la «théorie de la fragmentation» (Ronald Jones).

Les déterminants de la multinationalisation des entreprises[modifier | modifier le code]

Dès 1981, puis dans sa thèse d'État en 1984, Jean-Louis Mucchielli cherche à rapprocher les théories de l'échange international avec celles de la multinationalisation des firmes multinationales. Reprenant les enseignements de l'école de Reading, créée par le professeur John Harry Dunning, Jean-Louis Mucchielli dépasse le paradigme éclectique de celui-ci en développant une approche synthétique de la multinationalisation des firmes[8]. Les déterminants essentiels de la multinationalisation apparaissent alors comme étant le fruit d'une combinaison optimale des avantages comparatifs des pays d'accueil et des avantages compétitifs des firmes multinationales. Par la suite ce diptyque sera complété en introduisant un avantage stratégique lié au comportement stratégique des firmes dans un environnement de concurrence oligopolistique. Il contribue ainsi à créer en France avec quelques autres collègues le courant de l'économie industrielle internationale[9].

L'impact des délocalisations[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Mucchielli collabore avec le professeur Robert Lipsey et édite un livre avec lui[10]. Ce livre est le fruit également des travaux du professeur J.L. Mucchielli et de son équipe de recherche publiés notamment dans la revue économique de 1998 et 2000[11]. Deux des apports importants de ces travaux scientifiques sont liés :

  1. à la méthodologie : pour la première fois des bases de données individuelles d'entreprises ont pu être utilisées afin de comparer les comportements d'exportations et ceux d'investissements à l'étranger.
  2. En mettant en corrélation ces deux comportements, il apparaissait clairement que les entreprises les plus exportatrices étaient également celles qui investissaient le plus à l'étranger.

Les phénomènes de complémentarité exportations/ investissements directs à l'étranger étaient de ce fait largement plus forts que ceux de substituabilité. Bien que les délocalisations font encore couler beaucoup d'encre, il serait intéressant de poursuivre ce type de recherche. Ces travaux introduisaient déjà les idées d'hétérogénéité des firmes qui se sont largement développé dans les années 2000.

L'agglomération des localisations des entreprises multinationales[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Mucchielli développe alors les analyses en termes de stratégies spatiales de firmes multinationales. Il publie dans la revue Mondes en développement, son travail portant sur le « cycle spatio-fonctionnel » dans les choix de localisation territoriale de la firme multinationale, puis en 2005, dans la revue économique [12].

En parallèle avec l'école de la nouvelle économie géographique remis à jour par Paul Krugman et aux développements récents de l'économétrie qualitative, (Daniel McFadden), les travaux de Jean-Louis Mucchielli se développèrent sur l'aspect de la géographie de la localisation des firmes multinationales. Cet axe de recherche a donné lieu à de nombreuses publications de son laboratoire de recherche en particulier les articles avec T. Mayer[13] et F. Puech[14] ainsi que la tenue d'un colloque international à la Sorbonne en 2004 publié aux Éditions Edward Elgar aux États-Unis[15]. Ces articles permirent aussi à des auteurs américains notamment R. Mataloni du Bureau of Economics Analysis du département du Commerce des États-Unis de développer pour les États-Unis des travaux similaires[16]. L'idée fondamentale de ces travaux réside dans le fait que les choix de localisation des multinationales sont hiérarchisés. Les choix de la zone géographique, du pays, de la région puis de la localité d'accueil entrainent des hiérarchisations dans les arbitrages et les choix définitifs des firmes. Ce cadre d'analyse s'applique alors tout naturellement à l'analyse des clusters et des pôles de compétitivité[17].

La géostratégie de la firme multinationale[modifier | modifier le code]

Tous ces thèmes développés lors des recherches de Jean-Louis Mucchielli et de son groupe de recherche, permettent de mettre en lumière une véritable école française de géostratégie de l'entreprise multinationale. Vont se combiner alors les avantages à la localisation (J. Dunning), les avantages spécifiques de firmes (Avantages compétitifs, Porter, Caves, Hymer), et les avantages stratégiques (Mucchielli, alliances et avantages stratégiques et nouvelle économie géographique : agglomération).

La compétitivité par la qualité[modifier | modifier le code]

Tout au long de ces analyses sur les spécialisations internationales et les stratégies des entreprises multinationales, J.L. Mucchielli s'est intéressé à la compétitivité des pays retracé au travers de leurs avantages comparatifs (voir Encyclopedia universalis[18],). Croisant ses expertises en économie internationale et en éducation il a écrit avec Emmanuel Combe une note sur la compétitivité par la qualité et la qualification.

Livres récents[modifier | modifier le code]

  • 2010 : J.-L. Mucchielli & T. Mayer, Économie internationale (seconde édition), Hypercours, Dalloz
  • 2008 : La Mondialisation, chocs et mesure, éditions Hachette supérieur[19].
  • 2004 : J.-L. Mucchielli & T. Mayer éditeurs, Multinational Firms Strategies and the New Economic Geography, Edwards Elgar, Londres.
  • 2002 : J. Dunning et J.-L. Mucchielli éditeurs : Multinational firms, global-local dilemna, Routledge, N.Y., Londres. 221 p.
  • 2002 : R. Lipsey et J.-L. Mucchielli, éditeurs: Multinationals firms and impacts on employment, trade and technology, Routledge, N.Y., Londres, 272 p.
  • 2001 : J.-L. Mucchielli, D. Nivat et V. Thollon-Pommerol, Les Investissements directs étrangers en France, 142 p. Rapport du CNIS, Conseil national de l’information statistique, disponible sur le site Web du CNIS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Thèse publiée en partie La mondialisation - Chocs et mesure, Éditions Économica.
  2. (es) [1] Université du Salvador
  3. [2]
  4. [3] Les délégués scientifiques de l’AERES
  5. (fr) [4] Livres de J.-L. Mucchielli
  6. (fr) [5] Les frontières
  7. (fr) [6] Les échanges intra-branche et la hiérarchisation des avantages comparés dans le commerce international
  8. (fr) [7] Déterminants de la délocalisation et firmes multinationales. Analyse synthétique et application aux firmes japonaises en Europe
  9. (fr) [8] L'économie industrielle internationale : une discipline en construction
  10. Multinational firms and impacts on employment trade and technology
  11. (fr) [9] Investissements directs à l'étranger des multinationales françaises et relations commerciales avec leurs filiales. Une analyse sur données individuelles d'entreprises
  12. Fabrice Defever, J.-L. Mucchielli, Décomposition internationale de la chaîne de valeur, Article en ligne
  13. (fr) [10] La localisation à l'étranger des entreprises multinationales. Une approche d'économie géographique hiérarchisée appliquée aux entreprises japonaises en Europe
  14. (fr) [11] Internationalisation et localisation des firmes multinationales : l’exemple des entreprises françaises en Europe
  15. (en) [12]
  16. (en) [13] Do U.S. Multinationals Engage In Sequential Choice? Evidence from New Manufacturing Operations in Europe
  17. (fr) [14] Nouvelle économie géographique et théorie des clusters d’entreprises
  18. (fr)[15]
  19. (fr) [16] La mondialisation - Chocs et mesure

Liens externes[modifier | modifier le code]

(trop de liens)

  • Concept de géostratégie d'entreprise, Paul Simion, [18]
  • La Documentation française, Les Cahiers français, [19]
  • Archives audiovisuelles, Fondation Maison des Sciences de l'Homme [20]
  • Numéro spécial, La Revue pour l'histoire du CNRS, automne 2009, [21]
  • Listes de quelques articles scientifiques de J.-L. Mucchielli, [22]
  • Site "scientific commons", pour quelques articles de recherche de J.-L. Mucchielli [23]
  • Encyclopædia Universalis, article J.-L. Mucchielli, sur la « firme multinationale », [24]